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Coronavirus : Pourquoi l’Italie compte plus de cas que ses voisins ?

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 23/02/2020 à 22:33 | Mis à jour le 24/02/2020 à 13:41
Photo : pixabay
Coronavirus italie contagion

Malgré des mesures préventives prises très tôt, l’Italie est le troisième pays au monde pour le nombre de contaminés au coronavirus. Explication des raisons de cette déferlante de cas, bien plus nombreux que chez les voisins européens.

Dès le début, l’Italie a adopté des mesures maximales de précaution – plus sévères que ses voisins européens - avec la suspension des vols provenant de Chine et des contrôles systématiques de température via thermoscanner dans les aéroports. Pour autant, il s’agit du pays qui compte le plus de cas de coronavirus dans le monde après la Chine et la Corée du Sud. La vague de contagions déferle dans le nord de la Péninsule depuis 72 heures, alors que les autres pays de l’UE ne comptent pour l’heure qu’une dizaine de cas.

Pour Walter Ricciardi, membre du conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), interviewé par La Stampa : « L’Italie paye le fait de ne pas avoir mis en quarantaine immédiatement les personnes débarquées de Chine. Nous avons fermé les vols, une décision qui ne repose sur aucune base scientifique, et cela ne nous a pas permis de tracer les arrivées, car il était à ce moment-là possible de faire escale et arriver par une autre localité ». Au contraire, des pays comme la France, Allemagne et Royaume-Uni, "qui n’ont pas suspendu les vols, ont pu mettre les sujets à risque en quarantaine", précise-t-il.

Le paradoxe de la prévention

Jusqu’à il y a quelques jours, le coronavirus ne circulait presque pas en Italie. Simplement car les cas cliniques, similaires à ceux du virus de la grippe, ne faisaient pas nécessairement penser au coronavirus.

« Dans une période de grippe comme celle hivernale, l’alarme n’est déclenchée que pour les cas les plus graves. Nombreux sont les malades qui restent chez eux pour virus saisonnier, sans que ne soit effectué aucun diagnostic », explique Giovanni Rezza, chef des maladies infectieuses à l’Institut supérieur de la Santé, à La Reppublica. C’est aussi également pour cela que le Coronavirus n’a peut-être été intercepté qu’après plusieurs semaines de son arrivée en Italie.

Or depuis jeudi, suite aux premiers cas avérés en Lombardie et en Vénétie, « Plus de 3.000 tampons ont été réalisés. Un chiffre particulièrement élevé qui démontre que le niveau de screening mis en œuvre est très approfondi et étendu », explique le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sieri, dans un post Facebook. Et d’ajouter : « Je n’exclue pas que si dans le reste de l’Europe, moins de cas ont émergé, c’est parce que n’ayant pas été confrontés à des cas graves, les vérifications ont peut-être été moins assidues qu’en Italie ».

Le paradoxe de la prévention expliquerait la situation italienne, selon l’avis, également, du premier ministre Giuseppe Conte : « Il y a plus de cas car nous avons effectué plus de tampons de diagnostic ».

Rappelons que les mesures drastiques prises par les six régions italiennes, Lombardie en tête, sont avant tout préventives. Cela afin d’éviter une contagion trop rapide et ainsi de prévenir des problèmes logistiques pour les cas nécessitant une hospitalisation en thérapie intensive (en général les personnes âgées ou déjà affaiblies par d’autres maladies). Dans 80% des cas, les symptômes du coronavirus restent similaires à ceux d’une grippe et les effets pas plus graves.

 

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