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Censis : L’Italie, une société fracturée et la peur des Italiens

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 06/12/2020 à 22:21 | Mis à jour le 07/12/2020 à 09:44
société italie Censis

Le 54ème rapport Censis sur la situation de l’Italie, dépeint un pays qui, en pleine ère du Covid, vit dans la peur. Un sentiment renforcé par la pandémie, qui a profondément creusé la division de la société.

« 2020 a été une année exceptionnelle, l’année de la peur noire », a déclaré Massimiliano Valerii, directeur général de l’institut italien de recherche socioéconomique (Censis). Plus de 73% des Italiens  indiquent avoir peur de l’inconnue et vivre un sentiment d’anxiété, mentionne le 54ème rapport sur la situation de la Péninsule, présenté le 3 décembre dernier. Aussi, près de 60% déclare être prêt à renoncer à sa liberté personnelle, au nom de la santé collective. Un chiffre qui grimpe à 64,7% chez les jeunes de 18 à 34 ans. Les jeunes sont aussi les plus sévères à l’égard de ceux qui ne respectent pas les règles : 82% demandent des peines sévères pour les personnes qui ne portent pas le masque, contre 77% en moyenne.

Sans conteste, les Italiens sont convaincus (à 90%) que la pandémie a affaibli les plus vulnérables. La société qui était déjà divisée, se voit fracturée. La pluie d’aides de l’Etat durant la pandémie – 26 milliards d’euros versés à 14 millions de bénéficiaires – n’a pas suffi à équilibrer la situation. Les catégories les plus fragiles sont les plus touchées : au troisième trimestre 2020 seulement, 500.000 jeunes et femmes ont perdu leur emploi. Quant aux travailleurs indépendants, moins d’un quart a maintenu un même niveau d’entrée qu’avant.

 

Division accentuée

Pour 85% des Italiens, la fracture sociale oppose notamment ceux qui ont la certitude d’un revenu (3,2 millions de fonctionnaires et 16 millions de retraités) et les autres.
S’il est difficile d’établir combien de pauvres en plus comptent l’Italie, le Censis pointe du doigt le fait qu’entre mars et septembre 2020, 22,8% d’individus en plus, vivent dans des familles qui perçoivent le revenu de citoyenneté. Et près de 700.000 sont bénéficiaires du revenu d’urgence. C’est sans compter les personnes en difficulté qui vivent dans l’insécurité avec la menace de perdre leur emploi : 53,7% des employés du secteur privé et 28,6% des employés de grandes entreprises, estime l’Institut socio-économique.
De l’autre côté, 1.496.000 individus, soit 3% des Italiens adultes, ont une richesse qui dépasse le million de dollars. Parmi eux, 40 sont milliardaires. Durant la première vague de l’épidémie, ils ont augmenté tant en nombre, que pour la valeur de leur patrimoine.

 

Prudence face à la consommation

Face à cette crainte de l’avenir, les Italiens sont devenus plus que jamais un peuple d’épargnants. Dans ce sens, 66% a déclaré se tenir prêt à affronter une nouvelle crise sanitaire, en mettant de l’argent de côté. En juin 2020, et par rapport à décembre 2019, les liquidités dans le portefeuille financier des Italiens augmenté de 41,6 milliards d’euros (+3,9%). Le dernier pic avait été atteint en 2016, mais avec une croissance des liquidités de l’ordre de 25 milliards.
La prudence dans la consommation des ménages est à l’ordre du jour. Au second trimestre de l’année, la réduction de la dépense moyenne a été de 19,1% par rapport à l’année précédente.

 

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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Milan.

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