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Elections législatives en Italie : une campagne plus qu'incertaine

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 07/01/2018 à 22:30 | Mis à jour le 23/01/2018 à 13:13
Photo : Situé à Rome, le Palazzo Montecitorio abrite le Parlement italien / Wikimedia commons
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Lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d’année, le président de la République italienne Sergio Matarella a officiellement dissous le Sénat et la Chambre des députés, lançant ainsi officiellement le début de la campagne électorale. Bilan d’une législature tourmentée et prévisions sur une campagne plus qu’incertaine en vue du scrutin du 4 mars prochain.

 

Le renouvellement du dernier Parlement date de février 2013 et a connu de nombreux tourments. La législature aura notamment connu trois chefs du gouvernement successifs : Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni. La prochaine élection, dont l’issue demeure très incertaine, devrait profondément chambouler la donne.


Bilan mitigé

« La législature a été tourmentée mais fructueuse », a annoncé le président de la République en ouverture de sa conférence de presse le 28 décembre dernier.
Après avoir été longtemps repoussées, deux grandes lois sociétales ont été adoptées : celle sur l’union civile des couples homosexuelles et il y a quelques semaines seulement, la loi sur la fin de vie.
Reste que la législature se clôture sur un échec. Au grand regret du président du Conseil Paolo Gentiloni, la réforme du code de nationalité avec l’introduction du droit du sol n’a pas été adoptée. Les 800.000 enfants nés en Italie de parents étrangers ou arrivés dans le pays en bas âge et depuis parfaitement intégrés, ne bénéficieront donc pas de la réforme pour devenir Italiens. Avec la ferme opposition de la droite proche de Silvio Berlusconi, de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, aucune majorité sur le texte au Sénat lors du vote fin décembre n’a pu être rassemblée, alors qu’il avait été voté sans difficulté par la Chambre des députés.

Sur le plan économique, l’Italie est bien sortie de la récession : « le pays s’est remis en mouvement après la pire crise de l’après-guerre », a rappelé le président de la République. La croissance en 2017 (1,5%) a même largement dépassé les prévisions (0,8%). Au niveau de l’emploi, si le chômage s’est stabilisé à 11 %, la situation des jeunes italiens reste la pire d’Europe (après la Grèce) avec 35% de chômage.

Blocage politique ?

Le scrutin du 4 mars 2018 sera une grande première ! Il se déroulera selon la nouvelle loi électorale, laborieusement adoptée en octobre dernier après de nombreuses et longues tractations. Le Rosatellum (non de la loi), se veut un système principalement proportionnel avec une petite part de scrutin majoritaire. Aussi, près de 400 des 630 députés seront élus au scrutin proportionnel. Au Sénat, 196 des 315 sièges seront renouvelés à la proportionnelle. Les partis devront par ailleurs dépasser les 3% des voix pour obtenir des élus à la proportionnelle et 10 % pour une coalition. Cela pour éviter la fragmentation du Parlement.

Mais d’après les sondages actuels et de nombreux commentateurs, ce dispositif électoral ne devrait pas permettre de désigner un vainqueur clair ni une majorité pour gouverner. D’autant que le M5S, qui arrive en tête des sondages, refuse par principe toute alliance.

D’ici au scrutin, Paolo Gentiloni restera en fonction pour gérer les affaires courantes. Il ne présentera sa démission que lors de l’entrée en fonction du nouveau Parlement, le 23 mars prochain. Voire davantage en cas de blocage persistant.

 

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