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Marie-Antoinette à Garbatella: Francesca Bruni et Pont d’Art vous invite à Versailles

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 16/11/2021 à 09:07 | Mis à jour le 16/11/2021 à 17:49
Photo : « Maria Antonietta, ultima regina di Francia » du 11 au 28 novembre au Teatro Garbatella de Rome
Marie-Antoinette, Reine de France, reine maudite au destin tragique

Marie-Antoinette, Reine de France, reine maudite au destin tragique : plusieurs siècles après sa disparition, elle fascine encore bien au-delà des frontières françaises. Pour Francesca Bruni, cela tient dans l’extrême modernité d’un personnage historique aux élans romanesques. Fascinée par cette « icône de la mode incontestée » et connue pour « son aversion pour la rhétorique de Cour », l’actrice et metteuse en scène italienne nous révèle le captivant portrait d’une femme pleine d’humanité, et dont les faiblesses et lacunes ont fait d’elle un personnage mythique ayant conquis les cœurs et les imaginaires du monde entier.

 

LPJRome : Pourquoi avoir choisi Marie-Antoine comme sujet de votre pièce ?

FB : Je pense pouvoir dire que je me suis tout de suite reconnue dans le personnage de cette reine très disputée. En me plongeant dans sa biographie, j'ai trouvé plusieurs traits de caractère qui m’étaient très familiers, et ce sont sans doute ces similitudes qui m'ont fait me sentir proche d'elle. Plus le temps passait tandis que j’approfondissais mes connaissances sur le sujet, et plus l’histoire de cette femme me fascinait. J’ai alors réalisé qu’il y avait en moi un véritable désir de partager avec autrui les découvertes que j’avais faites, d’autant plus que je savais que bon nombre de personnes ne connaissaient qu’une partie seulement de son histoire. Je voulais lui rendre justice.

 

Maria Antonietta, ultima regina di Francia

 

LPJRome : Où et à quel moment se déroule l’intrigue ? 

FB : L'intrigue débute avec l’arrivée de Marie-Antoinette à Versailles. Étant une princesse étrangère, elle n’est pas très bien considérée par le reste de la cour. Moquée par les frères du roi, y compris par le duc d’Orléans, elle est également rejetée par son époux, Louis XVI qui n'a pas voulu consommer leur mariage, précisément parce qu'on lui avait conseillé de ne pas avoir d'héritiers avec une Autrichienne. L’affaire du collier marque le véritable tournant de l’intrigue : il signe le déclin de la royauté et ouvre la voie à une série d’évènements au cours du troisième acte, qui conduisent la célèbre reine vers la triste fin que nous lui connaissons.

LPJRome : Qui sont les personnages majeurs de votre histoire (en dehors de Marie-Antoinette bien entendu) ? 

FB : Son mari, Louis XVI, évidemment, mais également son amant, le comte de Fersen et le cousin du roi, le duc d'Orléans. Ces quatre personnages accompagnent la reine tout au long du récit.

 

Maria Antonietta, ultima regina di Francia

 

LPJRome : Que tentez-vous d’explorer ou de mettre en lumière au travers de votre mise en scène ? 

FB : L'idée est de mettre en scène la vie et les pensées de Marie-Antoinette : d'un côté, la reine frivole, immergée dans la splendeur royale qui constituait son monde, tout en étant sourde aux besoins de son peuple ; et de l’autre, la figure plus humaine et intime de cette femme très secrète. Recréer cet univers privé et personnel ne fut possible que grâce aux documents authentiques qui nous sont parvenus et qui nous offrent portrait d'une femme habitée par ses fragilités, ses intérêts, ses peurs et ses amours interdites. Mon souhait était d’offrir le visage le plus authentique de l’être Marie-Antoinette.

LPJRome : Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré dans la Cour de Versailles du XVIII au cours de votre processus créatif ?

FB : Le faste plein de détails de ce siècle est sans doute ce qui m’a le plus frappé : de la merveilleuse beauté de la galerie des glaces, aux superbes jardins et fontaines de Versailles. Toute cette perfection m'a inspiré à imaginer cette femme si moderne et ayant évolué hors des sentiers battus, dans un contexte particulièrement contraignant. Et c'est précisément ce contraste qui m'a aidé à faire ressortir sa nature la plus profonde.

 

Maria Antonietta, ultima regina di Francia

 

LPJRome : Pour vous, quelle résonance le destin de Marie-Antoinette, femme moderne mais d’un autre temps, a pour nous, contemporains du XXIe siècle ? 

FB : Je crois qu'en général la Révolution française a changé à jamais l'avenir de l'Europe, mais aussi celui de l'Amérique. La décision du tribunal révolutionnaire de décapiter cette femme qui était, jusqu'à récemment, considérée comme une divinité, a montré au monde entier que rien n'est comme il y paraît et que tout est relatif. La révolution russe elle-même, avec la triste fin des tsars, a été inspirée par les événements de la Révolution française, et nous parlons du siècle dernier.

LPJRome : Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la compagnie Pont’Art ? 

FB : Pont d'Art est une toute nouvelle maison de production théâtrale, cinématographique et musicale qui opère sur le territoire Italien. Elle a été fondée pendant la pandémie dans le but de créer un pont entre l'art venu d’Italie et celui de l’étranger, et se voulait être un symbole de renaissance pour tous les artistes suite à la longue et pénible période de Covid-19. Parmi les projets en cours nous comptons également une comédie musicale romaine intitulée Nina, une adaptation théâtrale de Jane Eyre de Charlotte Brontë, ainsi qu’un court métrage en anglais intitulé What if.

 

Pont d'Art est une toute nouvelle maison de production théâtrale

 

Retrouvez Maria Antonietta, ultima regina di Francia du 11 au 28 novembre au Teatro Garbatella de Rome, une pièce produite par la compagnie théâtrale Pont d’Art Italia, et plongez-vous au cœur de la Cour versaillaise du XVIIIe siècle.

 

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Marie Astrid Roy

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