Ce vendredi 23 janvier, « Il falsario » rejoint le catalogue Netflix. Le film met en lumière l’histoire méconnue de l’artiste faussaire à qui l’on attribue le faux communiqué du Lac de la Duchesse. Plongée à Rome, dans l’Italie des années de plomb.


Devenir célèbre en tant que faussaire n’était pas son rêve. Le film de Stefano Lodovich raconte la dérive du talent, d’un cœur plein d’ambitions artistiques à la création de contrefaçons. Librement inspiré de la vie d’Antonio Chichiarelli et du roman Il falsario di stato de Nicola Biondo et Massimo Veneziani, la fiction arrive sur Netflix le 23 janvier 2026.
Un personnage troublant
« Oubliez la vérité un instant, car notre Toni, artiste et faussaire ayant vécu à Rome entre les années 1970 et 1980, nous l’avons transformé en un aventurier fanfaron, imparfait, parfois enfantin et profondément irrésolu », prévient le réalisateur en guise d’avertissement. Le surnommé « Toni » n’est pas un artiste comme les autres. Arrivé à Rome avec la volonté de faire connaître ses toiles, le peintre se heurte à un milieu où talent et motivation ne font pas la réussite. Il suffit d’une fois pour tomber dedans : un premier faux et puis c’est l’engrenage. Des copies du Portrait de Paulette Jourdain de Modigliani, de L’Autoportrait de Bernini et une autre du Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard de Jean-Louis David… jusqu’à une cruelle vérité : Antonio Chichiarelli est plus doué pour copier que pour créer.
L’interprétation de Pietro Castellitto – qui laisse sa casquette de réalisateur pour l’occasion – brosse le portrait d’un personnage complexe qui progressivement cède à la facilité. Il croise la route de Donata, une galeriste incarnée à l’écran par Giulia Michelini, qui découvre son talent pour reproduire n’importe quelle œuvre : elle le transforme en grand faussaire, très bien rémunéré. Parmi ses nombreuses entreprises figure la fabrication du célèbre faux communiqué du lac de la Duchesse, attribué aux Brigades rouges. Il est également connu pour avoir fréquenter les sphères de la Bande de la Magliana, des services secrets et de l’extrême droite.
Les années de plomb
Au cœur des années 1970-1980, le film se plonge dans les heures sombres de l’histoire italienne. L’équipe de réalisation capture avec précision une époque marquée par la politique, la saturation médiatique, la drogue, les idéologies et le rock, et dans laquelle la jeunesse ne sait se positionner. « C’était une période extrêmement vivante, où chacun avait la conscience qu’il était réellement possible de changer le monde », analyse Pietro Castellitto. Le réalisateur renchérit : « C’est un film issu d’une longue gestation, car il me tenait à cœur — et me fascinait — de raconter avec justesse cette période déjà abordée par de grands auteurs comme Bellocchio. Je voulais représenter au mieux ce monde où les jeunes s’intéressaient encore à la chose publique et à la politique. »
De la Piazza Navona à l’île Tibérine, Rome est plus qu’un décor dans la caméra de Stefano Lodovich : la ville devient le lieu de tous les possibles.
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