DOR, le livre photographique personnel de Mary Baldo

Par Karine Gauthey | Publié le 18/10/2021 à 08:22 | Mis à jour le 18/10/2021 à 08:36
Une photo du livre DOR de Mary Baldo

Cette semaine, le Petit Journal de Rome a rencontré la photographe Mary Baldo, dont les œuvres sont exposées dans les vitrines de l’Institut français Saint-Louis jusqu’au 30 octobre, et qui sera présente vendredi 22 octobre à la Libreria Stendhal pour le lancement de son premier livre photographique personnel et pour l’exposition d’une autre série de photos sur les murs de la librairie.

 

Rome cousue au fil de l’art

Après une longue réflexion autour du choix d’un pays où vivre, Mary et son compagnon ont décidé, en 2011, de poser leurs valises à Rome, avec leurs deux enfants âgés de 1 et 3 ans. C’est alors qu’elle commence à apprendre l’Italien, à s’investir dans diverses associations francophones à Rome et devient guide pour « Inventer Rome ». Chaque jour, elle découvre les moindres recoins de la cité éternelle et prend plaisir à transmettre son savoir au gré de visites thématiques littéraires, artistiques ou architecturales, telles que « Sur les pas de Stendhal à Rome » ou « Chateaubriand » et ainsi prolonger le plaisir d’une ville qui fut et peut toujours être la perle des promeneurs. 

 

Cette première expérience romaine lui ouvre les portes du Palais Farnèse et de la villa Médicis, où elle devient guide conférencière, renouant ainsi avec sa formation initiale en esthétique de l’art. A partir de 2014, on lui confie le développement des activités pédagogiques en français à la villa Médicis, qui connaissent un grand succès auprès des écoles françaises et italiennes. En 2018, Mary s’oriente vers d’autres projets professionnels : elle publie son premier livre, Rome en V.O. et l’idée de commencer à montrer au public son travail photographique a mûri dans sa tête, un travail plus personnel, où le cadre des observations est tout autre, la ville passant au second plan derrière son propre chemin. 

 

Mary Baldo photo

 

Mary Baldo photo

 

Une passion héritée d’une mémoire photographique retranscrite dans un livre

C’est devant l'objectif de sa mère que Mary a hérité la passion photographique, et dans la chambre noire de son enfance où elle et sa sœur regardaient leur mère développer ses photos. L’artiste a donc tout naturellement perpétué ce que l’on pourrait voir comme une « tradition familiale » et un véritable travail de documentariste autour de la vie : prendre une trentaine de photos chaque jour, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, en entretenant constamment un rapport expérimental à l’image. Après sa rencontre avec l’éditeur Yogurt édition en 2019, elle commence à faire découvrir son travail au public. Après trois années de travail et de montage, le livre est prêt à paraître.

 

« Il y a quelque chose de lié à la mémoire et à la maternité » nous confie Mary. Et on le perçoit aisément au gré des photos qu’elle nous permet de découvrir dans le livre qui sera présenté vendredi à la Libreria Stendhal. Au fil du temps, elle a essayé d’enregistrer toutes les choses que le temps peut effacer. L’idée initiale de ce livre était de faire une sorte de dernière phase d’archive : montrer la fin de l’enfance et le début de l’adolescence. Symbole cathartique, le livre de Mary nous plonge dans un univers familial, où les enfants tiennent une place privilégiée et où l’appareil photo devient un instrument protecteur d’un amour maternel qui peut se révéler quelquefois dévorant.

Mary Baldo photoMary Baldo photo

 

Un livre personnel, à la sémantique polysémique

« DOR », le titre du livre tient en trois lettres dont la signification est très importante pour la photographe. Ce mot roumain désigne une sorte de nostalgie, de mal du pays, quelque chose que l’on désire, que l’on souhaite, mais qui nous rend un peu triste aussi. Ce mot qui n’a pas d’équivalent en Français et en Italien suggère également l’idée du détachement, autour de laquelle le livre s’est construit. C’est la raison pour laquelle il représente parfaitement le moment de la fin de l’enfance, où la mère doit se détacher des enfants pour leur bien-être et son propre bien-être. Mary nous confie qu’elle a choisi également ce mot pour sa sonorité, puisqu’en arabe « DAR » (qui se prononce « dor ») signifie « maison ». C’est donc avant tout le côté arborescent de ce mot, pour toutes les significations qu’il suggère, qui intéresse Mary. 
 

Pour découvrir le livre 

Si vous souhaitez rencontrer Mary Baldo et découvrir son travail, rendez-vous vendredi 22 octobre à partir de 19h à la Libreria Stendhal, pour le vernissage de l’exposition et la présentation de DOR, en présence de son éditeur Francesco Rombaldi. 

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Rédactrice en chef et Directrice d'édition bénévole pour Lepetitjournal.com/Rome
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