D’après le dernier sondage Eurobaromètre, les Italiens sont plus inquiets par rapport aux guerres et conflits que la moyenne européenne. Ils sont également plus confiants quant à l’avenir de l’Union.


L’Europe réhabilitée dans la Botte ? La dernière enquête Eurobaromètre est sortie mercredi 4 février 2026. Elle s’appuie sur des données récoltées en novembre 2025 lors de plus de 25.000 interviews et met en lumière des résultats inattendus : les Italiens apparaissent davantage préoccupés que la moyenne par la situation internationale et plus favorables à l’Union européenne (UE).
L’inquiétude face à l’incertitude
Le sondage montre que les Italiens expriment des inquiétudes plus fortes que la moyenne européenne face aux menaces actuelles : 83 % d’entre eux se disent préoccupés par les guerres et les conflits aux frontières de l’UE, contre 72 % dans l’ensemble de l’UE. Ils sont également 83 % à être inquiet à l’égard du terrorisme contre 67 % dans le reste de l’UE. En matière de flux migratoires et de catastrophes naturelles, les Italiens sondés sont également plus préoccupés que leurs voisins européens : 81 % sont inquiets vis-à-vis de flux migratoires incontrôlés (contre 65 %) et 83 % craignent des catastrophes naturelles liées au changement climatique (contre 65 %).
Renforcement du rôle de l’UE et optimisme
Face à l’instabilité internationale, une majorité des Italiens sondés souhaite un renforcement du rôle de l’UE. Près de deux tiers (67 %) estiment que l’Union devrait jouer un rôle plus important dans la protection des citoyens face aux crises mondiales et aux enjeux de sécurité, un niveau proche de la moyenne européenne (66 %). Par ailleurs, 91 % jugent nécessaire une plus grande unité entre les États membres, et 80 % considèrent que l’Union doit disposer de moyens renforcés pour faire face aux défis actuels (contre 73 % pour la moyenne européenne).
Les Italiens se montrent également plus optimistes quant à l’avenir de l’Union européenne : 67 % se déclarent confiants, contre 57 % en moyenne dans l’UE. Pour accroître son influence internationale, l’Union devrait prioritairement investir dans la défense et la sécurité selon 43 % des répondants, devant la compétitivité économique (37 %) et l’indépendance énergétique et infrastructures (31 %). Globalement, 51 % des Italiens déclarent avoir une image positive de l’Union européenne, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne européenne (49 %).
Le retour d’un européanisme ?
Il est encore trop tôt pour dire que l’héritage de Spinelli et de Gasperi, les pères italiens de l’Europe, est sauvé. Toutefois, ces évolutions semblent traduire un certain pragmatisme des citoyens italiens face à des menaces qui se multiplient. En Italie, 52 % des personnes interrogées estiment que la participation du pays à la construction européenne est une bonne chose, soit une progression de sept points par rapport à l’enquête menée au printemps 2024. À l’échelle de l’Union, cette opinion est partagée par 62 % des citoyens, en hausse de deux points en deux ans.

Concernant les priorités des Italiens, l’inflation et le coût de la vie ont perdu 6 points depuis mai 2025. Ce sont les questions liées à la santé publique qui ont grimpé de 16 points, la hausse la plus importante. Il s’agit désormais de la 4ème priorité que les interrogés souhaiteraient voir traiter par le Parlement européen.
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