Édition internationale

L'économie italienne en chiffres-clés début 2026

Production industrielle et exportations en hausse, chômage au plus bas mais accélération de l’inflation… Zoom sur les chiffres principaux de l’économie de l’Italie et ses prévisions en 2026.

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Photo de Emma Fabbri sur Unsplash
Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 18 janvier 2026

La production industrielle retrouve un signe positif

L’Italie industrielle rallume les moteurs. Les chiffres de l'Istat montrent une phase de reprise généralisée, avec une croissance moyenne de 1,5 % par rapport au mois précédent et de 1,4 % en termes annuels.

Tous les principaux groupes industriels - énergie, biens de consommation, biens intermédiaires et biens d'équipement - ont enregistré des hausses mensuelles positives, à l'exception des biens de consommation durables. La production du secteur pharmaceutique et celle des équipements, avec une croissance annuelle d'environ 2,5 %, sont en tête du classement, suivies par la production d'énergie, l'activité extractive ainsi que le secteur alimentaire et du tabac, tous avec une croissance moyenne supérieure à 2 %. À l'opposé, les secteurs des transports, du textile et de l'habillement ont été les plus à la traîne, avec une contraction de 5,6 % sur une base annuelle. Cela représente toutefois une amélioration par rapport au début de 2025, lorsque ces deux secteurs enregistraient une contraction à deux chiffres sur une base annuelle.

L’Italie devient le quatrième exportateur mondial

L’Italie a terminé l’année 2025 sur une excellente nouvelle. Le pays a conquis la quatrième place parmi les principaux exportateurs mondiaux en surpassant le Japon, et juste derrière l’Allemagne, d’après les chiffres communiqués par l’OCDE le 21 novembre dernier. Il s’agit d’un véritable bond en avant : il y a dix ans, l’Italie figurait en septième position des pays exportateurs.

Et selon les chiffres communiqués par l’Istat la semaine dernière, au cours des onze premiers mois de 2025, l'Italie a exporté pour 591,3 milliards d'euros de marchandises, enregistrant ainsi une augmentation tant en valeur (+3,1 %) qu'en volume (+0,4 %) par rapport aux onze premiers mois de 2024. L'augmentation de la valeur des exportations concerne les deux zones : l'UE (+4,1 %) et les pays hors UE (+2,1

Fort d’un solide tissu industriel composé principalement de PMI, le modèle italien se distingue par une diversification sans précédent de ses produits exportés. L'Italie est en effet le pays qui exporte la plus grande variété de produits vers le plus grand nombre de destinations.

La croissance des exportations est tirée par la hausse des ventes de produits pharmaceutiques, chimiques, médicaux et botaniques (+30,9 %), de métaux de base et de produits métalliques, à l'exclusion des machines et des équipements (+8,4 %), de moyens de transport, à l'exclusion des véhicules automobiles (+10,7 %) et de produits alimentaires, boissons et tabac (+4,3 %). Les marchés les plus performants sont la Suisse (+14,1 %), les pays de l'OPEP (+11,7 %), l'Espagne (+10,8 %), le Moyen-Orient (+7,9 %), les États-Unis (+7,9 %) et l'Inde (+7,6 %), souligne l’Istat.
La balance commerciale affiche un excédent de +44,7 milliards d'euros (+3,7 % par rapport à la même période en 2024) pour les 11 premiers mois de 2025, en grande partie attribuable aux échanges avec les pays hors UE.
Et bien que le déficit et la dette pèsent dans les finances du pays, la balance commerciale a enregistré un excédent de 54,9 milliards d'euros en 2024.

Les droits de douane américains restent toutefois une menace particulière pour l’Italie, plus que pour le reste de l’Europe. Rappelons que l'Italie est actuellement le premier exportateur européen de biens vers les États-Unis. Selon la Confindustria (équivalent du Medef), si la politique protectionniste promue par Washington se poursuit, les ventes italiennes puissent diminuer d'environ 17 milliards d'euros par an sur le marché américain.

