L’Italie en marche vers la relance !

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 06/01/2021 à 07:00 | Mis à jour le 06/01/2021 à 07:00
économie Rome

On nous avait promis une Italie, bonne élève, prête à rendre son plan de relance et de résilience (PNRR) avant le sifflet de fin de partie de l’année 2020. Pourtant, les choses ont pris une tournure un peu différente. Entre annonces, retards et reports, découvrez les mesures du gouvernement Italien pour relancer l’économie du Bel Paese.

 

Le moins que l’on puisse dire est que la violence de la seconde vague épidémiologique de Covid-19 a pris au dépourvu la plupart des États européens. Pour y faire face, l’État italien a dû mettre en place un certain nombre de mesures, afin d’endiguer la détérioration du tissu économique, social et commercial du pays. Ainsi, ce ne sont pas moins de 18 milliards d’euros d’ « interventions publiques additionnelles » qui ont été mis sur la table en cette fin d’année 2020, portant de ce fait à 110 milliards d’euros, l’ensemble des dépenses liées au soutien socio-économique de la péninsule, depuis le début de la crise, auxquelles se seraient ajoutés «  plus de 500 milliards € de garanties et moratoires ».

La perspective de vaccins accessibles au plus grand nombre d’ici le second semestre, et l’arrivée imminente du PNRR permettent cependant d’entretenir l’espoir d’un « retour à la normale » pour l’année 2021, soit +6% de croissance du PIB en 2021, contre -9% en 2020. Moins optimiste, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) a estimé à +4% le rebond économique, en raison notamment du « stop and go » économique qui a marqué l’ensemble de la seconde vague. Le bilan final est sans appel, 2021 portera les stigmates de la crise, tant sur un plan social qu’économique.

 

Des mesures économiques d’urgences « amples et hybrides »

D’après Laura Torrebruno, ce sont 1 000 milliards d’euros de dépenses qui auraient été prévus pour remettre la péninsule à flot. Ce budget qualifié d’hybride, comprend des moyens servant à refinancer certaines des mesures d’urgence déjà en place, afin d’atténuer les conséquences de l’épidémie, et celles « visant à assurer une relance durable ». Il inclut les quelques 39 milliards d’euros de « mesures nouvelles » appelées « manovra » ainsi que la dette. Ce budget devrait permettre de rendre à l’Italie son attractivité, tout en ramenant les ménages sur le chemin de la consommation. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Roberto Gualtieri, ce budget « hybride » devrait participer à « la relance de la croissance » ainsi qu’à la « transformation de l’Italie » afin d’en faire un acteur de « l’innovation, […] soutenabilité, […] cohésion, […] équité » et du « travail ».

 

Projet de loi de finances pour 2021

Tandis qu’il avait fait l’objet d’un accord ‘salvo intesa’ lors du conseil des ministres du 18 octobre, le projet de loi de finance pour 2021 et de budget prévisionnel pour la période 2021-2023 fut définitivement adopté le 16 novembre. Parmi les mesures d’urgence on notera :

  • La poursuite du chômage partiel (de 12 semaines supplémentaires)
  • L’interdiction de licencier jusqu’au 31 mars 2021
  • La prorogation du soutien à la liquidité des entreprises jusqu’au 30 juin 2021 (fonds de garanties des PME, moratoires, recapitalisation)
  • Les mesures d’aides au renouvellement des CDD
  • La création d’un fond de soutien aux activités économiques victimes des conséquences de la crise sanitaire

Afin d’assurer la relance économique de l’Italie, le plan Next Generation EU (subventions et prêts) a mis à la disposition de la « manovra » 25 milliards d’euros, afin de favoriser les investissements publics et privés. Parmi les mesures citées par Laura Torrebruno, on compte :

  • La poursuite du programme industriel « Transition 4.0 »
  • Le soutien aux investissements à haute valeur technologique
  • Le soutien à la recherche et à l’innovation
  • La création d’un Fonds pluriannuel pour la relance des investissements publics (50 milliards sur 2021-2035)

On remarquera également que « les mesures en faveur du marché du travail (Sud et politiques actives de l’emploi) et de la santé seront aussi augmentées. Quant aux réformes de la politique familiale et celle de l’impôt sur le revenu (IRPEF) elles devraient achever de « redonner du pouvoir d’achat aux ménages ».

 

Le PNRR en retard ?

L’Italie avait annoncé pendant l’été son désir d’être au rang des premiers États européens à soumettre son Plan de Relance et de Résilience et à « utiliser par anticipation 10% des 209 milliards d’euros qui lui ont été réservés dans le plan Next Generation EU ». Le 15 octobre 2020, elle avait même présenté les grandes lignes de ce qui devait conduire à « l’élaboration de son plan ». Malheureusement, après des délais successifs, l’annonce d’un PNRR définitif ne se fera pas avant février 2021.

0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Rome !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

À lire sur votre édition locale