Grand Vintage : l’entreprenariat et l'économie circulaire d’un Français en Italie

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 26/07/2022 à 17:45 | Mis à jour le 27/07/2022 à 05:39
Photo : Olivier Cater, entrepreneur français en Italie
Olivier Cater Grand Vintage

Milanais d’adoption depuis près de 35 ans, Olivier Cater a développé son profil d’entrepreneur dans la Péninsule en créant plusieurs sociétés. La dernière de ce spécialiste d’Internet : Grand Vintage, un modèle existant ailleurs mais innovant en Italie.

 

Grand Vintage est né d’un hobby personnel, celui de la restauration de meubles anciens, et toujours en transposant un modèle qui existait à l’étranger, mais pas en Italie.

 

Comment a débuté votre expatriation en Italie il y a une trentaine d’années, jusqu’à vous y ancrer professionnellement comme entrepreneur dans l’e-commerce ?
Je suis arrivé en Italie initialement temporairement, dans le cadre d’un stage chez Olivetti - à l’époque l’une des plus belles entreprises italiennes avec Fiat -, dans le cadre de mes études dans une école de commerce à Paris. Après un bref retour à Paris, je me suis reproposé chez Olivetti en Italie, j’ai ainsi déménagé au siège emblématique de la société à Ivrea (Piémont).
J’ai ensuite poursuivi une carrière essentiellement en Italie, toujours dans la High Tech et la téléphonie cellulaire en étant notamment directeur général de Sony Ericsson. Dans le même domaine, j’ai aussi dirigé le groupe A novo en Italie (spécialisé dans la réparation d'appareils électroniques), mais qui a fini par disparaître car trop exposé en bourse.
J’ai profité de cette conjoncture pour suivre mon envie de me mettre à mon compte, et surfer sur l’émergence d’Internet de l’époque. Mon idée était de développer en Italie, une opportunité existante à l’étranger. C’est ainsi que j’ai créé Top Partners, une société de génération de leads, selon un modèle que j’avais découvert en France et aux Etats-Unis, et que je viens de vendre à un groupe coté en bourse.
Et il y a deux ans, j’ai créé la plateforme Grand Vintage. La société est née d’un hobby personnel, celui de la restauration de meubles anciens, et toujours en transposant un modèle qui existait à l’étranger, mais pas en Italie.

 

Les vendeurs sont essentiellement des antiquaires, des négociants d’articles art déco et vintage

 

Grand Vintage répond à une logique d’économie circulaire. Comment fonctionne l’activité exactement ?
Il s’agit d’une marketplace (place de marché) qui aujourd’hui permet à 500 négociants d’acheter et de vendre des œuvres d’art, des meubles antiques, des articles de décoration vintage.
Les vendeurs sont essentiellement des antiquaires, des négociants d’articles art déco et vintage. Ces professionnels exposent aujourd’hui un total de 10.000 articles sur notre site qui est accessible au public.
Le site est trilingue, italien, anglais et français. Nous réalisons ainsi 70% des ventes en Italie et 30% à l’étranger sans pour autant que nous fassions de communication hors frontière.

 

Quelle est la différence avec une marketplace classique ?
Une marketplace est un endroit où se rencontrent les vendeurs et acheteurs, mais nous allons au-delà, en gérant les paiements et l’assurance. Là est notre valeur ajoutée car il s’agit d’un modèle protecteur tant pour le vendeur que pour l’acheteur.
Lors de la transaction, l’acheteur paye Grand Vintage. Nous nous mettons alors en relation avec le vendeur pour la livraison, nous ferons faire par exemple une caisse protectrice en bois si l’article le nécessite. A partir du jour de la livraison, nous devons respecter le délai de 14 jours du droit européen de rétractation, au terme duquel nous payons le vendeur. Grand Vintage se rémunère à hauteur de 20 à 25% selon le profil du vendeur (privé ou professionnel).

 

Le chiffre d’affaires triple tous les ans

 

Ce type d’activité existait déjà dans d’autres pays, avec succès, mais comment se développe-t-elle dans un pays tel que l’Italie ?
Le modèle de Grand Vintage est né aux Etats-Unis, il a été copié en Allemagne, plusieurs fois en France et nous sommes les premiers en Italie.
Depuis deux ans, outre la croissance exponentielle du nombre de négociants et d’articles exposés sur le site, le chiffre d’affaires triple tous les ans.  Nous sommes sur un segment de marché particulier. En effet, on sait que le panier moyen en Italie est de 42 euros lors d’achats sur Internet, alors qu’il est de 1.100 euros chez Grand Vintage. Et nous sommes confiants pour améliorer notre croissance car notre concurrent américain a déclaré dans plusieurs interviews, vendre tous les mois quatre à cinq articles de plus de 50.000 euros. Cela montre bien qu’Internet n’est pas un frein à la vente d’articles chers.
Le marché italien est très réceptif. Il faut toutefois savoir considérer qu’il existe encore en Italie un décalage de développement et d’utilisation d’Internet d’environ 3 ans par rapport à la France, et davantage encore par rapport à des pays comme l’Angleterre et les Etats-Unis.

 

Quelles sont vos perspectives de développement ?
Nous sommes arrivés à un stade où nos ressources ne nous suffisent plus pour nous développer à l’étranger, développer le site ou encore l’application mobile. Aussi, je cherche un nouvel associé et des investisseurs, nécessaires à notre croissance.

 

Environ 75% des transactions portent sur des objets et des meubles du 20ème siècle

 

Antiquités, objets art déco ou meubles vintage… Quelles sont les tendances en vogue actuellement ?
L’antiquité aujourd’hui a nettement moins de succès qu’il y a 15 ans. Les articles des années 50-60 et notamment les meubles scandinaves, l’art déco des années 30, le bambou et le rotin, continuent au contraire à avoir le vent en poupe. Sur Grand Vintage, environ 75% des transactions portent sur des objets et des meubles du 20ème siècle, alors 25% se réfèrent à des pièces des 18 et 19èmes siècles.

 

MAR

Marie-Astrid Roy

Rédactrice en chef et Directrice des éditions Lepetitjournal.com Milan et Rome
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