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CINEMA - Marie-Antoinette : les maux de la reine

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 janvier 2014

A priori, Sofia Coppola s'attaque àla grande histoire avec un film centrésur la figure de Marie-Antoinette. En réalité, elle reste fidèle àson thème de prédilection : les errances adolescentes. Le film, qui sort aujourd'hui en Italie, ne manque pas d'un certain charme rose et noir

La
captation d'une errance éternellement juvénile (Photo : Leigh Johnson / Pathé)

Derrière les fastes du film en costume, Marie-Antoinette raconte avant tout la vie d'une adolescente enlevée àsa famille et àson Autriche natale afin de devenir Dauphine de France. Pour sceller ce passage, elle se dépouille des attributs de son enfance et, sous le regard de Sofia Coppola, ne semble jamais vraiment accéder àl'âge adulte.
Submergée par les rites absurdes de la cour, elle se plie avec une bonne volontévite teintée d'ennui aux intrigues et aux jeux des préséances liées àson rang.
Entre les couchés et les levés publics, oùtoute intimitéest exclue, elle partage le calme plat de la couche de son gentil garçon de mari. Le futur Louis XVI n'est pas un torride et le passage àl'acte se fait attendre?
Comme seule exaltation, Marie Antoinette se grise peu àpeu de luxueuses toilettes, d'étoffes précieuses et de perruques toujours plus vertigineuses. Elle consomme les plaisirs de la fête et se gave de pâtisseries colorées comme une adolescente d'aujourd'hui de bonbons Haribo.
Pauvre petite fille riche
C'est une bonne part du parti pris sucréde la réalisatrice de Lost in translation.
Les couloirs de Versailles ne sont que le décor d'un spleen bien contemporain. Inutile donc d'attaquer ce suave exercice sous l'angle de la crédibilitéhistorique. L'Histoire est évacuée, le politique oublié : pas un mot de la Reine àce sujet ni au sujet de ses sujets révoltés, quasiment invisibles.
Reste la captation d'une errance éternellement juvénile, un thème que Sofia Coppola maîtrise et assume parfaitement, mais qui condamne son personnage àune certaine fixité. Même devenue souveraine et mère, peu d'évolution sous les traits charmants de Kirsten Dunst.
La grande beautéde quelques scènes, d'un petit matin de bal ou d'un emballement d'opéra, confère au film un charme indéniable et l'association de l'imagerie versaillaise et d'une bande son dans le vent (New Order, Phoenix) font de Marie- Antoinette un objet lancinant et délicieux. Reste que la robe àpanier est peut-être un peu large aux regards du propos.
Jean Marc JACOB. (LPJ) 17 novembre 2006

Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2h03) avec Kristen Dunst, Jason Schwartzman...
Sortie en Italie le 17 novembre 2006
Voir le site officiel du film

Tous les horaires de film àMilan : http://www.mymovies.it/cinema/milano/

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Publié le 17 novembre 2006, mis à jour le 13 janvier 2014
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