Qui sont les animaux symboles de Rome ?

Par Salvo Isidoro Valenti | Publié le 07/07/2021 à 07:00 | Mis à jour le 07/07/2021 à 10:57
Piazza navona

À Rome il y a de nombreuses représentations d'animaux liées aux histoires, légendes et évènements historiques. Cette promenade vous guidera à la découverte de ces curiosités dans les alentours de la Piazza Navona, zone particulièrement riche en matière de références animalières.

 

La Lupa romaine

On commence avec le symbole par excellence de la capitale : la louve. Et c’est juste dans le cœur de la ville éternelle que l’on trouve une rue dédiée à cet animal : « via della lupa ». Le nom vient d’une fontaine qui représente un loup, aujourd'hui disparue. Il n’en reste plus qu’une plaque qui se trouve à l'intérieur de la porte du palais Capilupi (qui signifie « tête de loup »), portant une inscription latine de 1578 comparant une louve qui donne du lait aux jumeaux et le loup de la fontaine qui donne l'eau perpétuellement.

 

La scrofa, la truie du centre historique

Dirigeons-nous vers la « via della scrofa » (rue de la truie) qui tient son nom d'une enseigne d’une auberge du XVe siècle appelée précisément "la Scrofa". Dans cette rue, on découvre un ancien bas-relief en marbre représentant une truie, muré sur la façade d’un ancien couvent et transformé en fontaine en 1580. Le bassin a été enlevé, mais à l'angle de la « Via dei Portoghesi », on peut voir que la truie est restée là, comme indique la plaque placée sous le petit animal.

 

Scrofa

 

Piazza di S. Luigi dei Francesi 

Si l’on remonte la via della scrofa, on parvient à la « Piazza di S. Luigi dei Francesi » : on y trouve l'institut français, la librairie Stendhal et l'église Saint Louis des Français. Sur la façade de cette dernière, sous les statues de Charlemagne et Saint-Louis, on peut apercevoir deux ronds en pierre ainsi qu’une salamandre entourée de feu. L'animal était considéré comme immunisé contre les flammes et c’est la raison pour laquelle il a été choisi par le roi François Ier comme symbole. Notons également que l’ambivalence du feu, purificateur (bon feu) et destructeur (mauvais feu), évoque la lutte de la justice contre le vice.

 

Saint Louis

 

Non loin, on retrouve encore de nombreux animaux : certains ont des caractéristiques difficiles à reconnaître, comme les dauphins-monstres de la fontaine sur la place de la Rotonde, d'autres se font remarquer comme le petit éléphant au milieu de la place della Minerva et les plus timides se cachent, comme le chat de « via della Gatta » qui nous rappelle qu’un félin a sauvé un enfant en danger en avertissant sa mère.

 

Le cerf de Saint Eustache

Retournons à présent sur la place Sant Eustachio, on peut s’étonner de voir apparaître sur l’église la tête d’un cerf. La légende veut que, un jour, un général romain, du nom Placido, chassa un cerf qu’il suivit jusqu’au bord d'un ravin. Alors le cerf se tourna vers le général, une croix lumineuse apparut entre ses cornes, surmontée de la figure de Jésus, lequel lui demanda la raison de cette persécution. Stupéfait, Placide (qui changea son nom en Eustachio) et sa femme, décidèrent de se convertir au christianisme. Le cerf est alors devenu le symbole du « rione » (quartier). D’ailleurs, notons que l’on retrouve un autre cerf en mosaïque sur le sol du café Saint Eustache et si l’on s’engouffre dans la « via degli Staderari », on découvre que se cache une autre tête de cerf sur la fontaine des livres.

