50 ans plus tard, l’Irlande pleure les morts du Bloody Sunday

Par Léonie Bayon | Publié le 31/01/2022 à 14:07 | Mis à jour le 31/01/2022 à 14:28
Photo : Commémoration du Bloody Sunday en 1972 - kitestramuort
foule pour la commémoration du bloody sunday à Derry en Irlande du Nord

L’Irlande a commémoré hier le 50e anniversaire du Bloody Sunday. Des milliers de personnes se sont réunies et ont reproduit la marche originale de la manifestation, portraits des victimes en mains.

 

Le 30 janvier 1972, treize manifestants pacifiques catholiques avaient été tués par des soldats britanniques dans la ville nord-irlandaise de Londonderry. Une quatorzième personne avait succombé à ses blessures quelques mois plus tard. La moitié des victimes était des adolescents.

 

« L’un des jours les plus sombres de notre Histoire » selon Boris Johnson

Il y a cinquante ans, la Northern Ireland Civil Rights Association organisait une manifestation pour protester contre la nouvelle loi autorisant les emprisonnements sans procès. Les protestations étant interdites, l’armée fut déployée et les voies d’accès vers le centre-ville de Londonderry bloquées. Les tensions montent rapidement entre les jeunes Irlandais et l’armée qui riposte à coups de gaz et de canons à eau. A 16h10, l’armée ouvre le feu sur la foule.

Les noms des victimes ont été lus à haute voix et une minute de silence a été opérée à l’instant précis où le premier coup de feu a été tiré. Michael Martin, le Premier ministre irlandais, est le premier dirigeant du pays à assister à la cérémonie, menée par les proches des victimes. Plus de 3000 personnes ont trouvé la mort dans le conflit qui a opposé les nationalistes irlandais, militants de la réunification avec la République d’Irlande, et l’armée britannique, déterminée à conserver l’Irlande du Nord. En 1998, la signature des Accords du Vendredi Saint met fin à trente ans de « Troubles ». A ce jour, le Bloody Sunday reste l’évènement le plus marquant du conflit.

En 2010, le gouvernement britannique s’était officiellement excusé pour des actes « injustifiés et injustifiables », reconnaissant l’innocence des victimes après douze ans d’une enquête particulièrement coûteuse pour le Royaume-Uni (presque 200 millions de livres). Boris Johnson a déclaré au Parlement ce mercredi que le Bloody Sunday restait « l'un des jours les plus sombres » de l’Histoire britannique et que le pays devait « apprendre de son passé ».

 

Une amertume permanente en Irlande

Aucun responsable n’a à ce jour été inculpé. En juillet dernier, la justice britannique avait annoncé que le seul soldat inculpé pour meurtre ne serait pas jugé. Boris Johnson proposait alors d’abandonner toutes poursuites afin d’en finir définitivement avec cet épisode sombre de l'histoire des deux pays. Une décision très mal accueillie en Irlande et que les proches des victimes combattent ardemment. Cinquante ans après, pour ces familles, la justice n’a toujours pas été rendue, malgré les excuses. Le manque de volonté du Royaume-Uni est pointé du doigt, d’autant plus qu’aucun représentant britannique n’était présent pour la commémoration.

 

 

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Léonie Bayon journaliste stagiaire à Londres

Léonie Bayon

Etudiante à Sciences Po en stage à la rédaction. Passionnée et aspirante journaliste.
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