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Nathalie Chaboche, entrepreneure du poivre au grand cœur

Lauréate du Trophée Humanitaire des Trophées des Français de l'étranger 2026, Nathalie Chaboche a cofondé « La Plantation » avec son mari, Guy Porré, au Cambodge. Elle y produit du poivre d’exception et s’engage avec cœur pour l’éducation et l’avenir des enfants de Kampot.

Nathalie Chaboche et Guy Porré avec les enfants.Nathalie Chaboche et Guy Porré avec les enfants.
Photo : DR
Écrit par Sherilyn Soekatma
Publié le 24 février 2026, mis à jour le 26 février 2026

 

On connaît du Cambodge son fameux poivre de Kampot. Épicé et suave à la fois, il est pour beaucoup l’un des plus réputés au monde. Ce poivre de qualité, Nathalie Chaboche et Guy Porré y consacrent leur nouvelle vie.

 

« On a eu un vrai coup de foudre pour le pays et pour les Cambodgiens. La région de Kampot nous a particulièrement plu pour sa mer, sa rivière et ses collines. »

- Nathalie Chaboche et Guy Porré, fondateurs de La Plantation, à la rédaction

 

Après une longue carrière dans l’informatique à Paris et à Londres, le couple franco-belge part à l’aventure au Cambodge. « On a eu un vrai coup de foudre pour le pays et pour les Cambodgiens. La région de Kampot nous a particulièrement plu pour sa mer, sa rivière et ses collines », confie le couple à la rédaction. Là-bas, ils visitent une ferme de poivre familiale. C’est le déclic. Une semaine plus tard, ils achètent un terrain et deviennent planteurs. « C’était un terrain en friche qui n’avait pas de route, pas d’électricité, pas de maison, pas de plantation », raconte Nathalie Chaboche. Là où tout reste à construire, le couple voit un avenir.

 

« La Plantation », vitrine du poivre de Kampot

C’est ainsi que naît La Plantation, une ferme de 40 ha sur la commune de Kon Sat, dans la province de Kampot, au Cambodge. Les premiers poivriers sortent de terre en août 2013. Aujourd’hui, 150 à 200 petites fermes familiales travaillent avec l’entreprise. L’objectif, explique l’entrepreneure du poivre, est de « travailler avec un maximum de petits fermiers pour mettre en avant les produits cambodgiens ».

 

Vue en drône de La Plantation

Photo : DR

 

Poivres, vinaigres, piments, tisanes : peu à peu, la production se diversifie. La Plantation devient désormais une marque de produits exportée dans plus de 40 pays. « En Europe, une société a été créée pour l’importation et la distribution », explique Nathalie Chaboche. La production, certifiée bio, ISO 2200 et Fairtrade, est distribuée par des centaines de revendeurs dans des épiceries fines, des commerces de bouche ou encore des boucheries et fromageries.

 

« Offrir un emploi digne, c’est déjà faire de l’humanitaire. »

- Nathalie Chaboche, fondatrice de La Plantation

 

Avec près de 300 salariés permanents et saisonniers, La Plantation est aujourd’hui le plus grand employeur de la région. Salaires décents, sécurité sociale, plan retraite, repas quotidiens et logements si nécessaire : La Plantation offre des conditions de travail supérieures aux standards locaux. « Offrir un emploi digne, c’est déjà faire de l’humanitaire », affirme Nathalie Chaboche.

 

Récolte du poivre

Photo : DR

 

Faire renaître l’éducation au Cambodge

Au départ, Nathalie Chaboche et son mari viennent pour le poivre. Mais à quelques centaines de mètres de ce qui deviendra La Plantation, se trouve une école primaire, sans moyens. « On s’est rendu compte que les professeurs avaient un petit salaire. Ils avaient en général un ou deux emplois en plus et ne pouvaient pas assurer les cours tout le temps », raconte Nathalie Chaboche.

Très vite, le couple de planteurs décide d’agir en proposant un soutien financier aux professeurs. À une condition : qu’ils assurent les cours le matin et l'après-midi. Petit à petit, l’école est rénovée, équipée en eau potable et en sanitaires, les fournitures sont prises en charge, des vélos sont achetés. Au total, 120 enfants y sont scolarisés.

 

« Les enfants nous appellent “grand-père” et “grand-mère”. C’est un signe de respect (...) c’est qu’ils vous considèrent comme étant de leur famille. »

- Guy Porré, fondateur de La Plantation, à la rédaction

 

Aujourd’hui, plusieurs élèves issus de l’école primaire poursuivent leurs études jusqu’à l’université, à Phnom Penh. Nathalie Chaboche en parle avec une immense fierté : « Parmi ces enfants que l’on accompagne depuis plus de 12 ans, six sont à l’université. L’aîné est en quatrième année de droit. » Avec le temps, un lien fort s’est tissé : « Les enfants nous appellent “grand-père” et “grand-mère”. C’est un signe de respect (...) c’est qu’ils vous considèrent comme étant de leur famille », explique Guy Porré.

 

Les élèves de l'école primaire du village de Kampot lors de la rentrée scolaire.

Photo : DR

 

Une école de danse khmère

En 2025, Nathalie Chaboche et son mari ont également lancé une école de danse traditionnelle khmère accueillant 40 enfants du village. L’objectif : faire renaître les danses traditionnelles. « La danse est une tradition qui existe depuis très longtemps au Cambodge, explique Guy Porré. Cela remonte au temps des Khmers anciens (...) Les enfants sont terriblement intéressés, ils sont assidus, sérieux et viennent aux cours. Pour eux, c'est quelque chose d'important. » En complément, des cours d’anglais et des activités éducatives sont également proposés chaque week-end.

 

École de danse khmère au Cambodge.

Photo : DR

 

Soutenir Les Écoles de La Plantation
Pour structurer ces actions, deux associations ont été créées : Les Écoles de La Plantation, en France et au Cambodge, afin de garantir la pérennité des projets et la transparence des financements. Pour soutenir les associations, cliquez ici.

 

« Notre plus grande fierté n’est pas d’exporter des épices dans le monde entier, mais d’avoir contribué à offrir un avenir plus stable à des centaines de familles. Si notre expérience peut inspirer d’autres projets solidaires, alors le pari est gagné. »

- Nathalie Chaboche, lauréate du Trophée Humanitaire des Trophées des Français de l’étranger 2026

 

Après plus de 10 ans à faire pousser La Plantation, Nathalie Chaboche voit aujourd’hui son engagement salué. Lauréate du Trophée Humanitaire des Trophées des Français de l’étranger 2026 présentés par lepetitjournal.com, Nathalie Chaboche se dit « heureuse et fière de porter les couleurs de la France et du Cambodge ». Elle insiste : « Notre plus grande fierté n’est pas d’exporter des épices dans le monde entier, mais d’avoir contribué à offrir un avenir plus stable à des centaines de familles. Si notre expérience peut inspirer d’autres projets solidaires, alors le pari est gagné. »

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