Jeudi 22 octobre 2020

Partir en Erasmus (III) : Roma, città eterna

Par Jean-Bastien Payet | Publié le 08/05/2020 à 10:47 | Mis à jour le 08/05/2020 à 11:58
Rome ville Erasmus

Nouvelle partie dans cette introspection sur mon année Erasmus passée. Aujourd’hui, je reviens plus spécifiquement sur ce qui m’a poussé à choisir Rome et mes débuts dans la capitale italienne.

 

Pourquoi Rome ? 

En parlant de mon année d’échange à Rome, j’ai souvent comme principale réaction :

1) “Quel chance tu as, tu vas voir c’est ma-gni-fi-que et on y mange si bien”

2) “Pourquoi avoir choisi Rome ?”

Et si, je ne peux le nier, les gens ont tout à fait raison pour la première remarque (mais que je développerai sur le fait de vivre ici dans une autre partie), la deuxième question amène toujours beaucoup d’hypothèses. On essaye souvent de me trouver une parenté italienne : avec mon profil méditerranéen, les conclusions sont vite trouvées, je veux revenir sur la terre de mes ancêtres. 


Et bien, pas du tout. Mes origines sont plutôt du côté de l’océan indien, et la raison de ma venue dans la capitale italienne est plus simple que cela : j’en avais furieusement envie. J’avais envie de soleil, de pâtes all’amatriciana, de spritz, j’avais envie de ce que je ne connaissais pas encore, bref, j’étais curieux de tout. Et quelque part, cela peut sembler bête ou évident mais c’est un paramètre qui est important pour moi : tout n’est pas calculé, une stratégie éducative, mais parfois, il est bon de suivre son coeur. 

Face à mon choix de destination de troisième année à l’étranger (obligatoire dans mon école), j’ai vu, au fil de mes deux premières années décortiquées, ce dont j’avais envie et besoin lors de cette année. Et c’était de soleil, d’une qualité de vie et aussi d’un peu de bordel.

 

Rome : une ville pour qui ?

Alors, on peut se demander si Rome est la ville idéale pour un Erasmus. Faut-il un type particulier d’étudiants pour apprécier cette ville ? 


Rome a des qualités généralement appréciées en année Erasmus, qui sont : un temps magnifique et une cuisine exceptionnelle. C’est déjà un bon début. Mais je dirais, qu’en comparant les étudiants de mon école partis pour Rome, face à ceux qui sont allés ailleurs, on peut retrouver quelques points communs. En premier lieu, c’est l’amour de la dolce vita, et ça paraît simple mais ça induit pas mal de choses : la vie à Rome est douce, très douce même, mais elle est lente. Alors, ce n’est peut-être pas la meilleure destination pour les adeptes des plannings chargés et des rendez-vous millimétrés. Le retard est un concept presque inexistant, on arrive quand on arrive. Attendre, 30 minutes pour l’arrivée d’un bus, c’est le quotidien (on finit toujours par marcher en réalité). J’ai adoré cet aspect-là à mon arrivée, après deux ans à courir à droite et à gauche, mais en fait, cela à très vite été dur pour moi. C’est dit : j’aime les programmes chargés, j’aime être capable de prévoir trois rendez-vous dans mon après-midi car le métro passe toutes les 2 minutes. Mais ce fut une belle leçon de lâcher-prise. 


La dolce vita, c’est aussi aimer sortir, mais peut-être plus autour d’un aperitivo en sirotant un spritz, que dans une grosse boîte. Même si la vie de nuit est active à Rome, les boîtes sont souvent loin du centre, et avec mes amis on se retrouve plus vite autour de verres en terrasse. C’est surtout une grosse différence si vous hésitez avec des destinations de type “campus” avec beaucoup de grosses soirées dans les dortoirs, etc, comme on peut l’imaginer aux Etats-Unis. Ici, on peut nouer des amitiés très fortes, mais tout le monde est un peu indépendant, puisqu’on ne vit pas sur des campus, et que la ville est très étendue. Ce n’est pas vraiment l’idée de la vie en communauté, même si, pour les adeptes des nouvelles rencontres le contact peut s’avérer assez facile : soit dans l’une des nombreuses colocations que comptent la ville, ou alors le soir, par exemple autour de la place de l’église de San Lorenzo, qui voit ouvrir tous ses bars à la nuit tombée, et les étudiants de La Sapienza boire sur la place (même la fête ici, se passe au grand air). 


Enfin, c’est une destination du coeur, d'amoureux inconditionnel de l’art, la culture et la langue italienne. Mis à part certains, peu des Erasmus connus ici n’avaient pas de liens directs avec l’Italie : origines italiennes, italophones, étudiants en histoire de l’art, très très grands amateurs de cuisine italienne, etc. Finalement, ce n’est pas un bon cinquième choix, Rome est une ville qui se vit à 100% avec ses qualités et ses défauts, ou ne se vit pas. De même, il faut avouer que les Romains peuvent être intimidants ou difficiles à aborder si l’on n’est pas un italophone, mais faire preuve de bonne volonté dans la langue peut déjà vous ouvrir les portes de leurs coeurs, et un romain qui s’ouvre, c’est précieux.

En définitive, Rome, il faut l'adopter pour l’apprécier. C’est une ville qui est parfois capricieuse, mais quand on connaît vraiment ses recoins et son mode de vie, c’est un plaisir à vivre. Mais ce n’est peut-être pas le meilleur choix, si l’on cherche “juste” une grande ville, où que l’on n’a pas envie de se plonger à 110% dans la culture italienne.

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jean bastien payet

Jean-Bastien Payet

Étudiant en troisième année de science politique en échange Erasmus à Rome, Jean-Bastien montre ses passions pour la capitale italienne à travers la politique, la culture et les divers sujets de société.
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