Une fresque du Dominiquin de retour au Palais Farnese après deux ans de restauration

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 14/03/2022 à 20:11 | Mis à jour le 14/03/2022 à 20:17
fresque mort d'Adonis

L’ambassade de France à Rome a accueilli ce lundi la fresque représentant la mort d’Adonis, restaurée par l’Institut central de la restauration, dépendant du Ministère de la Culture italien.


La vaste collaboration lancée depuis longtemps entre l’Ambassade de France à Rome et l’Institut Central pour la Restauration, a abouti ce lundi à la fin du travail de restauration de la fresque du Dominiquin, présentant le mort d’Adonis, réinstallée ce lundi 14 mars au sein du Palais Farnèse.
« En cette période de guerre en Ukraine où l’on détruit tant, nous voyons aujourd’hui l’importance de la conservation du patrimoine et de la civilisation », a souligné Christian Masset, Ambassadeur de France en Italie.

Un cycle de trois fresques à restaurer

La fresque en question ornait un édifice indépendant du Palais Farnèse, le Casino della Morte, que le cardinal Odoardo Farnese avait fait construire, et accessible depuis le Palais grâce au pont qui surplombe aujourd’hui encore la Via Giulia. Annibal Carrache était responsable de la décoration de l’intérieur de ce pavillon, en plus de la fameuse galerie des Carrache. Il a donc dirigé une équipe d’artistes, parmi lesquels le jeune Domenico Zampieri, dit Le Dominiquin. Ce dernier a été chargé de réaliser un cycle de trois fresques, inspirées des thèmes mythiques et des Métamorphoses d’Ovide. Ces fresques, réalisées entre 1603 et 1604, représentent Narcisse à la fontaine, Apollon et Hyacinthe, et la mort d’Adonis.


La mort d’Adonis

Le thème de la mort d’Adonis, récurrent dans l’art baroque, est prisé pour son caractère pathétique. Adonis, dans la mythologie grecque, est un jeune homme doté d’une beauté sans pareille, qui attire les femmes – dont les déesses – mais aussi les jalousies. Les histoires diffèrent pour expliquer les responsables de sa mort, mais le jeune homme succombe lors d’une chasse, blessé par un sanglier. Dans la fresque du Dominiquin, on le voit agoniser, tandis qu’Aphrodite, descendue de son char doré tiré par deux cygnes, se désespère de la mort de son amant. Là où le sang d’Adonis perle sur le sol, une fleur pousse : il s’agit de l’anémone, ou de l’adonis goutte de sang.

Une restauration prise en charge par la Ministère de la culture italien

Les trois fresques avaient été détachées du Casino della Morte en 1817 afin de les préserver de leur détérioration, et le restaurateur Pietro Palmaroli les avait transférées au sein du Palais Farnese, dans la Salla delle Firme (Salon des signatures). L’institut central pour la restauration, organe spécialisé du Ministère de la culture italien, s’était déjà chargé de la restauration, en 2019, de Narcisse à la Fontaine. Les deux ans de restauration ont nécessité de nombreuses recherches, en particulier pour rétablir les couleurs originelles, ainsi que des prises de décision importantes concernant le type de restauration. Ainsi, le support original du restaurateur Palmaroli a été conservé pour sa valeur historique, et les éléments manquants de la fresque ont été légèrement restitués par des touches de peinture, permettant de faciliter la lisibilité de l’œuvre tout en affirmant la différence entre la peinture originale et la restauration.
Fruit de la collaboration entre l’ambassade de France à Rome et le Ministère de la culture italien, l’œuvre a repris sa place sans le Salon des signatures.

Eléné Pluvinage

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