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Vers la légalisation de l’avortement à Saint-Marin

Par Karine Gauthey | Publié le 30/09/2021 à 10:21 | Mis à jour le 01/10/2021 à 10:54
Des badges pour le Oui pour l'IVG à Saint-Marin

Dimanche dernier, les Saint-Marinais ont dit “oui” à plus de 77% à la légalisation de l’avortement, lors du référendum organisé par l’Union des femmes saint-marinaises.

C’est un exploit historique, la dépénalisation de l’avorement à Saint-Marin passe avec une majorité de “oui”, avec 77,28% des voix contre 22,72%, 43 ans après la mise en application de la loi italienne. Les femmes pourront avoir recours à une interruption volontaire de grossesse jusqu’à 12 semaines de grossesse ; passé ce délai, les avortements n’auront lieu qu’en cas de danger pour la vie de la mère ou si de graves anomalies ou des malformations ont été détectées chez le foetus.

La République de Saint-Marin était l’un des derniers en Europe, avec Andorre, Malte et le Vatican a interdire l’interruption volontaire de grossesse.

 

Remporter cette victoire avec plus de 70% des voix est un résultat extraordinaire. Nous sommes parvenus à unir des personnes d'horizons différents. Certaines femmes sont membres de partis de centre-droit et de centre-gauche, d’autres catholiques et athées. Grâce à l'Union, nous avons réussi à créer une forte conviction autour du “oui”, grâce auquel nous avons pu atteindre ce résultat historique.

Karen Pruccoli, présidente de l'Union des femmes de Saint-Marin


 

L’avortement considéré jusque-là comme un crime

La République de Saint-Marin dispose de l’une des législation les plus strictes d’Europe concernant l’avortement. Jusqu’à présent, le Code Pénal de Saint-Marin voit l’avortement comme un crime puni d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour la femme ayant avorté et six ans pour le médecin qui effectue l’opération (articles 153 et 154 du Code Pénal), et cela, même en cas de viol, inceste ou d’anomalies ou de malformations graves du foetus. Seules les interruptions volontaires de grossesse en cas de mise en danger de la vie de la mère sont autorisées.

 

C’est la raison pour laquelle, jusqu’à aujourd’hui, les femmes qui souhaitent mettre un terme à leur grossesse font le voyage jusqu’en Italie, notamment à l’hôpital de Rimini, où il est possible de subir cette intervention pour environ 2 250€.

 

Pour rappel, l’interdiction de l’IVG à Saint-Marin date de 1865, une proposition de loi sur un assouplissement de la législation avait été rejeté par le gouvernement en 1974, et un autre projet de loi avait été engagé en 2003 par la parlementaire de la Gauche unie Vanessa Muratori, mais celui-ci n’avait pas pu aboutir

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Karine Gauthey

Karine Gauthey

Rédactrice en chef et Directrice d'édition bénévole pour Lepetitjournal.com/Rome
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