Édition internationale

Quelles sont les 5 habitudes françaises qui choquent le plus à l’étranger ?

Ils ne s’en rendent pas toujours compte, mais les Français traînent avec eux tout un bagage culturel parfois déroutant. Une fois à l’étranger, ces réflexes du quotidien deviennent soudain visibles et pas toujours bien compris. Franchise, rapport au temps, amour du débat ou du café… Autant d’habitudes qui, ailleurs, interrogent, amusent ou agacent.

sajad-fi-v4MWw9AClkE-unsplash_0sajad-fi-v4MWw9AClkE-unsplash_0
Écrit par Capucine Canonne
Publié le 22 avril 2026, mis à jour le 14 mai 2026

 

Autrement dit : si vous n’avez pas d’avis face à un Français, il va falloir en improviser un.

 

Dire franchement ce que l’on pense 

En France, donner son avis n’est pas une option mais presque un devoir civique. Quitte à contredire, débattre, argumenter… ou relancer la discussion pour le plaisir. Résultat, à l’étranger, cette franchise peut vite passer pour de la rudesse. « Les Français adorent parler et discuter. Leurs discussions sont interminables parfois. Dans un groupe, au café, il y en a toujours deux qui font un duel verbal, et les autres les écoutent. » témoigne un étudiant suédois. En France, on dirait qu’il faut toujours avoir une opinion, sur la politique, sur les événements, sur sa culture… » témoigne Mariko, une étudiante japonaise.  Autrement dit : si vous n’avez pas d’avis face à un Français, il va falloir en improviser un. Cécile Lazartigues - consultante en interculturel que nous avons interrogé sur le sujet - y voit surtout un désaccord de fond : « là où certains voient  l’échange vif comme une manière d’explorer et d’affirmer leur engagement, d’autres y lisent une atteinte à la personne, donc une forme d’irrespect. Le malentendu naît alors moins des idées elles-mêmes que de la manière d’entrer en relation. » 

 

 

Le rapport au temps et au travail 

Ponctuels… mais pas trop. Organisés… à leur manière. Les Français entretiennent un rapport au temps qui peut dérouter. Là où certains pays planifient tout à la minute près, l’Hexagone cultive une certaine souplesse. La langue française, très structurée dans sa manière de situer passé, présent et futur, contraste avec cette réalité plus nuancée. Côté travail, il y a les clichés tenaces, de véritables étiquettes collées sur le front des Français : grèves, vacances, RTT… Une vision caricaturale, mais qui continue d’alimenter les conversations, notamment chez les voisins européens. 

« Ce décalage renvoie à deux thèmes interculturels majeurs : le rapport au temps, souvent plus souple et contextuel en France, et la place accordée aux congés, qui peut traduire une légitimité du repos mais aussi une moindre anticipation stricte. Dans d’autres cultures, où la ponctualité, la planification et la continuité de présence priment davantage, ces mêmes pratiques peuvent être décryptées comme un manque de fiabilité, alors qu’elles relèvent surtout d’un autre code de fonctionnement social et professionnel », précise l’experte en interculturel. 

 

Le fameux « pffff » ou « ahlala » devient alors une signature sonore.

 

 

râler en expatriation

 

 

 

Se plaindre mais avec talent

Râler, soupirer, lever les yeux au ciel, c’est tout un art. Le Français s’y connaît bien et on le connaît bien pour cela. À l’étranger, cette tendance peut surprendre, voire agacer. Pourtant, elle s’accompagne d’une capacité à comparer, analyser et critiquer qui fait aussi partie de l’identité nationale. Le fameux « pffff » ou « ahlala » devient alors une signature sonore. Même loin de chez lui, le Français reste reconnaissable, que ce soit à son accent ou à sa propension à commenter ce qui pourrait - évidemment - être mieux. C’est une forme d’exigence… qui ne fait pas toujours l’unanimité. 