 

Le chômage est au plus bas depuis plus de vingt ans

En novembre 2025, le taux de chômage tombe à 5,7 % (-0,1 point), son niveau le plus bas depuis le début des analyses de l’Institut national des statistiques en 2004. Le taux de chômage des jeunes baisse également en tombant à 18,8 % (-0,8 point). Le taux d'inactivité grimpe néanmoins à 33,5 %.

Marché de l’emploi en Italie: un record nuancé

Hausse de l’inflation  

En décembre 2025, l'indice national des prix à la consommation affiche une hausse de 0,2 % par rapport au mois précédent et de 1,2 % sur une base annuelle, en légère accélération par rapport aux +1,1 % du mois précédent. En moyenne, en 2025, les prix à la consommation augmentent de 1,5 %, contre 1 % en 2024.
L'accélération de l'inflation est principalement due aux services liés aux transports, qui passent de +0,9 % à +2,6 %, aux produits alimentaires non transformés (de +1,1 % à +2,3 %) et aux services divers (de +2 % à +2,2 %). En revanche, les biens non durables ont ralenti, passant de +1 % à +0,6 %, tout comme les services récréatifs, culturels et de soins personnels (de +3 % à +2,7 %). La baisse des prix des énergies réglementées s'est également accentuée, passant de -3,2 % à -5,2 %.

Au cours des cinq dernières années, les prix du « panier de la ménagère » ont augmenté beaucoup plus que l'inflation générale. Entre 2021 et 2025, l'indice global des prix augmente de 17,1 points, tandis que le panier de la ménagère affiche une hausse de +24 %, soit un écart d'environ sept points. Cette tendance a conduit l'Autorité de la concurrence à ouvrir une enquête.

Consommation et entreprises, la confiance augmente

En décembre, le climat de confiance des opérateurs économiques s'améliore : l'indicateur de confiance des consommateurs passe de 95 à 96,6 tandis que l'indicateur du climat de confiance des entreprises passe de 96,1 à 96,5.
« L'indice de confiance des entreprises atteint son plus haut niveau depuis mars 2024 », précise l’Istat, avec « une croissance soutenue par le secteur des services marchands ».
En ce qui concerne les consommateurs, c'est surtout la perception de leur situation personnelle et actuelle qui s'améliore. Si me climat futur reste à la traîne, il confirme malgré tout une dynamique positive.

Ces signes sont de bon augure pour l'avenir proche, si l’on considère que les estimations pour l'année qui vient de commencer ne laissent pas entrevoir de véritable rebond de l'économie.

L’instabilité mondiale freine la croissance italienne

Pour l'Italie, où le PIB a atteint un modeste +0,1 % au troisième trimestre 2025, la croissance s'annonce faible, d’après les prévisions de l’Istat.

L'Italie croît, mais sans élan. Selon les nouvelles projections macroéconomiques de la Banque d'Italie, le produit intérieur brut (PIB) augmentera de 0,6 % en 2025 et 2026, puis passera à 0,8 % en 2027 et à 0,9 % en 2028. Il s'agit d'un scénario d'expansion modérée, fondé sur un renforcement progressif de la demande intérieure et sur une contribution positive de la consommation et des investissements, soutenus par l'augmentation du revenu disponible réel et par les mesures du Plan national de relance et de résilience (PNRR). La Banque d’Italie précise que le contexte reste toutefois exposé à des risques importants liés à la situation internationale et à l'évolution des marchés financiers.
Ces prévisions sont en ligne avec celles de l’OCDE publiées le mois dernier. L’ Organisation de coopération et de développement économiques précise en outre que le déficit italien « sera ramené à 2,6 % du PIB en 2027, grâce à une contraction de la croissance des dépenses publiques d'investissement et de la masse salariale du secteur public ».

 

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