Les personnels du lycée Chateaubriand ont suivi un mouvement de grève ce jeudi 23 avril pour protester contre les mesures prises par l’AEFE face à la crise budgétaire.


Le lycée Chateaubriand de Rome est directement touché par les problèmes de financement de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Le 18 décembre, l’AEFE, qui a estimé son déficit prévisionnel à cinquante-neuf millions d’euros, a adopté une réforme du système de financement des pensions civiles. Les établissements à l’étranger en gestion directe et conventionnés devront prendre en charge 35 % de la part patronale des pensions civiles en 2026 pour les personnels détachés. Leur contribution atteindra 50 % en 2027. Pour absorber cette augmentation, le lycée français de Rome prévoit la hausse des frais de scolarité lissée sur trois ans. La nouvelle a fortement fait réagir la communauté éducative ainsi que les parents d’élèves.
De nouvelles craintes exprimées par le personnel du lycée
Selon une représentante des personnels et professeure au lycée Chateaubriand, une réduction de la masse salariale, en particulier pour les contrats locaux, serait envisagée par l’établissement afin de faire face aux difficultés financières que rencontre la cité scolaire. La professeure s’oppose fermement à cette perspective : « En tant que représentants du personnel et représentants syndicaux, nous essayons de démontrer le contraire », précise-t-elle.
En décembre 2025, la ministre chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français à l’étranger, Éléonore Caroit, s’était déplacée au lycée français de Rome. Dans un entretien exclusif qu’elle nous accordait, la ministre déclarait au sujet de l’AEFE : « Il y a aussi une question d’optimisation des moyens financiers. Aujourd’hui, 80 % de ses moyens financiers sont de la masse salariale. Il faut rationaliser un certain nombre de choix ».
Cette possible réduction du nombre de postes a été l’un des leviers de mobilisation pour cette journée de grève. Selon l’enseignante, la mesure comporte des risques pour la qualité de l’enseignement dispensé au lycée Chateaubriand. « On a besoin d’échanger pour sauver les postes et des options qui sont en danger », affirme cette représentante des personnels. Cette dernière salue cependant « un dialogue qui se fait facilement » avec l’établissement et les parents d’élèves.
Des parents préoccupés par la hausse des frais de scolarité
L’association des parents d’élèves du lycée Chateaubriand, l’APE, exprime également ses inquiétudes quant à la situation de la cité scolaire. L’organisation affirme avoir reçu de nombreux témoignages de familles inquiètes de voir augmenter les frais de scolarité. La pétition lancée avec l’association des parents d’élèves de Naples (AGAEF) a franchi la barre des mille signatures. Adressée à la directrice de l’AEFE, cette communication conjointe réclame la suspension de la hausse des frais de scolarité ainsi que la « recherche de solutions alternatives garantissant un enseignement français accessible à tous ».
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