TEST: 2283

Salvini envisage une alliance avec le gouvernement de Draghi

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 09/02/2021 à 08:30 | Mis à jour le 09/02/2021 à 13:31
Photo : Matteo Salvini et Mario Draghi. © Sipa Press
salvini draghi sipa

La semaine dernière, l’homme fort de la Ligue du Nord, Matteo Salvini a affirmé envisager de soutenir un gouvernement formé par l’ancien président de la Banque Centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Ce dernier a été récemment appelé à la rescousse par le chef de l’État, afin de sortir l’Italie d’une crise politique initiée par Matteo Renzi.

Accueilli comme le héros providentiel qui sauva la zone euro en 2012, l’économiste Mario Draghi a récemment accepté, non sans quelques réserves, de venir au chevet de son pays natal, dévasté par les effets de la pandémie de Covid-19. Ses priorités sont claires, il devra : « vaincre la pandémie, achever la campagne vaccinale, offrir des réponses aux problèmes quotidiens et relancer le pays. » Cependant, il lui faudra tout d’abord rassembler une majorité gouvernable et représentative du paysage politique italien.

Disposés à rejoindre son gouvernement afin de sortir le pays du flou politique, de nombreux chefs de partis ont commencé à montrer patte blanche. Parmi eux, on compte notamment Silvio Berlusconi (Forza Italia), Nicola Zingaretti (Parti Démocrate) Vito Crimi (Mouvement 5 étoiles), Matteo Renzi (Italia Viva), mais également, chose surprenante, Matteo Salvini. Contrairement à sa consœur populiste de Fratelli d’Italia, le leader de la Ligue du Nord a refusé de dire « non » à Mario Draghi. Il se serait même dit prêt à renoncer à ses positions europhobes afin de participer à la formation du 67ème exécutif italien. Se défendant sur Radio 24 de ce brusque revirement politique, Matteo Salvini a déclaré « laisse[r] aux autres les étiquettes : fasciste, communiste, européiste ». Se décrivant comme un homme « pragmatique et concret », il se dit ouvert au dialogue, notamment si Mario Draghi se montre disposé à discuter baisse des impôts pour les ménages et les entreprises.

Pour l’heure l’ancien patron de la BCE a un emploi du temps fort chargé. Lundi 8 février, il a entamé son deuxième tour de consultations avec les représentants des syndicats et du patronat. Au cours de la semaine, il rencontrera également les différents délégués des partis représentés au Parlement, avant de rendre ses conclusions au président Mattarella dans le courant du 10 au 11 février et de prêter serment. Bien que pour l’instant l’économiste attire la sympathie des Italiens qui lui accordent 71% d’opinions favorables, contre 65% pour Giuseppe Conte, il lui reste encore un long chemin à entreprendre afin de créer un consensus durable entre les différentes formations politiques qui constituent le Parlement, tout en assurant une gestion efficace de la crise sanitaire et de ses dommages collatéraux.

                                   

Sur le même sujet
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Rome !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.