Retour sur le centième anniversaire du Parti communiste italien

Par Juliette Haudidier | Publié le 31/01/2021 à 07:00 | Mis à jour le 31/01/2021 à 07:00
Photo : A Livourne, en 2014. Le théâtre Saint-Marc, où fut fondé en 1921 le Parti communiste italien. Photo Laura Lezza. Getty Images
Parti communiste italien

Le 21 janvier 1921 était créé à Livourne, ville côtière de Toscane, le parti communiste italien (PCI) qui deviendra l’un des plus importants d’Europe occidentale. Malgré sa dissolution en 1991, son anniversaire a réveillé une véritable « PCI-mania » dans tout le pays.

 

La presse italienne, notamment celle de gauche a souhaité rendre hommage à ce véritable géant politique qui a influencé la vie politique et l’histoire de la péninsule, et ce malgré un héritage controversé. C’est pourquoi de nombreux livres et journaux ont été consacrés à cet hommage, en particulier le quotidien romain Il Venerdi qui avait déjà consacré en novembre dernier un numéro entier à une enquête sur les origines du parti, intitulée « Il était une fois le PCI ». De plus, un site web a été spécialement conçu pour fêter l’évènement.

Pour rappel, le PCI est né de la scission de l’aile gauche du Parti socialiste italien durant le congrès de Livourne. Cette nouvelle branche est d’abord dirigée par Amadeo Bordiga, puis par le célèbre philosophe marxiste Antonio Gramsci. En 1926, Benito Mussolini décide de dissoudre le parti nouvellement créé.  Contraint à l’exil, il se recompose à l’étranger et s’engage activement dans la lutte anti-fasciste. Véritable figure de proue de la résistance, au sortir de la guerre le PCI s’implique dans la reconstruction de la République en participant à la rédaction de la Constitution de 1947. Son adhésion au Kominform marque son basculement dans l’opposition dont il ne sortira que rapidement dans les années 1970.

Les années de plombs marquent le début d’une crise politique de grande ampleur avec notamment l’échec du Compromis historique qui prévoyait l’entrée du PCI au gouvernement. De plus, les difficultés du communisme dans les années 1980 entraine le parti dans un difficile processus de restructuration qui conduit à une scission entre la majorité réformiste dans le Parti démocrate de la gauche (PDS) et la minorité conservatrice dans le Parti de la refondation communiste (PRC).  Cet événement connu sous le nom du « tournant de Bologne » en novembre 1989 marque sa disparition définitive 

Néanmoins, pour comprendre l’engouement qu’a provoqué le centenaire, il faut s’intéresser aux chiffres. En effet, de 1945 à 1991, le PCI fut le deuxième parti de la péninsule. Connu comme le grand parti des masses, il a longtemps rassemblé près de 30% des voix, atteignant un record en 1976 au scrutin législatif avec près de 34,4% des suffrages exprimés. Éternel deuxième en Italie, il demeure le premier parti communiste du monde occidental, en termes de résultats électoraux.

Juliette Haudidier

Juliette Haudidier

Juliette est étudiante en 3ème année à Sciences Po Paris et effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
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