L’histoire de Casa Rosa, le cimetière voulu par Mussolini pour sa poule

Par Jill Bordellay | Publié le 13/10/2022 à 13:35 | Mis à jour le 13/10/2022 à 13:42
Photo : @Leo Reynolds, Flickr
pierre tombale d'un chien

Casa Rosa, le doyen des cimetières pour animaux d’Italie, fête cette année son 100ème anniversaire. La poule colorée du fils de Mussolini et le caniche de Brigitte Bardot y sont les grandes stars.


Dans le quartier tranquille de Portuense, au sud de la capitale, le cimetière d’Antonio Molon, repris par son fils Luigi, compte désormais près de 1000 pierres tombales. La plus luxuriante est dédiée à Dreys, un chien qui repose sous une tombe en marbre noir de 12.000 euros. Toutefois, la loi n’autorise pas un cimetière de ce type dans le Latium, excepté la Casa Rosa qui dispose d’une licence accordée par la mairie de Rome, renouvelée pour la dernière fois en 1984. Une proposition de loi présentée par le parti populiste 5 étoiles cherche à autoriser la création de cimetières dédiés à l’inhumation d’animaux domestiques.

La Casa rosa (la maison rose) est un cimetière particulièrement gai, coloré par de petites structures en bois, sorte de niches sous lesquelles reposent les compagnons animaux du gotha romain.
Rome est célèbre pour abriter la dernière demeure des empereurs, de papes, de martyrs et de rois, un peu moins pour la sépulture de la poule du fils de Mussolini.

Le doyen des cimetières pour animaux d’Italie, qui fête cette année son centième anniversaire, accueille chiens et chats ainsi que d’autres animaux dans la capitale italienne.
Au fil des ans, un millier d’animaux ont été enterrés à la “Casa Rosa” où de petits autels en bois peints de couleurs vives décorés de figurines côtoient de plus traditionnelles pierres tombales à l’ombre de pins et de palmiers.


Des animaux de Federico Fellini à Brigitte Bardot

Nombreux sont les pensionnaires ayant de célèbres propriétaires, comme le réalisateur de “la dolce vita” Federico Fellini, l’actrice oscarisée Anna Magnani et même Brigitte Bardot, dont le caniche est décédé durant un tournage à Rome.

Mais le plus célèbre est le dictateur Benito Mussolini, qui dirigea l’Italie de 1922 à 1943.

Tout a vraiment commencé avec la poule de Mussolini. La compagne de jeu de ses enfants, arrivée chez eux après avoir été gagnée à la foire, a été enterrée sur un lopin de terre du père de Luigi Molon, aujourd’hui propriétaire du cimetière, qui était le vétérinaire des dogues allemands du Duce.
Les traces de la poule ont été perdues au fil des ans mais elle a fait des émules, transformant un terrain jusque-là anonyme en lieu de repos éternel pour les animaux. Le” la” est donné avec cette célèbre poule colorée, ce qui va permettre à d’autres animaux d’être enterrés dans ce terrain devenant ainsi en quelque sorte” sacré”.

 

100 après, un cimetière devenu populaire

Aujourd’hui, le cimetière est plus populaire même si certains défunts portent des noms célèbres, à l’image de Lord Byron, un setter irlandais. -”Gentil petit diable”.

On peut lire sur la tombe en granit de Ringo, un berger allemand mort en 1979 “La maison est vide sans toi”.
Sur la tombe de Ruga la tortue, morte en 2017 l’inscription “Je t’aime”.
Beaucoup de sépultures sont décorées des photos des animaux défunts. Billo l’épagneul noir et blanc est entouré de sa famille adorée, tandis que Jack le berger est montré en chiot puis en adulte.
Le cimetière est une arche de Noé accueillant chevaux, lapins, ânes, hamsters, tortues, canards, pigeons, perroquets, et même une lionne.

Le coût d’une concession de cinq ans s'élève à environ 150 euros. Beaucoup la renouvellent au bout de cinq ans, d’autres non faisant ainsi de la place pour de nouveaux arrivants.

Il y a des chats qui ondulent parmi les tombes et qui prennent place dans les petits chalets de couleurs. Certains s’allongent sur des tombes de chiens décédés. Qui aurait dit alors “ne pas s’entendre comme chiens et chats ?”

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Jill Bordellay

Jill Bordellay

Critique d’art pour des revues d’art à Paris, docteur en philosophie et collaboratrice à l’encyclopédie Universalis, elle aussi écrit des essais et des nouvelles sur l’art et la relation entre les humains et les animaux.
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Marie Astrid Roy

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