Sur le lac de Côme, la fascinante Villa Carlotta célèbre Canova

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 28/09/2022 à 21:37 | Mis à jour le 01/10/2022 à 13:54
Photo : Canova, nouveau Phidias,(Villa Carlotta). Photo: Carlo Borlenghi
sculptures en marbre de canova et phidias

La majestueuse Villa Carlotta, musée et jardin botanique sur le lac de Côme, accueille l’exceptionnelle exposition « Canova, nouveau Phidias ». Un dialogue artistique inédit entre deux sculpteurs séparés par plus de deux mille ans d’histoire.

Cet automne, la Villa Carlotta ne se visite pas que pour son riche musée et son splendide jardin botanique. A l'occasion du deuxième centenaire de la mort d'Antonio Canova (1757-1822), la demeure construite à la fin du XVII e siècle par les marquis Clerici de Milan, célèbre l'héritage de l'un des plus grands maîtres de la sculpture de tous les temps, capable de transformer l'idée même de la sculpture et de sa technique, en créant des chefs-d'œuvre devenus populaires et reproduits dans le monde entier. Les célébrations de cette année spéciale se clôturent avec cette exposition « Canova, nouveau Phidias ».

Depuis le 24 septembre,les différentes salles de la Villa Carlotta confrontent les œuvres du sculpteur néoclassique italien avec celui qui est sûrement le plus grand artiste de la Grèce classique. de deux grands maîtres de la sculpture, séparés par plus de deux millénaires d'histoire, mais fondamentalement proches.

Il s’agit d’une exposition exceptionnelle pour le visiteur, mais aussi pour la villa. Si son musée raconte plus de trois cents ans de grand collectionnisme, c’est la première fois que la villa Carlotta se fait prêter des pièces antiques provenant des musées archéologiques de Naples et de Florence, des musées royales de Turin mais aussi des collections de l’Académie de Brera à Milan.

sculpture buste en marbre
Photo Carlo Borlenghi

 

Au rez-de-chaussée, il est ainsi possible de rencontrer les reproductions romaines des œuvres de Phidias, comme l'exceptionnel torse de l'Amazone blessée provenant de Turin, en dialogue avec les œuvres de Canova, dont Palamède, placé à côté de la tête d'Apollon de la collection Farnèse, dans une relance continue du mythe de la beauté masculine, alimentée par des miroirs.

Au deuxième étage, une série de dessins et de gravures nous fait découvrir le mythe de Phidias. Outre les copies romaines en marbre, les inventions des grands sculpteurs de l'Antiquité grecque sont transmises à travers des pierres précieuses, des pièces de monnaie et des reproductions miniatures en bronze. L'exposition présente notamment l'une des deux seules pièces de monnaie antiques qui ont survécu à ce jour, représentant Zeus intronisé, une célèbre statue de Phidias en or et en ivoire autrefois placée dans le temple d'Olympie, considérée comme la quatrième merveille du monde antique. L'original perdu de Jupiter en majesté tenant l'éclair dans sa main a également été attribué à Phidias, reproduit dans une superbe statue en bronze de la collection Ludovisi, qui a ensuite été transmise aux Médicis et aujourd'hui au Musée Archéologique National de Florence. De cette prestigieuse institution a également été prêtée la statue en bronze de l'Amazone blessée, prise à Polyclète.
L’exposition est aussi une occasion de (re)découvrir la villa Carlotta dans une période moins fréquentée par les touristes.


Infos pratiques :
La villa Carlotta est ouverte tous les jours jusqu’au 6 novembre (10h-19h). Du 7 novembre au 11 décembre, il est possible de visiter l’exposition sur réservation uniquement.

 

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Marie-Astrid Roy

Rédactrice en chef et Directrice des éditions Lepetitjournal.com Milan et Rome
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