« Ciao Monica… » Découvrez la reine du cinéma italien en 5 films

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 19/02/2022 à 08:55 | Mis à jour le 19/02/2022 à 08:55
Photo : La Notte/La Nuit (Michelangelo Antonioni, 1961)
Image du film la notte

La plateforme de streaming gratuite de la Rai, RaiPlay, propose dans son catalogue plusieurs films mettant en scène l’actrice Monica Vitti, décédée le 2 février dernier. Le Petit Journal vous en présente une sélection qui rend hommage à cette reine du cinéma transalpin.

 

Films de Monica Vitti

 

Vitti d’arte, vitti d’amore (Fabrizio Corallo, 2021)

Pour se lancer dans une rétrospective des films de de Monica Vitti, quoi de mieux que de commencer par un documentaire retraçant son parcours ? Le documentaire Vitti d’arte, Vitti d’amore, réalisé par Fabrizio Corallo, à l’occasion des 90 ans de l’actrice, mêle extraits de films, images d’archive de la télévision, témoignages de personnes qui l’ont connue et ont travaillé avec elle. Se dessine par cette diversité de sources le portrait d’une actrice méritant son titre de « Reine du cinéma italien ».

 

 

Drame de la jalousie - tutti i particolari in cronaca (Ettore Scola, 1970)

Dans cette comédie d’Ettore Scola, Monica Vitti est Adélaïde, une fleuriste qui fait la rencontre d’un maçon communiste, Oreste, joué par Marcello Mastroianni, qui recevra pour ce rôle le prix d’interprétation masculine de Cannes. Suite à une pizza en forme de cœur et la répression d’une manifestation communiste, le couple fait la connaissance du pizzaiolo Nello (joué par Giancarlo Gianini), et un triangle amoureux s’installe progressivement. Dans ce Jules et Jim à l’italienne, les personnages s’adressent parfois au spectateur, face caméra, ou plutôt au juge d’un procès dont l’objet est d’abord inconnu. Les amours, hésitations et séjours à l’hôpital d’Adélaïde, accompagnés de la musique d’Armando Trovajoli, permettent, dans une Rome envahie par les voitures, une critique de la société italienne du boom économique des années 60.

 

Affiche du film Drame de la jalousie

 

La Nuit (Michelangelo Antonioni, 1961)

Une des périphrases les plus utilisées pour désigner Monica Vitti est « la muse d’Antonioni ». Avant de s’imposer comme icône des comédies italiennes, elle avait fait ses débuts sur le grand écran devant la caméra du réalisateur italien, tout en étant sa compagne dans la vraie vie.

 

 

La nuit est le deuxième film de la « trilogie des sentiments » d’Antonioni, comprenant également l’Eclipse (1962) et L’avventura (1960). Il suit dans la modernité urbaine de Milan Marcello Mastroianni, qui joue un auteur à succès, et Jeanne Moreau, sa femme, qui forment un couple en déliquescence, miné par l’incommunicabilité. Monica Vitti tient le rôle de Valentina, la jeune fille d’un riche industriel, que le couple rencontre lors d’une soirée mondaine.

 

Une Tosca pas comme les autres (Luigi Magni, 1973)

Comme l’indique son titre, le film de Luigi Magni est une adaptation de la pièce de Victorien Sardou, dont l’adaptation pour opéra par Puccini est particulièrement célèbre. La pièce, l’opéra, et le film aux évènements tragiques qui se déroulent dans une Rome de 1800, mettent en scène la cantatrice Tosca (jouée par Monica Vitti dans le film) et son amant le peintre Cavaradossi (Gigi Proietti), face au cruel baron Scarpia (Vittorio Gassman). Le titre français du film montre bien son ton burlesque, bien que la trame dramatique soit conservée. Plusieurs chansons ponctuent le film, dont celle qui deviendra très populaire, Nun je da’ retta, Roma, chantée par Gigi Proietti sur les remparts de château Saint-Ange.

 

Affiche de Tosca

 

Les ordres sont des ordres (Franco Giraldi, 1972)

Une vie rangée pour la Monica Vitti de cette comédie, qui s’efforce à remplir à la perfection son rôle de femme au foyer, s’occupant de son mari qui rentre épuisé de son travail à la banque. Jusqu’à ce qu’elle commence à entendre une voix qui lui dicte des ordres qu’elle ne peut s’empêcher de suivre, écrasant sa cigarette dans l’œuf au plat de son mari, mangeant des huîtres malgré son dégoût ou encore couchant avec un jeune inconnu sur une plage. La voix la guide jusqu’à la libération de son couple, puis cesse d’intervenir momentanément dans la vie de la femme désormais indépendante. Un film au discours féministe teinté de fatalisme – le personnage principal ne semble pas pouvoir entièrement se libérer - avec un Gigi Proietti artiste et une Monica Vitti qui aimerait faire autre chose que de préparer de la polenta pour les autres.

 

Affiche du film Les ordres sont des ordres

 

En plus des films, la Rai propose une plongée dans ses archives télévisuelles avec une sélection d’interviews, de reportages sur l’actrice, réunis dans la section « Speciale Monica ». Les films sont seulement disponibles en italien, une bonne occasion pour le réviser tout en rendant hommage à Monica Vitti !

Eléné Pluvinage

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Marie Astrid Roy

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