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11 mars 2020 - 11 mars 2021 : un an de pandémie de COVID-19 en Turquie

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 11/03/2021 à 03:50 | Mis à jour le 11/03/2021 à 03:50
11 mars 2020 11 mars 2021 Covid-19 en Turquie

Salgın (épidémie), vaka (cas), tedbir (prévention), maske (masque), mesafe (distanciation), düşuş (baisse), artış (hausse), kritik iller (provinces critiques), vefat sayısı (nombre de décès)... Ces mots rythment notre vie quotidienne depuis un an. Le 11 mars 2020, alors que l’OMS qualifie la crise sanitaire de "pandémie mondiale", la Turquie annonce son premier cas de COVID-19. Lepetitjournal.com Istanbul vous propose une rétrospective (non exhaustive) de l’année écoulée.

Les prémices de la crise sanitaire en Turquie

Alors que la Chine annonce le 31 décembre 2019 avoir découvert une nouvelle forme de "pneumonie virale" sur le marché aux poissons de Wuhan, le ministère de la Santé turc organise dès le 10 janvier 2020, sa première réunion avec son "Conseil scientifique Coronavirus". Le 24 janvier, des caméras thermiques sont placées dans les aéroports turcs. Le 3 février, la Turquie suspend toutes ses liaisons aériennes avec la Chine.

À compter de la mi-février, les Turcs retiennent leur souffle face à la crainte de "l’annonce" du premier cas… Le 29 février, la Turquie annonce la fermeture de ses liaisons aériennes avec des pays "critiques" où les cas commencent à se multiplier : l’Iran, l’Italie, l’Irak et la Corée du Sud.

À partir du 8 mars, certaines provinces turques (dont Istanbul) entament des opérations de "nettoyage" des lieux publics.

La "première vague" de COVID-19 en Turquie et la mise en place de restrictions

Dans la nuit du 10 au 11 mars, Fahrettin Koca, le ministre de la Santé, finit par annoncer ce que tout le monde attendait déjà depuis plusieurs semaines... Un citoyen turc revenant d’Europe a été testé positif au coronavirus. Après l’annonce, c’est la panique. Panique dans les supermarchés (on se rappelle les ruptures de stock de rouleaux de papier toilette et denrées non périssables), et dans les boutiques d’eau de Cologne (on se souvient aussi de ceux qui assuraient qu’ils ne pourraient pas être contaminés grâce à leur usage d’eau de Cologne). 

Dès le 12 mars, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, annonce le report de ses visites à l’étranger, et l’interdiction de spectateurs dans les stades jusqu’à la fin du mois d’avril (interdiction toujours en cours). Ce même jour est aussi annoncée la fermeture des écoles, pour une durée d’une semaine initialement. (Cette mesure fera régulièrement l’objet d’un report.)

Le vendredi 13 mars, les autorités turques annoncent la suspension des liaisons aériennes de la Turquie avec 9 pays, dont la France et la Belgique.

Le premier décès dû à la COVID-19 en Turquie sera annoncé le 15 mars. 

Les 15 et 16 mars, la Turquie ferme les bars et discothèques, théâtres, cinémas, centres de spectacles etc.

Quant aux mesures d’aide économiques annoncées par le président turc à la mi-mars, elles s’avéreront bien trop légères.

À compter du 27 mars, tous les vols internationaux de la compagnie Turkish Airlines sont suspendus (et ce jusqu'au 11 juin). Le 3 avril, la compagnie aérienne suspend alors tous les vols intérieurs (ces derniers le seront jusqu’au 1er juin).

À partir du week-end du 11-12 avril, des couvre-feux sont mis en place le week-end, la plupart dans certaines grandes villes du pays, mais aussi à l’échelle nationale (pendant le Bayram de la fin mai). Les couvre-feux s’étendront jusqu’au début du mois de juin.

Fin mars et début avril, les restrictions pour les personnes de - 18 ans (puis - 20 ans) et les + 65 ans entrent en vigueur : ils sont interdits de sortie ; début juin, des aménagements entreront en vigueur (avec la mise en place d’horaires de sorties autorisées). Début avril, 31 grandes villes du pays sont isolées, les voyages interurbains, limités.

À la mi-mai, l’arrivée du code HES permettra les déplacements interurbains (et par la suite, ce code s’avérera nécessaire pour entrer dans un centre commercial, une administration, un hôtel etc., et sera même obligatoire pour utiliser les transports).

