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Le président Mattarella réélu pour la stabilité de l’Italie

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 30/01/2022 à 20:33 | Mis à jour le 31/01/2022 à 12:01
Le Président italien Sergio Mattarella

Après une semaine de paralysie, les partis de la coalition gouvernementale ont supplié le président italien Sergio Mattarella d’accepter un second septennat. Sa réélection assure la stabilité du pays, mais souligne une page peu édifiante pour la classe politique.

 

Au terme de sept scrutins à l’issue désastreuse, une dizaine de noms écartés les uns après les autres, de désaccords et des blocages, le président sortant Sergio Mattarella, a été réélu ce samedi vers 20h, président de la République pour un second septennat. Le huitième tour n’était plus qu’une formalité : plébiscité avec 759 voix sur 984 suffrages exprimés (contre 16 voix au premier tour), il est le président le plus voté après Pertini en 1978. C’est aussi la deuxième fois dans l’histoire qu’un Chef de l’Etat rempile pour un second mandat. Sergio Mattarella avait pourtant martelé depuis des mois être hostile à cette hypothèse – tant pour raisons constitutionnelles que personnelles -, comme cela fut le cas pour son prédécesseur Giorgio Napoletano, réélu le 20 avril 2013. Il avait alors 87 ans, et avait remis sa démission deux ans plus tard.

La Constitution italienne affirme que la durée du mandat du Chef de l’Etat est de 7 ans, mais ne s’exprime pas sur l’éventualité d’une réélection.

Cette fois, contrairement à 10 ans auparavant, il y avait bien une majorité gouvernementale, mais bien trop large politiquement. Enlisés dans une impasse politico-institutionnelle, les partis de la coalition au pouvoir ont été incapables de s’entendre sur un candidat commun pour succéder au président sortant.
Mattarella président de l’Italie, dans l’intérêt de la nation

“A trois heures de l’après-midi samedi, les chefs de partis sont montés sur la colline [du Quirinal, siège de la présidence italienne] pour supplier Mattarella d’accepter sa réélection”, raconte Il Corriere della Sera.

À 80 ans, l’ancien magistrat de la Cour constitutionnelle italienne a cédé. En raison “des défis sanitaires et économiques auxquels est confronté le pays”, il a accepté de faire passer “l’intérêt du pays avant ses choix personnels”.

 

La presse unanime

La presse transalpine est unanime. « Le Président de tous », titre le quotidien La Repubblica ; « Mattarella, bis pour le pays », déclare le Corriere della Sera en Une; « L’Italie de Mattarella » affiche La Stampa. Le quotidien économique Il Sole 24 Ore titre quant à lui : « Mattarella au Quirinal et Draghi au gouvernement, la solution la meilleure ».

 

Une de journaux italiens

 

Le duo Mattarella/Draghi, gage de stabilité pour le pays

C’est d’ailleurs le Premier ministre Mario Draghi qui a lui-même pris l’initiative samedi, de solliciter Sergio Mattarella à la rescousse. Et de qualifier la réélection du chef de l’Etat de « merveilleuse nouvelle pour les Italiens ». Mario Draghi aurait bien été candidat au Quirinal mais il n’a pas obtenu un soutien assez large des partis. Nombreux sont ceux qui craignaient qu’il quitte son rôle de Premier ministre, avec un risque d’instabilité politique à la clé, a fortiori dans un contexte de mise en œuvre de grandes réformes soutenues par le Plan de relance européen dont l’Italie est le premier bénéficiaire.

Mario Draghi conserve donc son poste de Président du Conseil où il est jugé plus utile, et assure ainsi la survie du gouvernement d’unité nationale jusqu’aux élections législatives de 2023. Une situation inchangée qui rassure également l’Europe et les marchés financiers.

Plusieurs dirigeants européens ont aussitôt félicité le chef de l’Etat réélu, parmi lesquels Emmanuel Macron. Le président français a écrit sur Twitter : “Félicitations, cher Sergio, pour ta réélection. Je sais pouvoir compter sur ton engagement pour que vive l’amitié entre nos pays, ainsi que cette Europe unie, forte et prospère que nous sommes en train de bâtir”.

Le président allemand Frank Walter Steinmeier a salué cette réélection en observant : "L'Europe a besoin d'une Italie forte et l'Italie va garder avec vous un président tourné vers l'avenir, qui n'a pas peur de la franchise, unit et offre une orientation"
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a quant à elle assuré que “l’Italie [pouvait] toujours compter sur l’Europe”.

 

 

 

« Un système politique en ruine »

Pour autant, les commentateurs voient dans l’immobilisme italien, certes « la solution la plus simple et la plus utile pour le pays, mais un système politique en ruine », selon La Repubblica.
« L’Italie réélit le président sortant pour mettre fin à une paralysie politique », écrit le Financial Times. « Le dernier sacrifice d’un homme d’Etat », titre le quotidien espagnol El Mundo.
"Le chef d’Etat a été réélu après un marathon parlementaire qui a révélé de profondes divisions entre les partis au gouvernement, dans une période cruciale pour la reprise", résume l’AFP.

 

Qui est Sergio Mattarella ?

En 2015, lorsque Matteo Renzi proposait le nom de Sergio Mattarella aux grands électeurs réunis en Congrès, pour élire le successeur de Giorgio Napoletano au Quirinal, son nom était peu connu.
Né à Palerme en 1941, sous Mussolini, Sergio Mattarella débute sa carrière politique après la mort de son frère Piersanti, assassiné par la mafia en 1980, alors qu’il était président de la région sicilienne. D’obédience démocrate-chrétienne, ce juriste de formation est d’abord député avant d’endosser cinq fois le rôle de ministre. Mais en 2008, il quitte la vie politique pour devenir juge à la Cour constitutionnelle.
Après un septennat marqué par une successions de crises politiques et pandémie, Sergio Mattarella est aujourd’hui un homme populaire en Italie. Ce nouveau mandat s’ouvre de nouveau dans la tourmente.

 

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Marie Astrid Roy

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