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Catena Fiorello Galeano nous offre « AMURI » un roman plein de douceur et d'humanité

Par Michela Micheli | Publié le 02/09/2021 à 07:45 | Mis à jour le 02/09/2021 à 07:45
Photo : Catena Fiorello Galeano, écrivaine, auteure et présentatrice de télévision italienne.
Catena Fiorello Galeano

Après L’amour à deux pas, Picciridda, Chaque fois que j’ai pleuré, et Cinq femmes et un oranger, l’écrivaine catanaise Catena Fiorello Galeano – sœur du showman Rosario Fiorello et de l’acteur Giuseppe Fiorello – nous offre Amuri, un roman qui respire la vie. Dans ce superbe ouvrage, le talent littéraire de l’auteure se mêle à la beauté intemporelle d’Arcudi, île sicilienne qui en séduisit plus d’un. Entre ciel et mer, raison et cœur, Amuri est un livre qui s’agrippe à vous et ne vous lâche plus.

 

Isabella n’est qu’une enfant lorsqu’elle met pour la première fois les pieds sur l’île d’Arcudi. L’école est terminée et elle est prête à passer les vacances d’été chez ses grands-parents, en famille. Le jour de son anniversaire, elle reçoit en cadeau un vélo. Mais les choses se gâtent quand ses parents décident brusquement de retourner en ville, sans que la jeune fille ne puisse en saisir la raison. Des années plus tard, Isabella, 35 ans, devenue employée administrative est prisonnière d’un mariage en crise. La jeune femme décide alors de retourner sur l’île magique qui marqua au fer rouge son enfance, seule. Amuri renferme les plus belles valeurs de la vie, le genre de valeur qui nous pousse à nous battre quoi qu’il en coûte.

 

« AMURI » un roman plein de douceur et d'humanité

 

Entretien avec Catena Fiorello Galeano

LPJRome : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman ?

CFG : Mon envie de raconter les conflits familiaux irrésolus et qui empoisonnent les relations par le silence. Il arrive que par peur de faire du mal, on choisisse d’éviter certaines paroles et vérités, cependant en faisant cela, on ne fait que créer des incompréhensions. Donc toujours parler, parler malgré tout, tout en surmontant la peur de faire du mal.

LPJRome : « Amuri » c’est ce qu’on dit ici, en Sicile. Pourquoi avez-vous choisi de situer l’histoire à Arcudi ?

CFG : Oui, on dit Amuri, dans ma langue, parce que le sicilien est une langue. Le son de ce mot est bien plus puissant en sicilien qu’en italien. Pour moi, il représente quelque chose de fort et qui part de loin vers mes racines. Arcudi n’est pas un choix aléatoire, mais bien un choix volontaire, car qu’il représente parfaitement l’état d’esprit de ma protagoniste, Isabella. Elle cherche un endroit isolé ; il en existe pléthore. Or Arcudi n’est pas un simple lieu isolé, c’est aussi un bel endroit. Cette île est dotée d’une beauté époustouflante et Isabella a besoin de cette beauté et de ce puissant silence diffusé par l’île qui semble faite exprès pour ceux qui ont besoin de s’isoler du reste du monde. C’est le cadre parfait d’une histoire où l’expression « se retrouver » prend tout son sens.

LPJRome : Qu’es-ce qui lie Isabella, Daniel, Sveva, Giulio, Santa, Teresa ? Qu’ont-ils en commun ?

CFG : Ils ont tous en commun d’être en quête de quelque chose, chacun à leur manière. Isabella est à Arcudi pour aplanir sinon résoudre complètement ses problèmes familiaux et aider ses parents à se retrouver. Daniel est à la recherche de sa propre réalisation : celui d’un garçon qui devient homme. Teresa cherche à rendre son passé plus doux en faisant la paix avec lui. Sveva s’est rendue sur l’île afin de se sentir plus proche de son fils. Elle est le personnage qui souffre le plus. Quant à Santa, elle est sans doute l’unique personnage sans véritable « problème ». Toutefois, elle aussi est à la recherche de quelque chose, à savoir aider Isabella à retrouver la sérénité.

LPJRome : Comment la découverte de la vérité change-t-elle Isabella ?

CFG : La vérité de change pas Isabella, elle la transforme en une meilleure version d’elle-même, une version positive et capable d’accueillir les blessures du passé avec indulgence. Peut-être est-ce le sens de mon livre : murmurer à l’oreille de chaque lecteur afin de lui dire que nous avons toujours la possibilité de réparer nos erreurs, nos fractures et nos des idées fausses. Il est possible de racheter le temps.

LPJRome : Qui est le véritable protagoniste du roman ?

CFG : En lisant mon roman, peut-être qu’à la fin le lecteur comprendra qu’il n’y a pas de vrai protagoniste. J’ai écrit un roman où chacun des personnages, au moment où je me concentrais sur lui, devenait le protagoniste à part entière de l’histoire. Amuri est un roman de cœur dans lequel tout le monde est protagoniste. Mais si je devais vraiment trouver un protagoniste, cela serait certainement l’île d’Arcudi.

LPJRome : Amuri est plus « tête » ou plus « cœur » ?

CFG : Il est les deux. Relier la tête et le cœur nous permet de rejoindre le sentiment de plénitude dont nous avons parfois besoin. Nous avons besoin de la tête et du cœur afin de retrouver un « total » qui ait du sens. Je dirais que même si la tête contient la partie noble de nos raisonnements, je m’en remettrais seulement à l’élan du cœur, et pas uniquement à la rationalité de l’esprit.

LPJRome : « De temps en temps, je caresse le bracelet que m’a offert Sveva et je pense à elle.  Je vous remercie de m’avoir lassé vos enseignements. Tout d’abord, l’amour ». Quel enseignement le lecteur doit-il tirer d’Isabella ?

CFG : La particularité de mes écrits, et en particulier de mes romans est qu’ils sont profondément personnels. Je n’ai jamais voulu faire passer un message ou à enseigner quelque chose. Pour moi, les romans marchent un peu comme des séances de psychanalyse. Nous n’entendrons jamais un psychanalyste ou un psychologue dire : « vous devriez faire » telle ou telle chose. Mais en nous exprimant nous trouvons peu à peu nous-mêmes les réponses à nos questions. Les réponses qui viennent de l’extérieur, les conseils, les suggestions, ne sont presque jamais entendus parce que nous le percevons quasiment comme des contraintes. Et cela même lorsqu’ils viennent de proches et que nous savons qu’ils sont donnés pour notre bien. C’est typique de l’être humain de vouloir aller à la rencontre des choses, de façon empirique, quitte à se tromper. C’est ce que j’essaie de retranscrire dans mes romans ; je remets au lecteur une histoire et lui laisse le soin d’en faire ce qu’il souhaite.

 

« AMURI » un roman plein de douceur et d'humanité

 

Amuri est un roman qui se lit d’une traite, et ce notamment grâce au style raffiné de l’une des écrivaines les plus populaires d’Italie. Le deuxième volume est prévu pour janvier 2022.

Michela Micheli

Michela Micheli

Michela Micheli est une journaliste passionnée par l'historie de l'art, la littérature française, la culture et les voyages.
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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

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