La reconnaissance prochaine de la tradition truffière italienne par l’Unesco ?

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 16/12/2021 à 07:00 | Mis à jour le 16/12/2021 à 07:00
Des truffes italiennes posées sur une planche à découper

La truffe va-t-elle rejoindre le violon de Crémone et le pizzaiolo napolitain, devenant ainsi le quinzième élément italien dans la liste du patrimoine immatériel de l’humanité ? Une nouvelle étape a été franchie le 15 novembre dernier, avec l’avis positif de l’organe d’évaluation de l’Unesco.

 

Un savoir-faire à protéger

Ce n’est pas la truffe en tant qu’agrément culinaire, ou l’une des vingt-cinq variétés que l’on trouve sous le sol italien, qui serait inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’inscription concerne en effet un ensemble de pratiques, comportant les techniques de recherche, à laquelle participe le chasseur de truffes (le tartufaio en italien), accompagné de son chien entraîné à reconnaître l’odeur du précieux champignon, ainsi que les techniques de récolte. Les truffes poussant de dix à trente centimètres sous terre, leur excavation nécessite effectivement une bonne pratique afin de n’endommager ni les truffes ramassées, ni les plants truffiers.

Une reconnaissance au niveau international permettrait de protéger ces traditions rurales. Selon le dossier de candidature présenté à l’Unesco, cela favoriserait la transmission au-delà des familles, en organisant des évènements, ainsi que des formations au sein des écoles, au niveau local. Les échanges internationaux entre les connaisseurs, notamment pour partager des pratiques de préservation des écosystèmes truffiers, pourraient se développer.

Cette reconnaissance s’ajouterait à la protection légale existant au niveau national, depuis une loi adoptée en 1985, fondant un cadre normatif en matière de récolte, culture et commerce des truffes.

 

Un marché économique florissant

Bien que l’aspect économique ne soit pas le premier mis en avant, il existe une indéniable motivation économique à la protection du savoir-faire des truffiers. Les 73 600 tartufai possédant leur permis de récolte n’en vivent pas tous, mais cela reste un marché très profitable, représentant environ 400 millions d’euros annuels. La plus célèbre espèce, la truffe blanche d’Alba, dont 99 % vendue dans le monde est italienne, se vend autour de 3500 euros le kilogramme.

 

Une longue procédure qui touche à sa fin

Le processus d’inscription à la liste, nécessitant une importante documentation et une justification du besoin de sauvegarde, avait été entamé en 2013, notamment par l’action conjointe de la Fédération nationale des associations des tartufai italiens et l’association nationale Città del Tartufo.

La proposition a d’abord dû être validée par la Commission nationale italienne pour l’Unesco, avant d’être transmise à Paris, à l’organe d’évaluation de l’institution, ayant émis son avis positif le 15 novembre dernier. La décision finale sera prise par le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, à l’issue de sa session qui se tient actuellement (du 13 au 18 décembre). Rendez-vous dans quelques jours pour connaître le verdict !

 

Eléné Pluvinage

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Marie Astrid Roy

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