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La maison jaune d'Escher

Par Salvo Isidoro Valenti | Publié le 09/06/2020 à 10:00 | Mis à jour le 09/06/2020 à 10:00
La maison jaune d'Escher

Maurits Cornelis Escher (1898 –1972), le grand graveur et graphiste visionnaire hollandais est vu comme une personne très originale et fantasque en raison de ses œuvres énigmatiques dont les mouvements sont sans fin, et qui montrent des distorsions spatiales capables de créer des mondes alternatifs qui trompent l'observateur.

 

Maison jaune

 

Maison jaune

 

Comme de nombreux artistes, il vint en Italie pour étudier les chefs-d'œuvre du passé et tomba tellement amoureux du Bel Paese (beau pays). Il décida alors de s'installer dans la capitale en 1923.

C'est à Rome qu'Escher eut l'honneur de présenter sa première grande exposition personnelle, au Palazzo Venezia en 1926. Escher adora l'atmosphère nocturne de Rome, avec le nouvel éclairage public et les grands dômes des églises et créa une série de gravures de la ville nocturne, vue par ses yeux.

Il vécut pendant douze ans dans le quartier de Monteverde Vecchio sur les pentes du Janicule, dans une maison jaune de style liberty dans l'élégante Via Poerio au numéro 122. Il vivait avec sa femme et ses enfants au troisième étage de la maison et avait son atelier dans la tourelle à l'étage supérieur.

 

Maison jaune

 

La célèbre lithographie « Main avec sphère réfléchissante » a été réalisée à l'époque romaine et ce que nous voyons se refléter dans la sphère est en fait l'autoportrait de l’artiste et de son atelier.

 

Maison jaune

 

C'est précisément dans la maison jaune de via Poerio qu'il a laissé une large empreinte : un sol conçu par lui-même pour meubler son atelier dans la tourelle. C'était un sol en marbre avec une imbrication de lignes rouges et vertes. Avec des formes géométriques et ambiguës (pour faire l'éloge de l'infini), ce sol, comme la plupart des œuvres d'Escher, crée l'illusion de la tridimensionnalité à travers un dessin bidimensionnel.

 

Maison jaune

 

Ce sol est resté dans la villa jusqu'au milieu des années 90 pour être ensuite démonté et remplacé par un parquet. On dit qu’il était sous la garde du restaurateur qui l'a démonté, mais qui sait où il est maintenant. Chaque fois que je passe devant cette maison, j'aime rêvasser sur ce sol, imaginer les jeux de lignes infinies et m'abandonner à la vision multiple et tressée du monde. 

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Salvo Isidoro Valenti

Salvo est ingénieur en électronique et travaille dans une société de conseil en services de télécommunications. Passionné d'histoire, d'art, de musique et de voyages, ce sicilien d'origine est installé à Rome pour des raisons professionnelles.
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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.