Édition internationale

RENCONTRE - Voyage au Col de l'Ange avec Simonetta Greggio

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Engagée, heureuse de vivre et accessible, Simonetta Greggio répondra ce soir aux questions des lecteurs au Centre culturel, à l'occasion de la sortie en italien de Col de l'Ange. Originaire de Padoue, Simonetta vit à Paris depuis une vingtaine d'années et écrit en français. Rencontre

Lepetitjournal.com : Pourquoi êtes-vous venue vivre à Paris ?
Simonetta Greggio : J'aime beaucoup Rome, mais je voulais devenir écrivain et il fallait que cela aille plus vite. Je rêvais de liberté. Roma mi stava stretta (NDLR : Je me sentais à l'étroit à Rome). Je n'aimais pas Milan. J'aurais pu partir à New York, mais c'est très loin. A Paris, j'ai fait des études de lettres et en parallèle plein de petits boulots : femme de ménage, baby-sitter, vendeuse? puis journaliste. J'ai appris le français grâce à la lecture. Aujourd'hui, je ne fais que ce qui me plait. Vivre de mon écriture est l'aboutissement d'un rêve d'enfance.

Pourquoi écrivez-vous en français ?
Cela s'est fait naturellement. En tant que journaliste, j'écrivais dans les deux langues. J'ai envoyé des manuscrits en italien et d'autres en français, la France s'est montrée plus rapide. J'aimerais beaucoup avoir un jour un contrat en italien.

Col de l'Ange vient de sortir en italien. Que pensez-vous de la traduction ?
Je suis contente de cette traduction. Je n'avais pas le temps de la faire moi-même. Je l'ai relue au fur et à mesure, puis à la fin dans l'ensemble. J'ai laissé des francesismi (gallicismes) lorsque les mots italiens ne me plaisaient pas. Par exemple le verbe "épingler"(au mur) en français colle parfaitement à l'image que j'avais dans la tête. 

"C'est toujours toi, mais il y a tellement de façons de dire les choses"

Dans Col de l'Ange, on sent un environnement hostile, beaucoup de violence et d'angoisse. Etes-vous cependant optimiste ?
La douceur des hommes est un livre vraiment optimiste. Je ne voulais pas qu'on me donne cette casquette. Un écrivain construit son devenir, chaque livre est une marche. C'est toujours toi, mais il y a tellement de façons de dire les choses. Je pars d'une image et l'histoire se déroule à partir de cela. Pour Col de l'Ange, c'était cette fille princesse dans ce village enneigé. Blue dans la neige. Nunzio et Marcus sont arrivés après. J'ai mis presque deux ans à construire le livre autour de cette image.

Nunzio est comme un ange gardien pour Blue. Pour vous, qu'est-ce que la mort ?
Je ne crois pas à la mort. La vie doit être utile à chaque instant, je n'arrive pas à concevoir que cela se termine dans le néant. Personne ne peut le concevoir. Il existe des mondes parallèles.

"Je ne crois pas à la mort, je n'arrive pas à concevoir que cela se termine dans le néant"

Quel est le sens de la vie ?

Je ne parle que de cela dans mes livres. C'est le fait de se réveiller le matin en pensant que c'est encore une journée dont je vais tirer le maximum. Le soir, on se dit que l'on a réussi à faire quelque chose. On voit des personnes tomber autour de soi, on leur doit l'effort de vivre. Il faut vivre pour eux, leur dédier ce qu'il y a de meilleur. Il faut être utile et faire les bons choix. Chaque décision a un retentissement sur soi et sur les autres. 

Blue ne prend pas beaucoup de décisions?
Blue est un personnage que j'aime, mais elle n'est pas très intelligente. Elle est déterminée par une souffrance, c'est le jouet d'un destin. Mon prochain personnage sera plus engagé. Fosca dans La douceur des hommes était légère mais aussi très consciente.

"Je suis croyante et catholique, mais je suis prête à l'apostasie"

Vous donnez une conférence au Centre culturel ce soir, quels thèmes allez-vous aborder ?

Je vais parler de ma vision de la littérature. Je suis une dévoreuse de livres, c'est ce que je fais de mieux ! Lorsque l'on met les gens à l'aise, les questions viennent toutes seules. 

L'Italie vous manque-t-elle ?
L'Italie me manque beaucoup, mais il y a trop de choses que je n'aime pas. Je ne supporte pas la mainmise du Vatican sur le politique et sur la société. Je suis croyante et catholique, mais je n'accepte pas d'être un otage passif des brigades de l'Eglise. C'est pourquoi je suis prête à l'apostasie, je compte renoncer à mon baptême.

Et en France, qu'est-ce que vous ne supportez pas ?
Sarkozy?

Que pensez-vous de sa romance avec Carla Bruni ?
Je ne vais plus chez le coiffeur pour être sure de ne pas en entendre parler !
Propos recueillis par Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 24 janvier 2008


Rencontre au Centre culturel

Jeudi 24 janvier : rencontre avec Simonetta Greggio, son livre Col de l'Ange vient d'être traduit en italien chez Corbaccio, 18h30, entrée libre, Corso Magenta 63, culturemilan.com, à propos du livre :
www.editions-stock.fr 

Bibliographie
La douceur des hommes (Editions Stock, 2005), La dolcezza degli uomini (Corbaccio, 2006)
Etoiles (Editions Flammarion, 2006)
Col de l'ange (Editions Stock, 2007), Passo dell'Angelo (Corbaccio, 2008)

lepetitjournal.com Milan
Publié le 24 janvier 2008, mis à jour le 13 novembre 2012
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