Vendredi 23 avril 2021

Immersion à l’intérieur de la Galleria Doria-Pamphilj

Par Juliette Haudidier | Publié le 06/03/2021 à 07:00 | Mis à jour le 06/03/2021 à 07:00
Galleria Doria Pamphilj

Le nouveau décret a autorisé la réouverture des musées, l’occasion parfaite pour redécouvrir les plus somptueux palais romains. Le Palais Doria Pamphilj appartient à l’une des plus anciennes familles italiennes et abrite une incroyable collection d’œuvres d’art. 

 

Situé au croisement entre la via del Corso et la via della Gatta, le palais reconvertit en musée privé a été construit au XVIème siècle. Il appartenait à l’origine au cardinal Fazio Santoro, puis au début du XVIIème siècle, c’est le cardinal Pietro Aldobrandini qui l’acquière et le fait devenir partie intégrante de la dot de sa nièce : Olimpia Aldobrandini.

 

Une histoire d’amour shakespearienne

Cette dernière est la seule héritière de la fortune familiale et son mari le Prince Paolo Borghese vient de mourir. L’année suivante, en 1647, elle se remarie avec Camillo Pamphili, neuve du pape actuel Innocent X. Follement amoureux, Camillo Pamphili, alors « cardinale nipote », décide de renoncer à son titre et à ses nombreux avantages pour devenir le mari d’Olimpia. Fous de rage, la mère de Camillo, Olimpia Maidalchin et son oncle, le Pape refusent d’assister à l’union. Le mariage est heureux et Olimpia Pamphili donne naissance à cinq enfants, dont Anna Pamphili. Cette dernière épouse à son tour l’aristocrate génois Giovanni Andrea III Doria-Landi. Lorsque la branche romaine de la famille disparait en 1760 ce sont les descendants de cette union qui héritent du palais à Rome. C’est pourquoi, on peut également visiter le Palazzo Doria à Gênes.

 

Camillo Pamphili
Buste de Camilo Pamphili, exposé à la Galeria Doria-Pamhilj

 

Une collection digne des plus célèbres palais de la Renaissance

La collection est composée de l’héritage de la famille Aldobrandini qui est partagée entre Gianbattista Pamphilj et Gianbattista Borghese.  (Ses biens alimentent la Galerie du même nom). Le prince Camillio et ses successeurs notamment son fils le cardinal Benedetto Pamphilj, tous deux amoureux des Arts enrichissent la collection familiale. De plus, ils prévoient que cette dernière soit protégée par deux fidéicommis qui empêchent la dispersion des biens.

Aujourd’hui, on peut admirer dans la galerie des œuvres des plus illustres artistes de la Renaissance. En effet, le musée expose deux bustes sculptés par le Bernin à l’effigie du pape Innocent X. Mais également, on peut plusieurs œuvres du Caravage telles que La Madeleine Repentante, Repos pendant la Fuite en Égypte ou encore Saint Jean-Baptiste. Enfin, le musée ne contient pas seulement des chefs d’œuvres italiens mais aussi espagnol avec un célèbre portrait réalisé par le peintre espagnol : Diego Velasquez.

 

Une muséographie originale

Dans un premier temps, le palais est pensé pour permettre l’exposition des collections au public. C’est pourquoi, la muséographie du lieu est particulière. Initialement, issue d’un plan d’accrochage du XVIIIè siècle, elle est réutilisée dans les années 1990. Les Tableaux sont superposés sur 2, 3, 4 voire même 5 niveaux dans de longues galeries. Sans cartels ni informations, les noms des artistes sont directement inscrits sur les cadres des œuvres.

Cette classification particulière peut dérouter le public moderne qui n’est pas habitué à voir des tableaux empilés les uns sur les autres. Ainsi, pendant sa visite, ce dernier est invité à déambuler à travers les différentes salles et salons, tous plus fastueux que les autres, bercés par le doux son de l’audioguide.  Fourni sans frais supplémentaires à chaque visiteur, c’est l’un des héritiers de Camillo Pamphilj qui raconte avec humilité et amusement l’histoire de ses illustres ancêtres.

 

La Galleria ouvre du lundi au vendredi à 17h

Il faut envoyer un mail directement à la billetterie pour procéder à la réservation des places à l’adresse suivante.  

 

Nous vous recommandons

Juliette Haudidier

Juliette Haudidier

Juliette est étudiante en 3ème année à Sciences Po Paris et effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
0 Commentaire (s)Réagir

Vivre à Rome

TÉMOIGNAGES

Témoignage : Vivre un Erasmus à Rome en temps de Covid

Carolina, Mathilde et Aurore témoignent pour la rédaction de leur année d’Erasmus à la Sapienza, une expérience qui, malgré la pandémie, est décrite comme épanouissante et enrichissante.

Expat Mag

MEDIAS

Fill’expat: le podcast au féminin pour sauter le pas de l’expatriation

Fill’expat, c’est le podcast francophone qui donne les clés pour s’expatrier. Toutes les semaines, Kelly Barichello interroge des femmes francophones qui ont fait le choix de s’installer à l’étranger.