Le projet d’installation d’un McDonald aux thermes de Caracalla soulève les passions

Par Noé MALAPRIS | Publié le 18/12/2021 à 12:44 | Mis à jour le 18/12/2021 à 12:44
Photo : visitonsrome.com
Les thermes de caracalla

La chaîne de restauration rapide américaine projette d’implanter un restaurant juste derrière les thermes de Caracalla, site historique protégé. Après une première déboute par le tribunal administratif du Latium en mai 2020, McDonald’s revient à la charge et a déposé un recours devant le Conseil d’Etat.

 

Caracalla, empereur de 211 à 217, n’a pas régné très longtemps ; il a en revanche laissé un leg fabuleux à la Ville éternelle. Ces thermes colossaux et splendides, inaugurés en 216, font aujourd’hui partie des ruines de thermes les mieux conservées à notre époque. C’est donc tout naturellement que la protection de ce site, historique et touristique, importe à de nombreux acteurs publics et associatifs, souhaitant conserver l’authenticité du lieu.

 

Un projet contesté

La multinationale californienne est déjà bien implantée en Italie, avec 615 restaurants. Son objectif, avec ce projet, est de proposer à ses clients de manger avec une vue sur ces thermes vieux de 18 siècles.

Dans un premier temps, la région du Latium n’a pas vu de problème à ce que l’emblème de la malbouffe jouxte un monument historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle a donc donné son feu vert au projet, en 2015. Quatre ans plus tard, le ministère de la Culture s’y est opposé, avec le soutien de la maire d’alors, Virginia Raggi. Cette affaire fit l’objet d’un scandale médiatique ; de nombreuses voix se sont élevées face au dessein de McDonald’s. Il est inacceptable, pour les opposants, que soit exhibée ce qu’ils considèrent comme la médiocrité de notre époque, face à un témoin de la grandeur romaine. Stefano Marin, conseiller municipal à l’environnement, est engagé contre ce projet et l’a fait savoir. Il a notamment demandé au ministre de la Culture Dario Franceschini de « prendre des mesures claires pour protéger la zone », comme il l’a relaté au site Roma Today.

 

Des arguments qui provoquent un recours au Conseil d’Etat

D’après McDonald’s, si la mairie de Rome et le ministère de la Culture se sont opposés au projet, c’est avant tout par opportunisme politique, au regard du tapage médiatique lié à l’affaire. Cet argument n’a pas convaincu les juges administratifs, et les avocats de la multinationale tenteront de persuader le Conseil d’Etat de renverser la décision, le 21 décembre prochain. McDonald’s n’a en effet pas la moindre attention d’abandonner son idée : le nouveau restaurant serait grand de 800m², et coûterait 1,3 million d’euros. Affaire à suivre…

 

Noé MALAPRIS

Noé MALAPRIS

Étudiant à Sciences Po, j'ai la chance de passer ma 3e année à Rome, où j'effectue un stage d'un semestre au Petit journal.
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Marie Astrid Roy

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