Le ministère de la Culture a annoncé l’acquisition du « Portrait de Monseigneur Maffeo Barberini » mardi 10 mars. Cet investissement fait partie d’un projet de valorisation du patrimoine italien.


L’Ecce Homo du sicilien Antonello da Messina et maintenant le Portrait de Monseigneur Maffeo Barberini du Caravage. Depuis son dernier achat annoncé le 9 février 2026, l’État italien continue d’acquérir des œuvres. Il a annoncé ce mardi 10 mars avoir acheté le tableau du peintre lombard pour 30 millions d’euros, « après un an de négociations » précise le communiqué du ministère de la Culture. Il sera intégré aux collections permanentes du Palazzo Barberini.
Une œuvre rare du Caravage
Dans le corpus limité des toiles attribuées avec certitude au Caravage – environ 65 œuvres dans le monde –, seules trois sont des portraits. C’est pourquoi, l’œuvre attribuée au maître du clair-obscur par Roberto Longhi en 1963, est particulièrement rare.
Le Portrait de Monseigneur Maffeo Barberini représente le futur pape Urbain VIII (1568-1644) vers l’âge de trente ans, alors qu’il est clerc de la Chambre apostolique, à un moment crucial de son ascension au pouvoir. L’historien et critique d’art Roberto Longhi y voyait l’un des moments fondateurs du portrait moderne, inaugurant une nouvelle intensité psychologique et une capacité à représenter la présence vivante du personnage.
Entouré d’autres Caravage
Le chef d’œuvre n’est pas un inconnu des salles des Galeries nationales d’art ancien. Pendant les négociations, grâce à un accord avec les propriétaires – dont l’identité n’a pas été précisé par le ministère –, le tableau avait déjà été exposé au public pendant plusieurs mois, de novembre 2024 jusqu’à la fin de l’exposition Caravaggio 2025 en juillet.
L’acquisition revêt une valeur symbolique pour le Palazzo Barberini du fait de la composition de ses collections muséales. Le tableau pourra dialoguer avec les quatre autres Caravage détenus par l’institution : Judith décapitant Holopherne, Narcisse, Saint Jean-Baptiste et Saint François. L’acquisition en 1971 de Judith décapitant Holopherne par l’État italien avait marqué un moment décisif dans la redécouverte moderne du peintre et contribué à renforcer la présence des œuvres de Caravage dans les collections publiques italiennes.
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« Renforcement du patrimoine »
L’achat, conclu pour 30 millions d’euros, représente l’un des investissements les plus importants jamais réalisés par l’État italien pour l’achat d’une œuvre d’art. Alessandro Giuli, ministre de la Culture, a indiqué [que] « Cette acquisition, ainsi que celle, récente, de l’Ecce Homo d’Antonello da Messina, s’inscrit dans un projet plus vaste de renforcement du patrimoine culturel national ».
Le dernier achat en date : le théâtre Sannazaro à Naples, parti en fumée lors d’un incendie le mois dernier. « Le ministère de la Culture achètera le théâtre et mettra à la disposition des gestionnaires un espace qui pourrait également se trouver à l’intérieur du Palais Royal de Naples, afin que les activités théâtrales puissent se poursuivre », a assuré le ministre italien de la Culture, dans un communiqué publié mercredi 11 mars.
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