Édition internationale

Six profils exceptionnels pour la 14e édition des Trophées des Français de l’étranger

Le talent des Français de l’étranger n’a pas de limite, preuve en est les quelque 800 candidatures reçues en 2026. Six Français parmi eux ont reçu l’honneur d’être mis en lumière ce 3 mars 2026 au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, lors d’une 14e édition des Trophées des Français de l’étranger sous le signe de la créativité, de l'influence et de l’inclusion. Mais qui sont nos lauréats 2026 ?

lauréats trophées 2026lauréats trophées 2026
Écrit par Damien Bouhours
Publié le 26 février 2026, mis à jour le 3 mars 2026

Tout comme notre site, les Trophées des Français de l’étranger n’en finissent pas de grandir. Ainsi, pour la 14e édition, ce sont plus de 800 candidats qui ont tenté leur chance dans le monde entier. Ce mardi 3 mars au Quai d’Orsay, six d’entre eux ont été mis à l’honneur en présence d'Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en charge des Français de l’étranger, et de plus de 200 personnalités du monde de la mobilité internationale. Une édition d’autant plus remarquable qu’elle coïncide avec le 25ème anniversaire de notre média. 

 

Des Etats-Unis au Cambodge, les six nouveaux lauréats s’inscrivent dans la lignée de leurs prédécesseurs. Visionnaires, porteurs de projets et d’innovations, ils ont su prendre le meilleur de leur pays d’accueil pour créer un pont si précieux avec la culture française. Avec de tels lauréats, les Trophées des Français de l’étranger rencontrent un écho toujours grandissant. 
Hervé Heyraud, Président-fondateur des éditions lepetitjournal.com

 

Muriel Huet, Fondatrice de Épelle-Moi Afrique du Sud et Cofondatrice de Cinema TAKE (Afrique du Sud)


 

Muriel Huet, Fondatrice de Épelle-Moi Afrique du Sud et Cofondatrice de Cinema TAKE (Afrique du Sud)

Trophée Education, remis par le CNED

Muriel Huet, partie de France en 2004, consacre plus de vingt ans à la promotion du français, de l’éducation et du dialogue interculturel. Sa vocation naît en Allemagne comme assistante de français, puis elle se forme à Londres (PGCE, master) et devient professeure. Depuis 2010, elle collabore avec le British Film Institute, animant conférences et formations pour enseignants sur l’usage du cinéma francophone et du court métrage comme outils pédagogiques — une pédagogie qui mêle langue, culture et éducation pour renouveler l’enseignement du français auprès de jeunes (10–25 ans) et d’enseignants dans plusieurs pays. En 2016, un tour du monde centré sur l’éducation lui permet de visiter établissements et acteurs éducatifs, renforçant sa conviction que le français, enseigné de façon contextualisée et inclusive, favorise le dialogue et la coopération interculturelle.

 

Muriel Huet vit sa passion pour la langue française et le cinéma en Afrique du Sud

 

Installée depuis huit ans en Afrique du Sud, elle y a fondé deux associations : Épelle‑Moi Afrique du Sud (plus de 1 000 élèves par an, ciblant des communautés francophones défavorisées en Afrique du Sud, Lesotho et Malawi) et Cinema TAKE, qui utilise le cinéma pour l’éducation et permet chaque année à des jeunes de townships de présenter leurs courts métrages au festival Cinéma, Cent Ans de Jeunesse en France. Elle forme environ 100 enseignants par an et enseigne à l’université WITS. Son parcours  illustre sa conviction : la langue française est un vecteur de créativité, d’émancipation et de rencontres interculturelles durables.

