Présenté la semaine dernière, le quatrième Observatoire France-Italie, réalisé par l’Ipsos en collaboration avec la CCI France Italie, passe à la loupe les relations entre les entreprises françaises et italiennes. Les résultats confirment leur volonté de développer la coopération pour générer des perspectives d’avenir face aux enjeux mondiaux.


Les relations entre les entreprises italiennes et françaises témoignent d'une solide résilience et d'une forte volonté de collaborer face aux enjeux mondiaux. C'est ce qui ressort du quatrième Observatoire France-Italie, réalisé par la Chambre de Commerce Française en Italie en collaboration avec IPSOS. Les résultats ont été présentés le 17 avril dernier au siège de Assolombarda, en présence d’Édouard Neyrand, président de la CCI France Italie, Nicola Neri, directeur général d'IPSOS Italie et Ilaria Ugenti, Service line leader Corporate Reputation di IPSOS, ainsi que François Bonet, consul général de France à Milan.
L’étude, menée en février 2026 et impliquant 200 entreprises (100 italiennes et 100 françaises), révèle une tendance inverse des entreprises par rapport au climat général de méfiance, confirmant le désir d’intensifier la coopération mutuelle comme antidote à l’incertitude.
En effet, 87 % des entreprises françaises et italiennes estiment qu'une collaboration accrue entre les tissus économiques des deux pays est souhaitable. Et par rapport à l'année dernière, le pourcentage d'entreprises qui considèrent cette collaboration comme absolument souhaitable est en augmentation.
Aussi, la grande majorité des entreprises (64 % en France et 55 % en Italie) reconnaissent qu’une collaboration accrue apporterait des avantages mutuels et équilibrés aux deux pays.
« Les résultats de cette enquête confirment que les relations économiques franco-italiennes sont non seulement solides, mais qu’elles évoluent vers un modèle de plus en plus stratégique et structuré. Nos entreprises manifestent une volonté affirmée de renforcer leur coopération, qu’elles considèrent comme un levier essentiel pour relever les défis mondiaux, de la transition énergétique à l’innovation technologique », déclare Édouard Neyrand, président de la CCI France Italie.
Dans un contexte international complexe et de plus en plus incertain, la collaboration entre nos systèmes économiques représente un atout concurrentiel décisif : en conjuguant compétences, excellence et vision, nous pouvons construire ensemble une croissance durable et pérenne, en agissant comme catalyseurs pour l’Union européenne.
Les entreprises, un moteur d’optimisme
Ce fort désir de synergie s'inscrit dans un contexte économique où les entreprises se révèlent être un véritable moteur d'optimisme. Alors que l'opinion publique est fortement pessimiste - 88 % des Français et 69 % des Italiens ont une vision négative de la situation économique actuelle -, les entreprises adoptent une perspective différente : 83 % des entreprises françaises et 90 % des entreprises italiennes se disent satisfaites de leurs performances et confiantes pour les deux à trois prochaines années (78 % en France et 85 % en Italie anticipent une stabilité ou une amélioration).
Néanmoins, les inquiétudes concernant la conjoncture macroéconomique persistent. Le prix de l'énergie demeure la principale préoccupation (35 % en France, 25 % en Italie), suivi par la hausse des prix des matières premières et l'inflation. Il convient de noter que les entreprises italiennes s'inquiètent de plus en plus du risque de perte de compétitivité dans l'économie européenne (28 % contre 20 % en 2025).
Actuellement, l'évaluation du niveau de collaboration entre les entreprises des deux pays demeure prudente mais stable, avec une note moyenne de 6,4 sur 10 pour les entreprises italiennes et de 6,3 sur 10 pour les entreprises françaises. Ce chiffre, conjugué à l'attrait très fort pour les nouveaux partenariats, souligne un potentiel d'amélioration indéniable.
« Les résultats sont sans équivoque : face à une opinion publique inquiète, les entreprises franco-italiennes font preuve de pragmatisme et de vision stratégique. La collaboration bilatérale n’est plus perçue comme une simple opportunité commerciale, mais comme une nécessité géopolitique et d’efficacité, essentielle pour partager les coûts d’innovation et préserver la compétitivité européenne », commente Nicola Neri, directeur d’Ipsos Italie.
Cette approche gagnant-gagnant, défendue par les entreprises, démontre que l’Italie et la France possèdent tous les atouts pour mener conjointement la transition économique et écologique dans les années à venir.
France-Italie, des partenaires naturels
La qualité des produits demeure le principal atout qui rapproche les entreprises des deux pays, faisant d'elles des partenaires naturels dans des secteurs clés et complémentaires. À cela s'ajoute une attention particulière portée à l'environnement, domaine dans lequel les entreprises françaises et italiennes constatent un rapprochement croissant par rapport à l'année dernière. L'accélération de la transition numérique, signe de ce rapprochement entre les deux pays, révèle toutefois des dynamiques différentes : les entreprises italiennes y ont de plus en plus recours (le rapprochement perçu s'est renforcé par rapport à l'année dernière), tandis que les entreprises françaises se montrent moins enthousiastes, malgré la reconnaissance de sa valeur.
Des secteurs stratégiques
Au-delà de domaines d'intervention spécifiques, les entreprises entrevoient d'énormes opportunités de croissance économique conjointe dans des secteurs stratégiques : les entreprises françaises mettent l'accent sur le potentiel du tourisme, de l'hôtellerie et de la culture (34 %), tandis que les entreprises italiennes privilégient celui du secteur de l'énergie (32 %). Par ailleurs, des retombées transversales sont envisagées, notamment dans la mode et le luxe, les transports et la logistique, l'aérospatiale, la défense et la sécurité.
Une coopération accrue
Les avantages attendus d'une coopération accrue répondent à des besoins spécifiques des entreprises. Une efficacité économique et financière accrue (citée par 62 % des entreprises françaises et 58 % des entreprises italiennes) et une forte valeur géopolitique stratégique (60 % en France, 61 % en Italie) sont les principaux atouts mis en avant. L'union des forces permet aux deux pays de tirer parti de leurs atouts à l'échelle mondiale.
Un essor accru vers des modèles d'entreprises favorisant la collaboration est considéré comme un moteur de développement en matière de valorisation du capital humain et de culture d'entreprise pour une société sur deux dans les deux pays. Par ailleurs, la collaboration et la coopération entre les entreprises des deux pays sont perçues comme un moteur essentiel de l'innovation, notamment grâce au partage potentiel des coûts de recherche et développement.
Le développement durable, un pilier essentiel pour l’avenir
Pour l’avenir, le développement durable (ESG) demeure un pilier essentiel. Les entreprises des deux pays s’engagent à réduire leurs émissions de CO2 (35 % en Italie, 25 % en France) et à créer des environnements de travail inclusifs, avec une attention croissante portée aux communautés locales. Cet engagement est de plus en plus motivé par les enjeux de réputation : 41 % des entreprises françaises et 35 % des entreprises italiennes estiment que les comportements durables renforcent directement leur réputation et contribuent à bâtir une vision solide pour l’avenir.
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