Emmanuelle Monticino (proviseure du lycée Stendhal) : "Donner une nouvelle impulsion"

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 10/11/2021 à 00:11 | Mis à jour le 10/11/2021 à 12:56
Photo : La nouvelle équipe de direction du lycée français Stendhal (Milan)
équipe de direction devant le lycée Stendhal à Milan

Après une première année rythmée par les vagues de Covid, la nouvelle équipe de direction du lycée français Stendhal de Milan développe ses projets et initiatives pour cette année scolaire 2021/2022. Rencontre avec Emmanuelle Monticino, proviseure de l’établissement.

 

Vous venez d’entamer votre deuxième rentrée à la direction du lycée français Stendhal. Quel est votre parcours avant votre arrivée à Milan ?
Il s’agit de ma première expérience à l’étranger. Auparavant, j’enseignais l’italien en France. Je suis très liée à l’Italie dès lors que mes parents sont tous les deux originaires du même petit village de Calabre. Mon père était un ouvrier émigré. Je suis donc un pur produit de l’école républicaine à laquelle je crois profondément.
Je viens de réseaux d’éducation prioritaire, des établissements assez difficiles. C’est donc là un grand écart, le métier n’est plus le même.  Je suis fière de cette riche expérience qui me permet d’aborder le pilotage d’un établissement comme Stendhal avec de la distance et de la sérénité, absolument nécessaires dans un établissement, lieu convergent d’intérêts divergents. Le chef d’établissement et l’équipe de direction est toujours au milieu de cette quadrature du cercle. Notre mission : accompagner les élèves de la petite section à la terminale.

 

En plus de votre propre arrivée, c’est aussi l’équipe de direction qui a été renouvelée. Pouvez-vous la présenter ?

Je tiens justement beaucoup à parler de notre travail d’équipe. A part Françoise Leroy, notre proviseure adjointe qui était déjà à Milan, l’équipe de direction est nouvelle depuis l’année dernière. Outre la nouvelle assistante de direction Marie Boccacci, l’équipe accueille Vincent Joubert, directeur administratif et financier ; Jérôme Galtier, directeur du premier degré, et Marina Bares, conseillère principale d’éducation(CPE), une fonction qui existe dans le système français mais pas italien. C’était le souhait de l’ancienne équipe de développer ce rôle dans notre établissement, et cela a été rendu possible à la rentrée dernière.

 

Vous avez pris vos fonctions dans un contexte difficile. Comment avez-vous affronté cette première année à la tête de l’établissement, en plein Covid ?

L’établissement avait été fermé pendant plus de six mois, comme une vieille maison, il a fallu tout rouvrir et aérer à notre arrivée ! Nous avons surtout vécu au rythme des DPCM (décret du président du conseil des ministres), des zones de couleurs et de leurs restrictions associées.
Mais cette période a été plus difficile à vivre pour les enfants. De notre côté, nous – enseignants, personnel non enseignants et parents - avons gardé le cap pour les encadrer, avec d’ailleurs des résultats aux examens plutôt probants. Même si l’on vise le 100% de réussite, les élèves ont obtenu un joli pourcentage de mentions.
Enfin, « Tout ce qui ne te tue pas te renforce », disait Nietzsche. Et effectivement, je pense que l’on va sortir de la pandémie plus fort que plus fragile. Car l’une de ses forces n’est-elle pas de savoir où sont ses fragilités ?

 

Cette année, combien d’élèves accueille le lycée Stendhal ? Et comment se répartissent les différentes nationalités ?
L’établissement compte 1.183 élèves pour cette année scolaire 2021/2022, soit environ une vingtaine d’élèves en plus que l’an dernier. Cette hausse des effectifs, concentrée principalement sur le lycée, s’explique notamment par l’arrivée de 104 nouvelles familles d’expatriés (sans compter celles qui sont parties). Le réseau AEFE offrant une continuité dans la scolarité, le lycée français est un point d’ancrage qui sécurise les enfants et les familles expatriées, encore plus après le Covid.
D’ailleurs, 57% des élèves sont français. L’établissement compte en outre 33,5% de bi-nationaux et 9,5% d’étrangers tiers qui choisissent le système éducatif français à Milan. Le lycée Stendhal est en effet bien inséré dans le panel des écoles de Milan, d’autant que la maternelle à la française est un modèle au niveau de l’enseignement en Europe.

 

Outre la mise en place du rôle de CPE, quelles sont les nouveautés de l’établissement depuis la rentrée ?
Sensibilisés par l’AEFE sur prise en charge d’éventuelles difficultés psychologiques post-Covid, nous accueillons dans le pôle médical une psychologue française, qui a fait ses études en France et qui est inscrite à l’ordre des psychologues italiens. Elle est pour l’instant présente une demi-journée par semaine pour accompagner les enfants s’ils le souhaitent, mais elle comptera également parmi les membres actifs de notre cellule de veille qui est mise en place cette année. Elle est composée de la direction, du personnel médical et de notre conseillère principale d’éducation (CPE). Comme son nom l’indique, il s’agit de se mettre en veille sur des dossiers d’élèves qui nous inquiètent. Si la problématique soulevée est purement scolaire, elle implique une prise en charge par la CPE et les enseignants. Pour un problème de santé, la prise en charge relèvera de l’infirmière ou du médecin scolaire, alors que s’il s’agit d’une dimension psychologique, la prise en charge sera celle du psychologue.

Nous nous apprêtons par ailleurs à réécrire un nouveau projet d’établissement, dès lors que le précédent arrive à échéance en 2021. La nouvelle feuille de route valable pour les quatre prochaines années entend donner une nouvelle impulsion.

 

Et sur le plan pédagogique, des nouveautés ont-elles été apportées ou remises à l’ordre du jour ?

Nous espérons voir progressivement s’alléger les conditions du protocole sanitaire qui l’année dernière par exemple, nous a empêché d’ouvrir la garderie.  Depuis le 4 octobre déjà, le club Stendhal refonctionne, mais avec prudence. Et si le contexte sanitaire nous le permet, nous souhaiterions rouvrir la garderie début décembre 2021.
Les sorties culturelles, au musée par exemple, et pédagogiques, à la ferme pour les primaires, ont repris pour la plus grande joie des élèves. Et peut-être qu’au troisième trimestre le projet Agora / ADN-AEFE permettra de nouveau les échanges d’élèves entres les lycées français du monde. A plus court terme, les élèves de première et de terminale ont un rendez-vous important le 3 décembre, le forum des formations. Pendant une demi-journée, nous accueillerons au total une quinzaine de grandes écoles françaises, universités italiennes de Milan et Campus France qui s’occupe plus spécialement de la poursuite des études après l’Esabac (double diplôme esame di maturita italien et baccalauréat français). Le but pour les élèves est de parfaire, voire construire leur projet d’orientation. Il s’agira en tous les cas de renouer avec les événements en présentiel.

 

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Marie-Astrid Roy

Rédactrice en chef et Directrice des éditions Lepetitjournal.com Milan et Rome
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