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Les librairies francophones à l’étranger en situation critique

Par Karine Gauthey | Publié le 07/04/2020 à 16:01 | Mis à jour le 11/04/2020 à 11:34
Photo : Librairie Stendhal à Rome
Librairie Stendhal Rome

Depuis le début de la quarantaine, la librairie Stendhal à Rome a été obligée de fermer ses portes. Nombreuses sont les librairies francophones à l’étranger qui ont fait de même (on en dénombre aujourd’hui plus de deux tiers). Certaines risquent d'ailleurs de ne pas pouvoir ouvrir à nouveau leurs portes.

Aucune aide locale n’est proposée aux librairies francophones qui se retrouvent démunies et à cela s’ajoute la concurrence de la vente par correspondance de livres. Certes la France a annoncé la mise en place de différents dispositifs d’aides financières pour les librairies, mais qu’en est-il réellement pour les librairies francophones à l’étranger ? Alors que l’Allemagne va proposer une aide de 50 milliards d’euros aux entreprises culturelles, le ministère de la culture français prévoit une aide à hauteur de cinq millions pour tout ce qui a trait à la culture, en réservant 500 000€ pour les librairies françaises installées à l’étranger. Chaque aide sera plafonnée entre 3000€ et 10 000€, malheureusement, ces montants sont bien insuffisants pour combler le déficit causé par la longue fermeture. Le Syndicat de la librairie française (SLF) quant à lui appelle à la création d’un fonds de soutien aux librairies.

De son côté, Antoine Gallimard craint une vague de faillites de librairies et de maisons d’édition : « On peut le craindre s’il n’y a pas très vite un dispositif de soutien fort. La librairie est le maillon le plus fragile ; il faut qu’elle ait recours massivement au dispositif BPI, c’est vital pour elle comme pour toute la filière. », il rappelle ainsi dans une interview publiée dans Livres Hebdo que cette situation représente une crise très grave, qui impose des mesures fortes de solidarité.

 

Librairie Stendhal Rome
Librairie Stendhal à Rome

                                                         

S’il ne s’agit pas du seul commerce en péril, l’heure n’est pas venue d’oublier l’apport de tels lieux pour les communautés françaises installées à travers le globe. Tout d’abord l’importance que revêtent ces lieux n’est pas négligeable quand il s’agit d’acquérir un livre en langue française, que ce soit pour des besoins professionnels ou seulement pour un plaisir personnel. Mais c’est aussi un lieu qui nous permet d’accéder non seulement au partage d’une certaine vision de la littérature, mais également à une certaine idée de l’organisation d’un savoir, d’un travail éditorial, en bref d’un lieu culturel que nous avons toujours eu l’habitude d’avoir près de chez nous ; un lieu convivial qui peut devenir événementiel comme nous en avons l’habitude à Rome. Le manque à gagner ne se compte donc pas en termes de papier fiduciaire et virtuel mais bien comme l’image écornée d’une page de nos habitudes qu’il faudrait tourner si certaines de ces fermetures devenaient définitives.

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Karine Gauthey

Karine Gauthey

Passionnée par l'histoire, l'histoire de l'art, la littérature, les mythes et l'antiquité, Karine Gauthey a décidé de poser ses valises à Rome après être tombée amoureuse de la ville il y a de nombreuses années.
6 Commentaire (s)Réagir
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DOMINIQUE ALHERITIERE mer 08/04/2020 - 08:27

L'un des problèmes des librairies françaises à l'étranger est qu'elles sont très souvent en situation de monopole, et l'on connait les dérives du monopole: attitude peu commerciale, peu de flexibilité, faible sens de l'accueil etc.

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Nolwenn mer 08/04/2020 - 12:10

Cher.e Dominique, Vous semblez faire une généralité de votre expérience personnelle. L'exemple de la librairie Stendhal à Rome contredit est tous points votre propos, il suffit de flâner dans ses rayons pour y trouver sérendipité et conseils auprès des libraires. Quant à parler de monopole, c'est non seulement mal connaître le secteur du livre et c'est totalement inexact au regard de la situation des librairies, aussi bien en France qu'à l'étranger, bien souvent défavorisées par rapport aux géants d'Internet de vente en ligne ou des circuits de grande distribution. Cordialement.

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DOMINIQUE ALHERITIERE jeu 09/04/2020 - 11:01

expériences à New York, Yaoundé, Rome, Florence, etc., mais expérience personnelle bien évidemment ! Je serai ravi d'en discuter avec vous au 3277333887. Cordialement

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Nolwenn ven 10/04/2020 - 14:33

Non merci Monsieur. Vos propos sont, encore une fois, importuns et hors sujet. L'article met en évidence les difficultés accrues des librairies françaises durant cette période inédite. Vous commentez en en faisant une affaire personnelle, incohérente au regard de la réalité actuelle. Les librairies indépendantes, en situation "normale", ne dégagent en moyenne qu'une marge de 1 % sur leur chiffre d'affaires, soit une des rentabilités les plus faibles du commerce de détail. Cela est sans compter sur le budget dérisoire alloué par le Ministère de la Culture que détaille très bien l'article. Que viennent faire la liste de vos destinations et votre n° de téléphone à la suite d'un article soulignant un secteur en crise, le risque important de suppressions d'emplois et la perte inestimable d'un lieu culturel... Les librairies ont besoin de soutien, pas de votre narcissisme exacerbé. PS : Quand on a, visiblement, autant de mauvaises expériences que vous en librairie, on peut se poser la question de votre propre comportement en tant que client.

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DOMINIQUE ALHERITIERE ven 10/04/2020 - 22:22

Je vois que vous aimez le dialogue ! D'une évaluation de l'accueil dans certaines librairies françaises, sans dire d'ailleurs qu'il fut mauvais dans les 4 que j'ai citées, vous dérapez vers les problèmes de l'ensemble du secteur ! Puis vous m'insultez en m'accusant de narcissisme exacerbé ! Bravo l'accueil ! Cela confirme donc ce que je disais en premier lieu.

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