 

Nathalie Chaboche, Fondatrice de La Plantation (Cambodge)


 

Nathalie Chaboche, Fondatrice de La Plantation (Cambodge)

Trophée Humanitaire, remis par la Caisse des Français de l'étranger

Ancienne informaticienne, Nathalie Chaboche s’installe avec son mari au Cambodge en 2013 et transforme un séjour en engagement durable auprès des communautés rurales de Kampot. Elle fonde La Plantation, un projet centré sur la culture du poivre de Kampot et pensé comme levier de développement humain, social et éducatif. En partenariat équitable avec plus de 200 fermes familiales, La Plantation rémunère les producteurs à juste prix et les accompagne vers de meilleures pratiques, souvent certifiées bio. L’entreprise est aujourd’hui le principal employeur rural de la région (près de 300 salariés permanents et saisonniers), offrant conditions de travail améliorées, protection sociale, repas et logement si nécessaire.

 

Nathalie Chaboche, entrepreneure du poivre au grand cœur

 

Parallèlement, Nathalie investit dans l’éducation : soutien à l’école primaire (120 enfants scolarisés), financement des enseignants, fournitures, vélos, accès à l’eau et accompagnement des meilleurs élèves jusqu’au secondaire et à l’université (six étudiants déjà). En 2025, elle lance une école de danse traditionnelle khmère pour 40 enfants et des cours d’anglais, structurant ses actions via deux associations Les Écoles de La Plantation, une en France et l'autre au Cambodge. Reconnue internationalement pour la qualité de ses produits, La Plantation profite aussi directement à plus de 320 personnes. Ce projet allie emploi, éducation, culture et solidarité pour offrir un avenir plus stable aux familles locales.

 

Marie Kretz di Meglio, Fondatrice de Uplifters (Singapour)


 

Marie Kretz di Meglio, Fondatrice de Uplifters (Singapour)

Trophée Impact Social, remis par Malakoff Humanis
 

Marie Kretz di Meglio s’engage depuis plus de dix ans en Asie pour soutenir les employées de maison migrantes. Après des séjours à Singapour et Hong Kong, elle fonde en 2018 l’ONG Uplifters pour répondre à la précarité de ces millions de travailleuses isolées, souvent endettées et sans accès à la formation ni à des réseaux de soutien. Uplifters propose des formations gratuites, accessibles depuis un smartphone et diffusées via des plateformes comme Facebook. Son programme phare, Dare to Dream, renforce la gestion financière, la préparation de l’avenir et la santé mentale des participantes. À ce jour, plus de 9 500 femmes ont suivi les formations : 97 % épargnent désormais (contre 35 % avant) et 83 % déclarent une transformation profonde de leur vie.

 

En Asie, l’ONG Uplifters change la vie “de celles qui prennent soin de la nôtre”

L’organisation repose sur un modèle communautaire : d’anciennes participantes deviennent bénévoles et Team Leaders (plus de 50), animant groupes de soutien et accompagnement. L’offre s’est élargie (soins aux enfants, communication avec employeurs, parentalité à distance, micro‑entrepreneuriat) et a été partiellement traduite en indonésien ; Uplifters est enregistrée à Hong Kong et Singapour. Depuis 2018, l’ONG démontre que la formation mobile et ancrée dans le terrain est un levier d’émancipation. Marie avait également remporté le Trophée Social et Humanitaire des Trophées des Français de l’ASEAN 2025.

 

Emma Rowen Rose, Fondatrice de Rowen Rose (Italie)


 

Emma Rowen Rose, Fondatrice de Rowen Rose (Italie)

Trophée Influence remis par ISG
 

Emma Rowen Rose débute à Milan en 2014 en étudiant la mode à l’Istituto Marangoni, travaille d'abord pour une entreprise italienne avant de lancer sa propre marque, Rowen Rose, entre Paris et Milan. Aujourd’hui dirigée depuis la France avec une filiale en Italie, la marque revendique une production 100 % italienne, alliée à une esthétique qui réinvente l’élégance française tout en respectant l’artisanat italien. Indépendante, Emma assume tous les rôles de fondatrice et a hissé sa maison dans des vitrines de prestige (Printemps, Harrods, Luisa Via Roma) et sur des célébrités internationales (Beyoncé, Dua Lipa, Jane Fonda, Kylie Jenner, Jessica Alba, Jennifer Lopez, entre autres).

