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Matteo Berrettini : premier Italien accédant à la demi-finale de l’Open d’Australie

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 31/01/2022 à 20:23 | Mis à jour le 02/02/2022 à 16:01
Matteo Berrettini, en pleine préparation de revers slicé, contre Rafael Nadal en demi-finale

Grâce à sa victoire en cinq sets contre Gaël Monfils, l’Italien de 25 ans devient le premier transalpin à accéder à une demi-finale à Melbourne. Déjà finaliste à Wimbledon l’été dernier, Berrettini confirme qu’il faudra compter sur lui pour les années à venir.

 

Un quart de finale disputé

Il aura néanmoins dû batailler près de 4 heures pour se défaire du Français, n°16 mondial qui avait profité de l’absence de Djokovic dans sa partie de tableau pour se hisser jusqu’en quart de finale. Après le gain des deux premiers sets, où il a affiché un niveau de jeu impressionnant, l’Italien a baissé de rythme laissant Monfils revenir à deux sets partout. En perdition dans le quatrième set, Berrettini a su trouver un second souffle dans le dernier set pour s’offrir une demi-finale de rêve contre Rafael Nadal. Jannick Sinner, l’autre Italien encore engagé dans la compétition, n’a pas su résister aux services de Tsitsipas. Le Grec, impressionnant de réalisme, a converti toutes ses balles de break. Il n’y aura donc pas de doublé italien en demi-finale de l’Open d’Australie, une performance qui aurait été inédite.

 

Après un parcours difficile, une défaite logique contre Nadal

Pourtant, Berrettini n’a pas hérité d’un tableau facile. Ecartant avec autorité des adversaires plus modestes lors des deux premiers tours (Nakashima et Kozlov), il a croisé la route du prodige espagnol de 18 ans Pablo Alcaraz au troisième tour. Le combat de cinq sets, finalement remporté par l’Italien, a été l’un des plus beaux matchs du tournoi. En huitième de finale, le toujours coriace Carreno Busta n’a pas su inquiéter « The Hammer », balayé en trois sets. Matteo Berrettini doit son surnom à son service sans faille, capable d’envoyer des premières balles à plus de 200km/h pendant cinq heures et de martyriser ses adversaires avec des coups droits surpuissants. Mais Rafael Nadal a finalement mis fin à son joli parcours. L’espagnol était intouchable dans les deux premiers sets, et malgré une baisse de régime qui a permis à l’Italien d’arracher le troisième set, le Majorquin a conclu le match avec un dernier set solide.

 

Berrettini, symbole du renouveau du tennis italien

Les récentes performances de Matteo Berrettini illustrent le retour du tennis italien masculin au premier plan. En effet, celui-ci a longtemps compté sur le tableau féminin avec une génération de joueuses dorée (Flavia Pennetta, Roberta Vinci, Francesca Schiavone, Sara Errani). Angelo Binaghi, président de la fédération italienne de tennis depuis 2001, est à l’origine de ces pépites (Jannick Sinner, à peine 20 ans, parvient régulièrement à se hisser en quart de finale des Grands Chelems). Dans une interview accordée à l’Equipe, il explique qu’il a modifié le système de formation pour le rendre plus méritocratique en s’inspirant du modèle français. Cette restructuration semble aujourd’hui porter ses fruits. La Next Gen italienne monte, même si elle se heurte encore aux trois survivants du Big Four (depuis sa sérieuse blessure à la hanche, Andy Murray peine à retrouver son niveau du début des années 2010) qui continuent de cannibaliser les grands Chelems (la victoire historique de Nadal contre Medvedev en témoigne).

 

Le tennis italien a donc de beaux jours devant lui, notamment lorsque les Nadal, Federer et Djokovic mettront enfin un terme à des carrières inégalables.

 

Clément Lefebvre

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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

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