Édition internationale

Un Italien consacre en moyenne un tiers de son salaire à son loyer

D’après les dernières données de la Caisse des dépôts et des prêts, en moyenne un tiers du salaire net d’un Italien est consacré à son loyer. À Milan, ce chiffre atteint 76% et 65% à Rome.

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Photo de Caterina Beleffi sur Unsplash
Écrit par Maé Brault
Publié le 4 janvier 2026

Toujours plus cher, toujours plus compliqué : trouver un logement est un casse-tête. Le rapport Service Housing de la Direction stratégies sectorielles et impact de la Caisse des dépôts et des prêts (CDP), publié le 16 décembre 2025, est sans appel : en moyenne, pour un Italien, un tiers du salaire est consacré au loyer.

L’étude cherche à identifier les territoires où le besoin de logements pour les travailleurs est le plus élevé, en combinant pression immobilière et déséquilibres du marché du travail. Il prend en compte les travailleurs du secteur privé et analyse, province par province, les principaux facteurs qui déterminent les besoins en logements. Au cœur de l’étude figure notamment le poids du loyer dans le salaire : plus la part du revenu consacrée au logement est élevée, plus la pression immobilière se fait sentir sur le territoire concerné.

Milan et Rome largement au-dessus de la moyenne nationale

En Italie, les loyers représentent en moyenne 35 % des salaires nets, dépassant de fait le seuil de 30 %, communément considéré comme la limite au-delà de laquelle une famille peut rencontrer des difficultés financières. Pour les jeunes travailleurs, cette difficulté est encore plus marquée : les dépenses liées au logement dépassant 40 % de leurs revenus.

Dans la botte, ce sont Milan et Rome les villes les plus exposées. Le loyer représente 76 % du salaire net pour un Milanais et 65 % du salaire net d’un Romain. Les deux villes sont parmi les plus touchées d’Europe par le ratio loyer/salaire, se classant respectivement cinquième et sixième selon le rapport Mapping World’s Prices 2025 de l’Institut de recherche de la Deutsche Bank. Comme à Milan, ce pourcentage atteint environ 75 % à Barcelone, Madrid et Londres, mais il s’envole à 116 % à Lisbonne. À Paris, les résidents consacrent 45% de leur salaire net au loyer.

 

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Ce phénomène touche plus largement les centres urbains d’Italie : 10 métropoles sur 14 dépassent le seuil critique des 30 %. Mais il est également observé dans de nombreux centres plus petits, en particulier en Lombardie, Émilie-Romagne et Toscane. Seules Reggio de Calabre (28 %), Palerme (26 %) et Catane (25 %) se trouvent en dessous de la limite.

La pression du marché : une demande toujours en hausse

Le rapport souligne toutefois que ce sont principalement les loyers, et non les salaires, qui expliquent les disparités territoriales, les niveaux de rémunération étant « souvent homogènes d’une province à l’autre ». 
Les tensions sur le marché du logement résultent de la forte demande de locations courtes durées, des migrations internes vers les grandes villes, de la hausse des coûts de construction et des taux hypothécaires, ainsi que d’une offre de logements insuffisante, provoquant une hausse des prix et des loyers plus rapide que celle des revenus.

En Italie, ce sont près d’1,2 million de familles qui rencontrent des difficultés croissantes pour se loger. « Par conséquent, la disponibilité de logements à loyers plafonnés est très limitée, et inférieure à celle observée dans la plupart des pays européens », indique le rapport.

 

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