Pour Cécile Lazartigues, le Français s’oriente naturellement vers l’expression du ressenti, du désaccord ou de l’esprit critique que vers une recherche de solution. « D’autres cultures sont plus tournées vers la réserve, l’harmonie ou l’efficacité opérationnelle. Les codes relationnels et intellectuels sont simplement différents ». En Inde, par exemple, que les Français nerveux respirent un bon coup ! Il est malvenu de se mettre en colère ou de montrer son impatience. Il faut rester calme en toutes circonstances mais surtout parce qu’ici…ça ne sert à RIEN vu que les Indiens ne comprennent pas qu’on se fâche, qu’on jure ou qu’on crie, et au final… ils se braquent. 

 

10 erreurs à absolument éviter en Inde

 

 

râler en expatriation

 

 

En France, le repas est un rituel social avant tout.

 

 

Manger, une institution

En France, manger n’est pas une simple pause mais une institution. Il faut savoir prendre le temps, s’asseoir, discuter, enchaîner les plats. Le repas est un rituel social à part entière. Avec plus de deux heures par jour consacrées à table en moyenne, les Français détiennent un record mondial qui laisse songeur.  De quoi désorienter ceux pour qui déjeuner se résume à quelques minutes sur un tabouret dans la rue. « En France, le repas est un rituel social avant tout. C'est la place accordée au plaisir partagé, où manger ne sert pas seulement à se nourrir mais à fabriquer du lien, une légitimité de la convivialité. Dans d’autres cultures, où l’alimentation peut être davantage fonctionnelle, rapide ou strictement individuelle, cette façon d’investir la table peut être lue comme une perte de temps ou une sociabilité excessive, alors qu’elle relève en France d’un véritable code culturel du vivre-ensemble » souligne notre experte. 

 

5 remarques étonnantes que les Indiens font sur l’alimentation

 

Zhan Lin, une étudiante chinoise est étonnée face à l’un des ingrédients central : « les Français mangent beaucoup de pain, avec tous les plats, la salade, le fromage. Le matin, ils se font des tartines de pain beurré qu’ils trempent dans le café. Ils ont même une recette de dessert qu’ils font avec du «pain perdu». 

 

 

déjeuner en terasse et faire la bise

 

 

 

ce contact ritualisé peut être perçu comme intrusif, ce qui crée un malentendu interculturel

 

 

La bise, un mystère à la française 

Et il y a la bise. Ce geste - évident pour certains - reste un mystère pour beaucoup d’étrangers. Combien de bises ? Quelle joue en premier ? Dans quel contexte ? Autant de questions qui peuvent transformer une simple salutation en moment de flottement. Pourtant, cette pratique est loin d’être immuable. Présente dès l’Antiquité, disparue puis revenue au fil des siècles, elle s’inscrit aujourd’hui dans des codes sociaux bien précis. 

 

FRENCH TOUCH - Pourquoi se fait-on la bise ?

 

A l’étranger, le contact physique dépend des pays. Les coutumiers de la bise sont plutôt les pays avec un héritage romain comme les pays francophones, l’Europe du Sud, et les pays orthodoxes. Les réticents aux bisous se trouvent dans les pays anglo-saxons et d’Europe du Nord (Allemagne, Scandinavie) ainsi que l’Asie, avec de rares exceptions comme certaines régions des Philippines ou d’Indonésie. Cécile Lazartigues précise que la bise est un usage convenu de proximité qui marque l’appartenance : « elle signale un certain degré de familiarité, avec des codes régionaux très précis quant au nombre de bises. Dans d’autres cultures (Scandinative, Canada, Japon), où l’espace corporel (la proxémie) est davantage protégé et la salutation plus formelle, ce contact ritualisé peut être perçu comme intrusif, ce qui crée un malentendu interculturel sur le respect, la politesse et la place du corps dans la relation ». 

Ces petites manies à la française prennent une tout autre dimension à l’étranger. Elles deviennent des marqueurs culturels et parfois des sources de malentendus. Derrière ces différences se cache une réalité plus simple : chaque culture a ses codes, ses réflexes et ses contradictions. La bise, c’est combien chez vous ? 

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.