Une étude alerte sur la pollution du Tibre au niveau de Rome

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 28/03/2022 à 18:18 | Mis à jour le 29/03/2022 à 14:35
Tibre

Les eaux du fleuve romain comportent des doses trop élevées de substances polluantes, confirme une étude menée par l’Association A Sud, alertée par la mort anormale des poissons dans le Tibre.

« Le Tibre est le fleuve le plus propre du monde », déclarait Erasmo D’Angelis, secrétaire général de l’Autorité du district du bassin de l’Apennin central, il y a deux mois. Mais dans l’imaginaire romain, le fleuve qui traverse la capitale est réputé pour sa pollution, une image confirmée par les morts répétées des poissons du Tibre, flottant à sa surface et accompagnant de leur odeur nauséabonde tout promeneur s’aventurant à proximité du fleuve.
Une étude qui vient d’être publiée vient confirmer cette réputation : le Tibre comporte en doses trop élevées des substances polluantes.

Une étude pour faire le bilan de santé du Tibre

L’étude, financée par la fondation humanitaire Charlemagne dans le cadre du projet RomaUp, a été conduite par l’association A Sud en collaboration avec la Coordination romaine Eau publique. L’écologue fluviale Bruna Gumiero a apporté son expertise scientifique, et de nombreux citoyens se sont investis dans le projet.
Les épisodes répétés de morts de poissons, dont les causes n’ont pas été scientifiquement confirmées, ont motivé le lancement de l’enquête. Cette dernière, intitulée « Giù al Tevere » a été menée pendant un an, par le biais de prélèvements mensuels à sept points de contrôle le long du fleuve, de l’entrée à la sortie de Rome.

Les éléments qui polluent le Tibre

Résultat : le Tibre entre relativement propre dans la ville, mais il était abondement pollué au cours de sa traversée. Les prélèvements ont révélé la présence d’ammoniac, de glyphosate, un pesticide déjà trouvé lors de la mort des poissons, ainsi qu’un taux élevé en Escherichia coli, une bactérie fécale, présente à des taux supérieurs à la limite définissant une eau de baignade.
Deux points se sont révélés particulièrement pollués : là où le cours d’eau Aniene se jette dans le Tibre (au nord de la Villa Ada Savoia) et juste après la station d’épuration de Roma Sud.

A ces endroits, les taux de bactéries dépassent de 4 et 8 fois les valeurs maximales.
Toutes ces substances mettent en danger la biodiversité tibérine, tout en éloignant la perspective rêvée de rendre un jour possible la baignade dans le Tibre au niveau de Rome.

 

Eléné Pluvinage

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