En ce qui concerne le port du masque, celui-ci se fait par étapes. Le 4 avril, il est obligatoire pour les personnes se trouvant dans les lieux publics tels que les supermarchés ou transports (en intérieur) ; il devient obligatoire dans 43 provinces à la mi-juin (notamment à Ankara, Bursa et Istanbul). Le masque est finalement obligatoire à l’échelle nationale partout (à l’exception du domicile) à partir de début septembre.

Vers une "détente", et un été 2020 plutôt "calme"…

Si un plan de "normalisation" est annoncé dès le 4 mai, c’est surtout à partir du 1er juin que les restrictions sont assouplies. Les restaurants et les cafés vont pouvoir rouvrir. Le but étant pour la Turquie de booster l’économie et redynamiser le tourisme pour l’été qui approche.

Même si des augmentations de cas sont annoncées en juin et en août, l’été 2020 est plutôt calme. La Turquie se concentre sur son économie. Les restaurants et les bars doivent fermer à 00h00.

Beaucoup sont ceux qui critiquent les plages noires de monde durant l’été.

Les déplacements internationaux… laborieux

Après la suspension des lignes aériennes pendant presque 3 mois (entre mi mars et mi juin), les vols internationaux ont pu reprendre le 10 juin. Néanmoins, les frontières de l’espace Schengen sont fermées pour les Turcs (et le demeurent à ce jour). À partir du 1er août, la France impose la nécessité d’un test PCR pour l’entrée sur son territoire, et la nécessité d’un test PCR négatif (moins de 72h) à partir du 11 novembre. Ce sera au tour de la Turquie d’imposer la même règle à la fin du mois de décembre, et ce, pour toutes les personnes qui entrent sur son territoire.

Depuis le 31 janvier, il n’est possible de se déplacer vers la France que pour "motifs impérieux" ; et ceux qui souhaitent braver cette mesure en vigueur en France, empruntent alors les aéroports suisses, luxembourgeois ou belges.

La polémique des "cas" et "malades" à l’automne

Début octobre, une polémique naît relativement aux termes utilisés dans le bilan quotidien du ministère de la Santé : seuls les "malades", c’est-à-dire les "symptomatiques", sont annoncés. Suite à cette polémique, Fahrettin Koca indique que la Turquie annoncera désormais tous les cas (symptomatiques comme asymptomatiques), et pas seulement les "malades".

Alors que les hôpitaux sont au bord de la saturation à Istanbul, courant novembre, le ministre de la Santé annonce pour la première fois le 25 novembre, le nombre de personnes testées positives en une journée, et le bilan passe d’environ 6000 (la veille) à plus de 28 000 cas ; onde de choc dans le pays !

La "deuxième vague" de COVID-19 en Turquie et le retour des restrictions

Cette "vague" a commencé en octobre, avec une augmentation fulgurante des cas.

Mi-novembre, les restrictions tant attendues sont annoncées (mise en place d’un couvre-feu partiel le week-end, possibilité de livraison à domicile seulement pour les restaurants etc.)

Les écoles, qui avaient partiellement rouvert en septembre, remettent en place l’éducation à distance. Ces mesures sont complétées par des restrictions plus drastiques le 30 novembre, avec la mise en place d’un couvre-feu à l’échelle nationale en semaine (à partir de 21h00), et les week-ends.

Pour le Nouvel An, le pays est confiné pendant plus de 3 jours à l’échelle nationale.

De manière générale, les restrictions ne concernent pas les touristes, qui sont libres de se déplacer durant les couvre-feux ; de plus, la plupart des musées et sites touristiques sont ouverts le week-end.

Vers une "normalisation contrôlée"... avant une "troisième vague" ? 

À partir du 15 février, en plus des cas quotidiens, la Turquie annonce les cas de COVID-19 chaque lundi pour les 7 jours qui précèdent, sur une base provinciale, et avec une classification en quatre groupes des provinces du pays, en fonction de leur taux d'incidence (risque : faible, moyen, élevé, très élevé).

Alors qu’une "normalisation contrôlée" a été annoncée par le président Erdogan le 1er mars 2021 (réouverture limitée des cafés et restaurants notamment), la province d’Istanbul semble être de nouveau tombée dans le "risque très élevé" (rouge) ce samedi 6 mars. Cela sous-entend donc que les restaurants pourraient fermer de nouveau dans les prochains jours si la courbe ne s’inverse pas. 

En tout état de cause, la Turquie compte surtout sur son programme de vaccination, lancé le 14 janvier 2021. Le 10 mars au soir, ce sont plus de 10 millions de doses du vaccin chinois Sinovac qui ont été administrées.

À ce jour, la Turquie compte officiellement 2 821 943 cas de COVID-19 et 29 227 décès.

 

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Albane Akyuz

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