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Women’s History Month : l’Étoile Giuseppina Bozzacchi

Par Roxane Garoscio | Publié le 29/03/2021 à 07:00 | Mis à jour le 29/03/2021 à 07:00
Giuseppina Bozzacchi Rome

Giuseppina Bozzacchi, prodige de la danse classique à la carrière fulgurante, était élève puis danseuse Étoile à l’Opéra de Paris. La jeune femme italienne a marqué les spectateurs et esprits de l’époque malgré sa courte carrière. Issue d’une famille modeste, elle parvient tout de même à monter les échelons et à s’inscrire dans l’histoire de l’Opéra de Paris grâce au rôle de Swanilda tiré de l’adaptation de l’œuvre Coppélia.   

 

 

De Milan à Paris : un destin prodigieux

Giuseppina Bozzacchi, née à Milan le 23 novembre 1853, montre dès son plus jeune âge une prédisposition naturelle pour la danse, une rumeur raconte même qu’à seulement quatre ans elle s’est appliquée à imiter les anges présents sur la fresque de San Paolo. Une passion forte dont le reste de sa famille prend rapidement conscience, effectivement, ils décident d’inscrire la jeune fille à un cours dès 1862, cela malgré leurs difficultés financières. Au cours de cette première approche à l’univers de la danse, Giuseppina Bozzacchi est remarquée par la danseuse Nina Boschetti, alors Étoile à l’Opéra de la Scala et en chemin pour intégrer le corps de ballet de l’Opéra de Paris. Persuadée du talent de l’enfant, elle prend l’initiative de parler à ses parents dans le but de les convaincre de déménager à Paris afin qu’elle puisse intégrer l’école de la compagnie de l’Opéra Garnier. Dès lors, la famille déménage à Paris où, la jeune virtuose réussit à entrer dans le corps de ballet.

 

Bozzacchi Rome

 

Le ballet Coppélia et l’ascension

Giuseppina Bozzacchi a été découverte en Italie par le chorégraphe Saint-Léon, alors envoyé sur la péninsule à la recherche de nouvelles figures pour le rôle d’étoile. Sa technique caractérisée à l’italienne est appréciée et sa pratique est perfectionnée grâce à l’enseignante Madame Dominique. Elle obtient le rôle de Swanilda dans le ballet Coppélia, également surnommé « La fille aux yeux d’émail », et elle attire l’attention de nombreux intellectuels. Au cours de la première le 25 mai 1870, l’Empereur Napoléon III est présent dans la salle. Elle est surnommée « La Bozzachinette » par l’écrivain Janin Barbey d’Aurevilly qui, défini la danseuse comme étant une « Fille de la pauvreté » ayant « chèrement payé tant de grâce et de gentillesse ». Par ailleurs, lorsqu’elle obtient le rôle, elle s’engage à rembourser les dettes de sa famille. Théophile Gautier apprécie la performance de la jeune femme et vantera dans un article extrait du Journal Officiel de l’Empire Français ses mouvements qu’il qualifie de « rapides et fluides » ainsi que « harmonieux ». Le spectacle remporte un grand succès puisque chaque représentation est affichée au complet.

 

Bozzacchi Rome

 

Une fin tragique

Alors même que le succès bat son plein, une guerre entre la France et la Prusse éclate en juillet. Cette circonstance pousse l’Opéra Garnier a fermé ses portes au public le 31 août 1870, c’est la dernière représentation de Giuseppina Bozzacchi. Dès lors, la compagnie de l’Opéra est touchée de plein fouet par une crise économique et l’Étoile n’est plus rémunérée. Elle se rend tout de même aux répétitions mais affamée et affaiblie à cause de nombreux sacrifices, elle contracte la variole et meurt le jour de ses 17 ans. Sa mort émeut l’écrivain Théophile Gautier qui, lui rend hommage au travers d’un article dans la Gazelle de Paris.

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Roxane Garoscio

Secrétaire de rédaction du Petit Journal, Roxane est passionnée par la littérature et l'écriture. Curieuse, investie et attentive, elle s'intéresse principalement aux sujets de société, à l'actualité et la culture.
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