L’Assemblée Nationale réitère sa dénonciation des violences exercées en Birmanie

Par Capucine Taconet | Publié le 22/02/2022 à 17:45 | Mis à jour le 24/02/2022 à 11:01
Une proposition de résolution de la députée de la REM Anne Genetet et du député LR Michel Herbillon vise à dénoncer les exactions commises par la junte

Un an après le coup d’État menée par la junte militaire birmane, et alors que s’ouvre le premier forum de l’indo-pacifique, la France a souhaité réitérer son plein soutien au peuple birman. Une proposition de résolution de la députée de la REM Anne Genetet et du député LR Michel Herbillon vise à dénoncer les exactions commises par la junte. Votée à l’Assemblée Nationale le 24 février 2022, la proposition de résolution a recueilli l'unanimité des suffrages. 

 

Le 1er février 2021, la junte militaire a mené un coup d’état en Birmanie, renversant le régime élu démocratiquement d’Aung San Suu Kyi. Depuis, elle mène une sévère répression de tous les opposants. Le bilan humain est lourd : des dizaines de villages incendiés, plus de trois cents raids aériens menés depuis mars 2021, 9.000 arrestations et plus de 1.100 morts. La proposition de résolution présentée par Anne Genetet et Michel Herbillon se veut « un petit pas pour la paix », mais surtout une réaffirmation de son soutien auprès des Birmans.

 

Une proposition de résolution transpartisane pour condamner le coup d’État militaire en Birmanie

485 députés de tous partis confondus ont co-signé la proposition de résolution votée ce mercredi à l’Assemblée. Le Président du groupe d’amitié parlementaire France-Birmanie Alain David assure que le travail d’équipe mené par les parlementaires et les élus locaux permet de maintenir le lien avec la Birmanie, afin d’être informés au mieux de la situation, et de rassurer la population.

 

Garder un lien avec la Birmanie est vital, alors que « son accès est de plus en plus difficile, y compris pour les ONG et les journalistes étrangers », soulève Anne Genetet. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a diminué de 25% le budget de la santé, et la croissance économique nulle entraîne une paupérisation de la population. Il ne fait aucun doute pour les députés porteurs de la proposition de résolution, que la junte militaire souhaite se maintenir au pouvoir dans ces conditions.

 

Quel rôle pour la France dans la résolution du conflit birman ?

Contrairement aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni qui ont tous trois mis en place des sanctions financières contre la junte, la France ne dispose pas de liens économiques aussi forts avec la Birmanie. Le seul notoire, Total, a finalement annoncé son retrait de Birmanie le 21 janvier 2022 après avoir essuyé de nombreuses critiques depuis le coup d’État. La plupart des Français expatriés ont quitté le pays, et ceux qui restent aux côtés de leur famille birmane bénéficient de conditions de vie critiques.

 

La France espère une sortie politique de l’affrontement entre la junte et des groupes rebelles, malgré l’absence de volonté de la junte birmane de faire cesser les violences. Le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian a évoqué la Birmanie lors d’une rencontre avec son homologue de l’Indonésie, tandis que le président de la République Emmanuel Macron met fréquemment le sujet sur la table avec les dirigeants d’Asie du Sud-Est. La France entend donc peser dans les négociations diplomatiques, aux côtés des pays de l’Union Européenne, qui ont déjà adopté des sanctions à plusieurs reprises. Reste que cette situation dramatique peut être une opportunité pour la « pixellisation ethnique » de la Birmanie de se réunir face à la junte, comme le souligne Anne Genetet. La population a rarement été aussi unie dans son histoire.

Capucine Taconet

Capucine Taconet

Journaliste en formation à l'IPJ, Capucine a retrouvé avec joie la rédaction en septembre 2022, après un stage. Elle aime l'Amérique latine, les jeux de mots, et les clémentines.
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