 

Saint Eustache

 

 

Saint Eustache

 

L’autruche de Marguerite

Si l’on se dirige depuis la place Saint Eustache en direction de la Place Navona, l’on passe devant le palais « Madama », aujourd’hui siège du Sénat. À l'intérieur se trouve la salle de l’autruche (sala dello struzzo). Certains soutiennent que ce nom a été choisi en l'honneur de Marguerite d'Autriche, et qu’il s’agit d’un jeu de mots entre "Autriche" et "autruche". D'autres soutiennent que cet animal a été choisi à l'époque comme symbole héraldique de justice et de capacité à gérer les difficultés. Par ailleurs, le cardinal Giovanni de Médicis (futur pape Léon X) a vécu dans ce palais, de fait, le symbole du lion est omniprésent à l’extérieur du palais, comme en témoignent les façades.

 

Les fontaines animalières de la place Navona

Sur la place Navona, on découvre une multitude d’animaux en marbre qui décorent les fontaines.   En effet, la fontaine des quatre fleuves (qui se situe au milieu de la place) met à l’honneur sept animaux : le cheval, le crocodile, le lion, le dragon, le serpent de mer, le serpent de terre, le dauphin, ainsi qu’une colombe au sommet de l'obélisque qui représente les armoiries des Pamphili. La fontaine de Neptune abrite quant à elle plusieurs hippocampes et une pieuvre.

Enfin, la fontaine « del Moro » est également riche en représentations marines. Elle était autrefois appelée la fontaine de l'escargot (della lumaca), car elle disposait d’un groupe de trois dauphins tenant un escargot d'où jaillissait de l'eau.

 

Navona

 

Navona

 

La tour du singe

Retournons vers via dei Portoghesi pour continuer notre boucle. Ici se trouve le palais Scarpucci avec sa splendide tour médiévale, « la torre della scimmia » (la tour du singe). La légende raconte qu'un singe attrapa un nouveau-né dans son berceau et l’amena au sommet de la tour, sous les yeux incrédules des parents. Le père du bébé, désespéré, appela le singe en le sifflant tout en suppliant la Madone ; et miraculeusement le petit animal décida de remettre le bébé en sécurité dans son berceau. Pour remercier la Madone de ce miracle, le père fit installer une lumière au sommet de la tour en son honneur.

 

tour du singe

 

Les ours

D’ici, on peut atteindre la « via dell’orso » (rue de l’ours) qui tire son appellation d’un hôtel du même nom. Dans cette rue, on découvre deux reliefs en marbre que l’on a longtemps pris pour des ours. En réalité, ces animaux ne sont pas des ours, mais des lions ! L’hôtel de l’ours, au bout de la rue, était très connu et il accueillit des écrivains tels que Rabelais et Montaigne, ainsi que Gogol, Goethe et de nombreux autres voyageurs célèbres de différentes époques ; même Dante y séjourna. Par la suite, cette rue est devenue célèbre, en témoigne la maison des antiquaires : dans l’un de ces ateliers, le cardinal Joseph Fesch, oncle de Napoléon, trouva la deuxième partie d’une table démembrée du « San Girolamo » de Leonardo da Vinci, dont il possédait déjà la première partie.

 

via dell'orso

 

L’âne volant

En passant devant le musée napoléonien, nous pouvons nous diriger jusqu’à la « via tor di Nona », où l’on trouve un animal fort sympathique : un âne volant. Dans les années 70, un groupe de jeunes, dont de nombreux étudiants en architecture, voulut réagir à la dégradation de cette partie de Rome et réalisa de grandes peintures murales. La protestation réussit, mais les fresques furent éliminées. La seule chose qui reste de la première grande fresque est cet âne volant, qui sourit fièrement, ayant remporté une victoire qui semblait impossible.

 

âne volant

 

La promenade se termine Piazza San Salvatore à Lauro, où trône une fontaine au lion, représentant une figure anthropomorphe. Cette fontaine est surmontée d'une inscription latine datant de 1579 : il s’agit d’une comparaison entre ce lion et le loup de Campo Marzio, celui de la fontaine de la rue où notre promenade commença : la via della Lupa, la reine des animaux de Rome.

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Salvo Isidoro Valenti

Salvo est ingénieur en électronique et travaille dans une société de conseil en services de télécommunications. Passionné d'histoire, d'art, de musique et de voyages, ce sicilien d'origine est installé à Rome pour des raisons professionnelles.
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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

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