"À Rome la nuit" : 68 photographies de Hervé Gloaguen exposées au musée de Trastevere
Le musée de Trastevere accueille une exposition dédiée au photographe français Hervé Gloaguen. Ses clichés capturent la vie nocturne et estivale des Romains, lorsqu’ils jouent « leur théâtre ». L’exposition s’inscrit dans un vaste programme culturel célébrant le 70e anniversaire du jumelage entre Rome et Paris.


Tout commence en 1974, au cours d’un van trip en famille à travers l’Italie. Un stop à Rome et c’est le coup de foudre. « Je me suis dit qu’il fallait que j’y retourne », raconte Hervé Gloaguen. L’exposition À Rome la nuit, installée au musée de Trastevere jusqu’au 6 septembre, revient sur la rencontre entre le photographe français et la cité éternelle.
La nuit romaine : quand la ville est le théâtre de son peuple
Après l’été 1974, Hervé Gloaguen retourne à Rome à l’occasion de plusieurs séjours, en 1983 puis en 1995. À Rome la nuit réunit 68 clichés réalisés entre 1975 et 1995 dans la nuit romaine, du crépuscule au petit matin. « J’avais été saisi par la chaleur et la beauté des soirées romaines en été, explique le photographe. Dès le coucher du soleil, les Romains affluent vers les places qui jalonnent le cœur de la ville. (…) Là, sur fond d’églises et de palais assombris par la nuit, les Romains jouent « leur » théâtre. Ils sont à la fois acteurs et spectateurs du spectacle que la ville s’offre à elle-même. »
Piazza di Spagna, Piazza Navona, Piazza del Popolo ou Piazza della Rotonda : aux murs, les photographies des fontaines monumentales du centre historique dialoguent. Sur l’une delle, un jeune homme plonge dans la fontaine de Trévi. « Cela serait inimaginable aujourd’hui, commente le photographe de 88 ans. Il a de la peinture sur le visage et les bras ce qui montre que c’était presque comme une performance ». Presque comme une scène de théâtre romain.

Une lumière particulière
Dans les années 1970, Hervé Gloaguen fait figure d’exception parmi les photographes français. En choisissant de travailler en couleur, alors que la majorité de ses contemporains privilégie encore le noir et blanc dans la tradition humaniste, il assume un parti pris.
Et le cofondateur de l’agence Viva ne se facilite pas le travail. « Photographier la nuit n’était pas chose aisée, d’autant que j’avais décidé de ne jamais utiliser de flash, dont la lumière aurait agressé les personnes photographiées. Pour saisir de belles images, je devais rester discret, invisible, et prendre le temps… encore et encore », explique-t-il. Un autre défi : conserver une unité artistique entre les séries de clichés et entre les années. « J’avais peur que les choses aient changé entre les voyages », confie l’artiste.
Après plus de trente ans sans voir Rome, le photographe repart à la découverte de la capitale italienne, en commençant par le musée communal de Trastevere. L’exposition s’inscrit dans un vaste programme culturel célébrant le 70e anniversaire du jumelage entre Rome et Paris.
Maé BRAULT
Informations pratiques25mars6sept.
Du 25 mars à 10:00
Jusqu'au 6 sept. à 19:00
Adresse
Piazza S. Egidio, 1/b
RM
rome






