Mardi 28 septembre 2021
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Istat : après une année noire, l’Italie proche de la reprise

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 12/07/2021 à 22:51 | Mis à jour le 12/07/2021 à 22:59
vue panormaique Milan brouillard

Le 9 juillet dernier, l’Istat a présenté son rapport annuel sur la situation économique et sociale du pays. Sans surprise, la photographie de l’année 2020 n’est pas admirable : pauvreté, record de décès, économie à l’arrêt, naissances au plus bas. Mais la mise en œuvre du Plan national de reprise et résilience et ses opportunités, laissent présager une reprise dès 2021.

 

La récession aura été violente et soudaine. Ce sont les premières conclusions du rapport de l’Institut national de la statistique (Istat) sur la terrible année 2020. Les conséquences économiques, sociales et humaines sont le fruit d’une pandémie amplifiée par des mesures restrictives des divers confinements et de l’arrêt de l’économie mondiale.

L’année 2020 aura été l’année du négatif selon le rapport annuel de l’Istat, à commencer par la chute du PIB italien retombé au niveau de 1998. Seule l’épargne a augmenté. Les Italiens ont préféré doubler leurs économies  (passées de 8,1% en 2019 à 15,8% en 2020) plutôt que de consommer. Résultat, la consommation des ménages a baissé de 10,9 % sur toute l’année, avec des pics de 19,3% dans les services, et atteignant son plus bas niveau depuis l’après-guerre.

Concernant l’emploi, le pays compte 735.000 actifs en moins par rapport à l’année précédente, alors que les licenciements étaient bloqués. La pauvreté s’est aussi drastiquement accentuée en 2020 : plus de deux millions de familles sont tombées dans un état de pauvreté absolue, avec une croissance particulièrement marquée dans le Nord de la Péninsule.
Côté entreprise, 65 % des secteurs de la manufacture ont retrouvé leur chiffre d’affaires d’avant la crise.  Mais malgré une reprise de leur activité sur la seconde moitié 2020, les micro-entreprises voient encore rouge. Elles ont été le plus durement touchées par la crise. Un tiers d’entre-elles sont structurellement menacées contre un quart des petites entreprises.

 

Bilan humain désastreux sur l’année 2020

L’aspect humain est central dans les études de l’Istat mais surtout pour le gouvernement italien. Il permet d’anticiper le futur de la population et l’évolution de l’économie italienne.
L’Italie a enregistré 746.146 décès en 2020, soit 100.000 de plus que l’année précédente. Un triste record puisque qu’il s’agit du taux le plus haut depuis l’après-guerre. Parallèlement, l’Istat constate une baisse des naissances dans le pays déjà le vieux d’Europe et deuxième plus vieux pays du monde. L’année 2020 a même réussi à battre le record négatif des naissances de l’année précédente. La Péninsule enregistre 404.104 nouveaux nés soit une diminution de 3,8 % par rapport à l’année 2019. En plus de dix ans, les naissances ont ralenti de 30%. De quoi porter la population italienne à un minimum démographique, rapporte l’Istat.

Quant aux mariages, l’Etat italien et l’Eglise enregistrent une chute respective de 68 % et 47,5 %. Ce qui n’est pas une surprise dès lors que les célébrations étaient interdites.
La situation des jeunes continue à empirer. Le pourcentage de diplômés d’études supérieures tombe à  27,8% en Italie, contre une moyenne européenne de 40%. L’Italie fait également figure de cancre en ce qui concerne la situation des femmes : 34,3% sont diplômées contre 46,2% en moyenne en Europe. Et les NEET augmentent, ces jeunes qui n’étudient pas et ne travaillent pas. Ils sont 2,1 millions en 2020, soit 23,3% des 15-29 ans.

 

En 2021, inversion de la tendance

L’Italie connaîtra-t-elle une génération baby post-covid ? Selon l’Istat, les rapports sexuels au sein des couples ont été relativement faibles (-14 %) pendant la crise malgré une présence prolongée à la maison. Au contraire, il semble que la reprise de la vie sociale lors du déconfinement soit à l’origine d’une augmentation des rapports et ainsi des conceptions. Cette tendance s’observe à travers un accroissement des naissances remarqué de 3,7 % entre février et mars, par rapport à l’année précédente.
Du point de vue économique, la reprise se fait également sentir depuis début 2021. Le retour à une vie plus normale a permis à des milliers de travailleurs de retourner sur leur lieu de travail, soit après un arrêt total de leur activité, soit après une période de télétravail. Reste que la levée de l’interdiction de licenciement le 30 juin fait désormais craindre une explosion du chômage.
Grâce à la mise en place du Plan national de reprise et résilience (Pnrr) et des 191,5 milliards d’euros destinés à l’Italie, l’Istat table sur une croissance annuelle de 0,5 % du PIB italien, et jusqu’à +2,3 voire 2,6 % en 2026. En 2021, les prévisions annoncent une augmentation du PIB de 4,7 %, voire 5 %.

 

Conséquences positives de la crise : baisse de la pollution et développement du digital

Sur le plan environnemental, le président de l’Istat Giancarlo Blangiardo a d’abord commencé par rappeler que depuis dix ans, l’Italie enregistre une baisse de 25,5 % de ses émissions de gaz à effet de serre. L’arrêt des usines et du trafic routier pendant le premier confinement a permis d’accentuer cette diminution. La pollution de l’air a reculé de 10 % en 2020 par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, la crise a permis de développer l’usage de technologies moins énergivores et donc moins polluantes.

En 2020, l’Istat a enregistré une hausse de 73 % de l’utilisation d’internet. Le constat s’explique notamment par le boom du télétravail et des cours à distance imposés par les confinements. La crise sanitaire a par ailleurs mis un coup d’accélérateur à la nécessité de poursuivre l’essor du digital dans le pays. Le secteur du numérique représente d’ailleurs l’un des projets phares du Plan de relance italien, de l’éducation à l’administration.

 

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