Les ministres Adolfo Urso et Sébastien Martin ont signé une déclaration conjointe pour protéger l’industrie européenne. Compétitivité et coopération industrielle étaient au cœur du Forum bilatéral.


Quelques jours après le dîner informel des « Amis de l’industrie » – le 25 février – et la réunion du Conseil « Compétitivité » à Bruxelles – le 26 février –, le 3ème Forum de coopération industrielle s’est tenu mardi 3 mars 2026, dans le cadre du traité du Quirinal. À cette occasion, le ministre italien des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso et le ministre délégué français chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, se sont rencontrés au Palazzo Piacentini, siège du Mimit. Les deux responsables politiques ont signé une déclaration conjointe, avec la préférence européenne en fil rouge. « L’Italie et la France s’engagent ensemble à protéger la compétitivité – donc les entreprises et l’emploi – en Europe, face à la concurrence déloyale provenant d’autres continents, tout en ouvrant, lorsque cela est possible, de nouveaux marchés pour nos entreprises », a commencé Adolfo Urso. Le ministre délégué à l’Industrie de la France a confirmé : « L’avenir de notre continent est un avenir industriel ».
Compétitivité et protection
Près de 70 ans après la création du marché intérieur – traité de Rome en 1957 –, le sujet reste central. Les deux axes aujourd’hui mis en avant : l’amélioration de la compétitivité européenne et la protection de ses industries. En cela, les ministres ont évoqué la simplification des procédures. « Il n’est pas normal que des procédures antidumping ou antisubventions, destinées à protéger les entreprises victimes de pratiques déloyales, prennent 18 à 24 mois », explique Sébastien Martin.
La déclaration commune promet de défendre les industries automobile et énergivore, « piliers du tissu productif européen ». En cela, les ministres ont annoncé vouloir renforcer le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM). Actuellement, l’outil impose un prix carbone sur les produits importés (acier, ciment, électricité, engrais, aluminium, hydrogène) égal à celui des producteurs européens, afin d'éviter la fuite de carbone et d'encourager la décarbonation mondiale. Rome et Paris souhaitent que le CBAM s’applique également aux productions issues de ces matières.
Le texte conjoint aborde l’introduction de critères « Made in Europe » dans les secteurs stratégiques : automobile, technologies net-zero (batteries, panneaux solaires), industries énergivores, puis semi-conducteurs et médicaments critiques. Les risques liés aux modèles d’ultra fast fashion ont également été abordés.
2026, l’année pour orienter les réformes européennes
L’objectif affiché : orienter les institutions européennes vers des réformes qui redonnent de la compétitivité aux entreprises du continent. « L’Italie et la France, avec l’Allemagne, en tant que pays fondateurs, doivent indiquer la voie », affirme Adolfo Urso. Le terme de « préférence européenne » a été utilisé à plusieurs reprises.
Déjà annoncé en janvier 2026 lors d’une réunion en visioconférence entre les deux représentants, Adolfo Urso a insisté : « 2026 doit être l’année des réformes ». Le ministre italien, également délégué aux Politiques Spatiales et Aérospatiales, a annoncé des prochaines rencontres bilatérales avec les ministres français chargés de l’espace et du numérique. « Le nouveau conflit [au Moyen-Orient] aux frontières de l’Europe doit encourager les questions d’indépendance énergétique », a-t-il souligné.
À l’issue de la conférence de presse, Adolfo Urso et Sébastien Martin ont visité le site de Thales Alenia Space (TAS) au technopôle de Rome Tiburtina. TAS est un modèle de réussite en matière de coopération franco-italienne. Détenu à 67 % par Thales et à 33 % par Leonardo, le constructeur spatial illustre concrètement les synergies entre les deux pays en matière de recherche, de développement et de production de systèmes spatiaux d'excellence européenne.
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