 

Rowen Rose, créatrice française d’une marque Made in Italy plébiscitée par les stars

 

Sa multiculturalité (parents espagnols et polonais) nourrit l’identité de la marque, mêlant modernité, audace et sophistication. Rowen Rose emploie aujourd’hui 6 personnes en Italie et 2 en France. Elle multiplie les pop‑ups à l’international et développe une stratégie digitale active (plus de 59 000 followers sur Instagram) pour soutenir sa croissance et sa visibilité.

 

Zakia Moulaoui Guery, Fondatrice d’Invisible Cities (Royaume-Uni)


 

Zakia Moulaoui Guery, Fondatrice d’Invisible Cities (Royaume-Uni)

Trophée Coup de Coeur, remis par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

Originaire de Saint-Étienne, Zakia Moulaoui Guery s’installe à Édimbourg en 2008 et, après plusieurs expériences humanitaires, fonde en 2015 Invisible Cities : un projet solidaire qui forme d’anciens sans‑abris en guides urbains. Par des formations mêlant expression orale, histoire locale et développement personnel, elle valorise l’expérience de rue pour redonner voix, dignité et opportunités professionnelles à des personnes en grande précarité. Présente depuis près de dix ans dans plusieurs villes britanniques (Édimbourg, Manchester, Glasgow, York, Cardiff, Aberdeen), l’initiative a formé plus de 150 personnes ; certaines sont devenues guides, d’autres ont retrouvé emploi, logement ou stabilité.

 

Cette Française forme des anciens sans-abris pour devenir guides urbains outre-Manche

Invisible Cities vise à s’étendre à douze villes et à l’international. Le projet a déjà suscité des moments forts — un guide d’Aberdeen, anciennement sans‑abri, a notamment fait visiter la ville au prince William — et illustre une approche où le tourisme se fait inclusif, humain et transformateur, guidé par la bienveillance et la reconnaissance des compétences réelles des participants. Zakia est également lauréate du Trophée Social et Humanitaire des Trophées des Français du Royaume-Uni 2025

 

Baptiste Cheval, boxeur (Etats-Unis)

 

Baptiste Cheval, boxeur (Etats-Unis)

Prix du Public, remis par la Banque Transatlantique

Baptiste Cheval, surnommé « Centaure », est passé d’ouvrier en Normandie à boxeur emblématique du New York Athletics Club. À 26 ans, il a laissé sa région pour la « ville de la boxe » avec une paire de gants et un rêve : percer dans le milieu, réputé impitoyable. Découvert à 15 ans, sa passion s’est cristallisée dès son premier combat, mémorable tant par l’enjeu personnel que par la manière — un KO face à un public mêlant proches et anciens détracteurs — qui lui a donné la certitude qu’il devait réussir.

 

À New York, Baptiste Cheval fait briller la boxe tricolore


À New York, il a rapidement fait parler de lui en remportant les Golden Gloves, la mythique compétition amateur américaine. Il est devenu le seul Français à décrocher le titre dans la catégorie élite, une victoire qu’il décrit comme l’inscription de son nom dans l’histoire. Sa trajectoire se poursuit : en 2024, il est sélectionné pour représenter un État aux championnats nationaux des États-Unis, une première pour un Français, qui confirme l’ampleur symbolique de son parcours. Malgré ces succès, Baptiste garde les pieds sur terre. Il aspire aux combats professionnels mais reste conscient de la précarité du quotidien : il vit de la boxe grâce à ses sponsors et aux primes, « on vit, on survit », en précisant que près de 70 % de ses revenus partent dans le loyer. Pour améliorer sa visibilité, il a su utiliser les réseaux sociaux, filmant entraînements, combats et vie quotidienne. Une de ses vidéos a atteint 1,7 million de vues, contribuant à son passage de 1 000 à plus de 50 000 abonnés sur TikTok et faisant de lui un exemple de persévérance. Son message est clair et simple : l’impossible n’existe pas si l’on prend des risques et que l’on travaille pour ses rêves. Baptiste Cheval a remporté le Prix du Public des Trophées des Français des Etats-Unis 2025

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.