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Gianni Cipriano en lumière en un temps d’obturation dans le Trastevere

Par Simon Deniaud | Publié le 26/03/2019 à 21:27 | Mis à jour le 26/03/2019 à 21:42
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Au cœur du Mois de la Photographie de Rome, le 16 mars dernier, nous nous félicitons d’avoir choisi le Camera 79 Art Gallery, qui accueillait le photographe sicilien, Gianni Cipriano.

Ce fut un bel exposé didactique que de suivre les pas de cet artiste ouvert sur le monde. En effet, en plus de l’anglais et de l’italien, il nous a répondu sans difficulté en français, puisque son parcours l’a mené à voyager à New York où il a travaillé pour le New York Times, mais il a également collaboré avec Le Monde et L’Espresso. Au cours de sa présentation, il nous a divulgué sa passion, son travail et ses projets, accompagnés de ses photographies, de 2006 jusqu’à nos jours.

Un parfait lieu d’accueil

Idéalement située dans le Viccolo del Bologna au coeur du Trastevere dans une rue assez calme et tranquille, la galerie Camera 79 gérée par Anya Cacciapuotti et Alessandro Cartosio, apparaît comme un atelier et lieu d’exposition multi-fonctionnel, qui reproduit en peinture des photos de photographe célèbres (et commercialise des planches, affiches et toiles à prix raisonnables). Mais ce qui intéresse avant tout les deux gérants, c’est de proposer un lieu de rencontres, d’expositions et de débats. Ce beau lieu exigu comprimé par de vieilles pierres, respire de manière décontracté et résolument artistique un projet arrangé avec goût. C’est un endroit où l’on discute d’art donc, et c’est bien ce dont il a été question samedi dernier, dans cette chambre noire où l’on a pu admirer les photos de Gianni Cipriano.

L’histoire d’un passionné

L’artiste photographe, après une courte introduction d’Alessandro Cartosio, prend la parole. Il s’adresse en italien à la dizaine de personnes que la salle comble a la possibilité d’accueillir, accompagné d’un vidéo projecteur qui illustre ce qu’il expose. Un récit direct, sympathique et personnel qui a la volonté de nous expliquer non pas comment sa passion lui est venue, mais comment il a étudié, sous certaines contraintes, la photographie. C’est ainsi qu’il nous entraîne dans ses pérégrinations new-yorkaises, où il a appris les rudiments de la photographie en s’initiant aux structures narratives que considère le photo-journalisme.

De récits en récits, on le suit dans le Brooklyn hébraïque, puis chez un croque-mort et embaumeur de Harlem, on aperçoit ses travaux d’intérieur et d’extérieur, en noir et blanc, qui avaient pour but de lui permettre de s’imprégner d’un quartier avec l’oeil photographique (notamment en passant 24 heures avec quelqu’un). Ayant acquis une certaine aisance, il continue à nous dire sans ambage, en souriant et sans nostalgie que, pour prendre des photos, rien ne vaut le fait de dire que l’on est étudiant ! Puis débute sa carrière comme pigiste au Times de New York, couvrant les évènements locaux ; c’est là qu’il apprend à être “straight” (comprendre “dans l’urgence”), pour reprendre ses propres mots.

Dans le même temps, il nous présente les difficultés rencontrées et les réflexions a posteriori. En effet, son travail nous est présenté d’une manière principalement chronologique, mais avec la volonté de signifier surtout la gestation d’un travail, d’idées, voire de combats, et ce qui l’a amené aux travaux pour lesquels il est aujourd'hui connu.

Salvini

Retour en Italie

Retour en Italie donc, via la Sicile, puis Naples, Rome, Milan, place à l’actualité italienne. Au fil de ses histoires, on apprend des anecdotes, souvent drôles, toujours pertinentes, parfois très sérieuses ; ses photos en arrière-plan font tomber des barrières et ouvrent de nouveaux points de vue, de nouveaux angles. On se met à l’aise et l’on s’inspire des détails, des instants, des objets, des couleurs, on s’imprègne de l’émotion, de la vérité, du temps arrêté dont il nous fait le résumé.

D’abord, on observe des clichés personnels, des polaroids à caractère romantique. On parcourt l’œil intrigué des travaux personnels artistiques, puis plutôt engagés. Cap d’abord sur Lampedusa et sur ce qu’est la réalité des frontières de l’Union Européenne, carcan d’inégalités. Pas de misérabilisme heureusement, mais une belle touche de réalité à observer les clichés d’exilés, de leur habitation éphémère ou de la “collien de la honte”.

Nous avons le droit à une très belle démonstration ensuite sur la politique italienne, envisagée sous toutes ses coutures, avec beaucoup de clichés en noir et blanc, en Sicile, à Rome et à Milan. Force est de constater que son travail envisage de manière un peu plus large et artistique les manifestations culturelles qui gravitent autour des événements politiques. Il nous fait apprécier un regard neuf et particulièrement fascinant dans le noir, lorsque l’on capte mieux que jamais les attitudes et les masques de la politique, nimbés des moments de vie quotidienne et simple qui, en marge, forment la vie des italiens.

Humanité et histoires

À la fin de sa présentation, Gianni a accepté de répondre à quelques questions du Petit Journal. De fait, il a su évoquer son travail en confirmant l'impression ressentie : l’art et le travail, engagés ou non, ne sont pas forcément opposés, en ceci que son travail représente ce qu’il est, un homme de conviction politique mais bien au-delà, un homme plein d’humanité et d’histoires. Nous en avons profité pour lui demander en outre quel était le meilleur endroit, le meilleur moment pour prendre des photos à Rome ; ce à quoi il a répondu avec science que chaque photo nécessite un endroit, chaque idée une exposition lumineuse, ou chaque histoire différents sujets.

Nous remercions Camera 79 et Gianni Cipriano pour ce passionnant et agréable moment passé en leur compagnie. S’il vous prend l’envie (ce que nous vous conseillons) de passer par-là, n’hésitez pas à pénétrer à l’intérieur de la galerie. Nous vous conseillons également de ne pas manquer de suivre le travail de Gianni Cipriano, assurément talentueux, au regard esthétique et perspicace.

Pour plus d'informations sur Camera 79 et sur Gianni Cipriano.

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Simon Deniaud

Spécialisé en Histoire antique, passionné de voyages et découvertes, Simon s’est installé à Rome par amour de la capitale italienne.
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