Barberini Mithraeum, véritable joyau souterrain, rouvre ses portes à Rome

Par Karine Gauthey | Publié le 16/11/2021 à 07:00 | Mis à jour le 16/11/2021 à 07:00
Intérieur du Barberini Mithraeum_0

Le site souterrain Barberini Mithraeum, datant du IIIe siècle après Jésus-Christ, rouvrira ses portes aux visiteurs tous les deuxième et quatrième samedis du mois, depuis le 13 novembre.

 

C’est en 1936 que cette mystérieuse caverne a été découverte, sous le palais Barberini. D’une taille d’environ 12 mètres sur 6 mètres, ce site souterrain est l’un des mieux conservés de son genre dans la ville éternelle. On y découvre une chambre de forme rectangulaire, un plafond voûté et une fresque murale représentant le dieu Mithra sacrifiant un taureau.

 

Les mystères de Mithra

Le culte de Mithra est un culte à mystères qui serait apparu au IIe siècle avant Jésus-Christ en Perse, avant de se propager par la suite dans l’ensemble de l’Empire romain et de disparaître progressivement à partir de 391 sous l’empereur Théodose.

Le mithraeum est le temple dans lequel on effectue le culte de Mithra. Il s’agit au départ de grottes naturelles pouvant accueillir quarante personnes maximum, qui comportent trois parties distinctes : l’antichambre, le spelaeum (grande salle de forme rectangulaire ornée de peintures et de deux banquettes le long de chaque mur pour les repas sacrés), le sanctuaire, situé au fond de la grotte, où se trouve l’autel et une peinture de Mithra sacrifiant le taureau. Plus tard, les grottes naturelles sont remplacées par des constructions artificielles qui imitent la même structure. 

Selon divers récits mythiques, le dieu Mithra serait né d’une pierre à proximité d’une source sacrée, sous un arbre. À sa naissance, il porte un couteau, une torche et un bonnet phrygien. Le dieu boit l’eau de la source, coupe un fruit de l’arbre sacré à l’aide de son couteau et se fabrique des vêtements grâce aux feuilles de l’arbre. Puis, il fait la rencontre du taureau primordial en train de paître dans les montagnes ; il l’attrape par les cornes, le monte. Alors qu’il tombe de la bête sauvage, il reste accroché à lui jusqu’à ce que ce dernier s’arrête d’épuisement. Le dieu en profite pour lui attacher les pattes et le charge sur ses épaules pour l’emmener dans une grotte (Cette étape se nomme le transitus). Mithra arrive dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui demande un sacrifice. Il tue alors l’animal en lui enfonçant son couteau dans le flanc. Du blé jaillit de sa colonne vertébrale et de son sang coule du vin. 

Le culte de Mithra était un culte initiatique se transmettant oralement dans le cadre d’un rituel d’initié à initié. Malheureusement, nous ne disposons que de peu d’informations à ce sujet, puisqu’il n’y a pas d’écrits décrivant le déroulement de ces rîtes ; les historiens ne peuvent exploiter que les sources iconographiques (dans les mithraea) pour tenter de les comprendre.

C’est à Rome que l’on observe le plus grand nombre de mithraea ; d’autres ont été découverts dans les zones géographiques où l’on avait construit des installations militaires et des casernes, mais également dans le nord de l’Angleterre, ou encore en Palestine. 

 

Informations pratiques 

Via delle Quattro Fontane, 11

Pour plus d'informations sur le site, consultez le site internet de la Surintendance de Rome et pour les réservations, consultez le site internet Coopculture.

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Karine Gauthey

Karine Gauthey

Rédactrice en chef et Directrice d'édition bénévole pour Lepetitjournal.com/Rome
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