Un député italien fait son coming-out

Par Noé MALAPRIS | Publié le 10/11/2021 à 09:45 | Mis à jour le 10/11/2021 à 13:33
Un député italien fait son coming-out - spadafora

Vincenzo Spadafora, ancien ministre du Gouvernement Conte et actuel député italien, a fait son coming-out lors de l’émission Che tempo che fa diffusée sur la Rai3.

 

Invité pour parler de son livre, Senza riserve, M. Spadafora a décidé d’assumer son homosexualité, qu’il évoque dans l’ouvrage. S’il a déclaré ne pas vouloir s’épancher sur sa vie privée, car il estime que la vie privée doit le rester, sa responsabilité en tant que personnage public a pris le dessus dans son choix de révéler son homosexualité. Et s’il indique qu’il l’a fait avant tout pour se sentir bien dans sa peau, il y a une part d’exemplarité non-négligeable dans un pays où l’homosexualité est encore un tabou que beaucoup n’osent dévoiler.

 

La scène politique italienne remise en question

D’après Spadafora, l’une de ses motivations est que la vie politique italienne est encore intolérante à ce genre de démarche. Il explique même que son homosexualité, qui était manifestement un secret de polichinelle au sein de la classe politique, était utilisée contre lui pour le déstabiliser : « Cette question dans la politique est malheureusement encore utilisée pour blesser l'adversaire ». Au-delà de la politique, c’est toute la société italienne qui doit selon lui faire des progrès : « Si nous étions un pays plus avancé culturellement, notamment en matière de droits, peut-être n'aurions-nous pas ces débats ». Emu et applaudi par les spectateurs présents au fond du plateau, le député a voulu soutenir la cause LGBT en Italie : « C’est une façon aussi pour moi de témoigner de mon engagement politique. Pour tous ceux qui se battent chaque jour pour leurs droits et qui ont moins d'occasions de le faire que j’en ai, grâce à mon travail »

 

Une déclaration en pleine polémique

Ce coming-out survient en pleine polémique après que le Sénat italien a rejeté le projet de loi Zan le mercredi 27 octobre. Alors que le projet de loi Zan, qui prévoyait de punir les actes de discrimination et d’incitation à la violence contre les personnes homosexuelles, transgenres et handicapées, avait été adopté par la chambre des députés, il a finalement été bloqué par les sénateurs fin octobre. La majorité sénatoriale s’était félicitée de ce vote négatif, tandis que l’opposition s’en était insurgée de même qu’une grande part de la classe politique. De grandes manifestations se sont tenues dans la foulée de ce vote.

 

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Noé MALAPRIS

Noé MALAPRIS

Étudiant à Sciences Po, j'ai la chance de passer ma 3e année à Rome, où j'effectue un stage d'un semestre au Petit journal.
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Marie Astrid Roy

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