Samedi 23 octobre 2021
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Mort de Jean-Paul Belmondo. L’Italie dans le sang et dans le jeu au cinéma

Par Johanna Cappellacci | Publié le 07/09/2021 à 11:27 | Mis à jour le 07/09/2021 à 12:22
jean paul belmondo italie

La légende du cinéma français et italien Jean-Paul Belmondo s’en est allé. Il est décédé lundi 6 septembre à 88 ans dans son domicile parisien. Icône du mouvement de la Nouvelle Vague, sa popularité traverse les Alpes au début des années 60 lorsqu’il tourne pour des films italiens. En 2016, la Mostra de Venise lui remet le Lion d’Or de la carrière, une sacralisation en Italie.

 

Jean-Paul Belmondo n’a pas toujours mené la dolce vita. Pour tourner plus de 80 films en 50 ans de carrière, il faut du travail et de l’engagement. Malgré tout, celui que l’on surnomme Bebel a tout l’air d’un Italien, jusqu’à son nom « le beau monde ». Bien qu’il ait les yeux bleus et une taille imposante, Belmondo n’est pas défini comme un bel homme. Cela ne l’empêche pas d’être un séducteur auprès de ces dames car c’est bien grâce à son charme qu’il conquit le cœur de l’actrice italienne Laura Antonelli rencontrée sur le tournage de films français tels que Sans mobile apparent de Philippe Labro ou Docteur Popaul de Claude Chabrol. Sa mort survenue hier à Paris a provoqué une grande émotion en France mais également en Italie.

 

Jean-Paul Belmondo, les origines italiennes

On connaît Jean-Paul Belmondo le Français, mais qu'en est-il de Jean-Paul Belmondo l’Italien ? Car s’il naît à Neuilly-sur-Seine en 1933, c’est bien en Italie que sa famille prend racine. Son grand-père paternel Paolo Belmondo était forgeron à Borgo San Dalmazzo dans le Piémont. De même, sa grand-mère paternelle grandit à Cefalù en Sicile. On loue ses débuts dans le monde du 7ème art et sa passion pour la culture à ses parents peintres et sculpteurs, pourtant, la lignée d’artistes commence au XIXème siècle. À cette époque, sa grande-tante maternelle Fanny Cerrito est une célèbre danseuse italienne. Formée à la Scala de Milan, sa renommée lui permet entre-autre de se produire sur les plus grandes scènes européennes dont Vienne, Milan, Londres, Paris ou encore Saint Pétersbourg.

 

Une carrière internationale mais surtout transalpine

L’immense carrière de Jean-Paul Belmondo débute en 1960. Cette année-là, il partage l’écran avec la légende italienne Lino Ventura dans Classe tous risques (Asfalta che scotta) de Claude Sautet. Et si le film italien est éclipsé par le succès de À bout de souffle de Jean-Luc Godard, manifeste de la Nouvelle Vague française qui le propulse sur le devant de la scène, en Italie, sa réputation est déjà acquise. La même année, il joue Michele, l’amant de l’immense actrice italienne Sofia Lauren dans La Ciociara de Vittorio De Sica. Puis ses rôles du côté transalpin ne manquent pas. Car dans le début des années 60, « le Magnifique » joue principalement dans des réalisations italiennes. Après Moderato Cantibile de Peter Brook inspiré du roman de Marguerite Duras, il est à l’affiche successivement de Mare matto de Renato Castellani puis de La Viccia de Luigi Bolognini où il joue aux côtés de Claudia Cardinale.


La Mostra de Venise lui rend hommage

Le monde se souvient de ses cascades mythiques que Jean-Paul Belmondo réalisait lui-même. Parmi elles, le survol de Venise pendu à un hélicoptère pour le film franco-italien Le Guignolo de Georges Lautner réalisé en 1980. Une scène comme un clin d’œil à la cité des doges et à son légendaire festival de cinéma. Car après une Palme d’Or de la carrière reçue à Cannes en 2011, la Mostra de Venise emboîte le pas et décerne le Lion d’Or de la carrière à Bebel en 2016 remis en mains propres par l’actrice française Sophie Marceau. À 83 ans et diminué par un AVC, il se tient tout de même debout lorsque la grande salle du Palais du cinéma lui accorde une belle et longue ovation.

Alors que Venise accueille actuellement sa 78ème Festival de cinéma, la Mostra a rendu hommage à l’acteur français dans un tweet publié quelques heures après l’annonce de sa mort rappelant la :  « grande admiration [pour] Jean-Paul Belmondo, icône du cinéma et interprète extraordinaire de l’esprit de modernité typique de la Nouvelle Vague. »
Et la chaîne Rai Movie annonce la diffusion, mardi après-midi, du film franco-italien Borsalino de Jacques Deray réalisé en 1970. Jean-Paul Belmondo est associé pour la première fois à l’écran à Alain Delon. Les deux hommes se partagent les sommets du cinéma français pendant plus de 50 ans. Une amitié de deux légendes également construite autour de leur amour pour l’Italie que les Italiens leur ont bien rendu.

 

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