Édition internationale

Dix ans de collaboration scientifique franco-italienne célébrée au Palazzo Farnese

Jeudi 12 février 2026, la communauté scientifique s’est réunie à l’Ambassade de France en Italie pour célébrer l’anniversaire de la première détection d’une onde gravitationnelle. Un succès sur la scène mondiale, qui est au coeur d'une coopération entre la France et l'Italie depuis deux décennies, à travers le lien entre l'INFN et le CNRS.

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La ministre italienne de l’Enseignement supérieur et de la Recherche était présente pour réaffirmer l’engagement de l’Italie
Écrit par Maé Brault
Publié le 15 février 2026

L’Italie et la France sur une même longueur d’onde. « Observation of Gravitational Waves from a Binary Black Hole Merger » : tel est le titre de l’article publié il y a dix ans dans Physical Review Letters par les collaborations LIGO et Virgo, présentant la découverte des ondes gravitationnelles. Dix ans plus tard, jeudi 12 février 2026, la communauté scientifique s’est retrouvée, dans le salon d’Hercule du Palazzo Farnese, pour célébrer l’anniversaire de cette découverte historique. Les représentants du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN) et de l’Observatoire gravitationnel européen (EGO) étaient présents, ainsi qu’Anna Maria Bernini, ministre italienne de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. 

Un dialogue scientifique entre les deux nations

Tout commence par une rencontre : celle du français Alain Brillet avec l’italien Adalberto Giazotto. En 1987, les deux physiciens proposent la création d’un détecteur d’ondes gravitationnelles nommé Virgo. Deux ans après, une proposition est soumise au CNRS en France et à l’INFN en Italie : les organismes approuvent le projet au début des années 1990 et la construction débute. Le détecteur Virgo est inauguré en 2003.

« La France et l’Italie ont commencé à travailler ensemble il y a plus de vingt ans et regardez le résultat », s’est réjouie la ministre italienne Anna Maria Bernini. Le 14 septembre 2015, les équipes de Virgo en collaboration avec celles du site de LIGO – situé aux Etats-Unis – détectent la première onde gravitationnelle. Une porte sur l’univers s’ouvre.

Alain Schuhl (CNRS)
Alain Schuhl (CNRS) a appelé à se tourner vers l’avenir


Une découverte historique et collective

« Ces événements étaient incroyables », souligne Marica Branchesi, astrophysicienne et chercheuse à l’INFN. Reconnu par le prix Nobel de physique en 2017, la découverte bouleverse le monde scientifique. Après un siècle de théories et d’expérimentations scientifiques sur le sujet – d’Einstein à Weber –, Virgo et LIGO réalisent la première captation du phénomène. « C’est seulement une fraction de secondes », s’émerveille la chercheuse, après avoir fait écouter le son de la première onde gravitationnelle à l’assistance.

Plus de 3.500 scientifiques du monde entier ont participé à cette avancée. « Cela nous montre l’importance de travailler ensemble », rappelle Marica Branchesi. Le Centre gravitationnel européen (EGO), porteur du projet, est aujourd’hui le seul site du continent où sont menées des recherches directes sur les ondes gravitationnelles et où les jeunes générations de scientifiques peuvent se former dans ce domaine.
 

« L’Europe unie par la science »

La prochaine étape ? « Une collaboration avec les gouvernements et institutions », évoque Antonio Zoccoli, président de l’INFN. Pour Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS, « Dix ans après, le message n’est pas à propos de ce qu’on a déjà réalisé mais à propos de ce qu’il est à construire ». Le chercheur mentionne de nouveaux instruments : le projet LISA à l’horizon 2035 et le télescope Einstein d’ici 2040.

« L’Europe a été à l’avant-garde dans ce champ », rappelle Massimo Carpinelli, directeur de l’EGO. « Ensemble, l’Europe peut repousser les frontières de la science », renchérit Marica Branchesi. « L’Italie et la France partagent un but commun : découvrir les secrets de l’univers. On ne peut pas rester seuls face à l’univers », conclut la ministre Anna Maria Bernini. Sur la table, un site en Sardaigne, proposé par l’Italie, pour la création d’un Observatoire européen 2.0.

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